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En plein cœur du quartier résidentiel de l’OCH, le grand marché du « Oui » à Pointe-Noire, capitale économique du Congo-Brazzaville, est un véritable lieu d’attraction touristique. Tandis que les locaux y ont leurs habitudes chaque semaine, certains font des kilomètres pour venir s’approvisionner en poisson et savourer les délicieux produits de la mer.
Vous souhaitez vous immiscer dans l’ambiance typiquement ponténégrine lors de votre séjour dans la ville océane ? Le marché du « Oui » est assurément l’endroit à ne pas manquer. L’odeur du poisson vous titillera certainement les narines dès votre arrivée, à moins que vous ne soyez attiré par l’accent chantant des poissonniers en train de héler les passants.

L'ambiance au marché du « Oui » est une expérience sensorielle et humaine qui mélange tradition, convivialité et commerce de produits de la mer frais.
Dès l'arrivée, les sens sont sollicités par l'odeur caractéristique du poisson. Les vendeurs s'activent et appellent les passants pour proposer leurs produits, créant une atmosphère dynamique et animée.
Les étals débordent de produits de la mer frais, avec une grande variété de poissons et crustacés, offrant un spectacle coloré et appétissant, une véritable invitation à découvrir les saveurs marines et à explorer de nouvelles recettes.
Les produits sont fraîchement pêchés, garantissant une qualité exceptionnelle et une fraîcheur irréprochable.
L'interaction avec les vendeurs et l'atmosphère vivante créent une ambiance authentique et chaleureuse, bien plus qu'un simple lieu de vente.

« En ce moment c’est calme parce que c’est le premier samedi du mois, on a beaucoup moins de monde que d’habitude le matin. En attendant, les poissonniers et poissonnières présents sur les étals seront toujours prêts à vous accueillir avec le sourire », nous a confié Mignon habitant du quartier Mongo Kamba.
Pour Rose qui habite Brazzaville, les kilomètres ne sont pas un problème : « Ça fait plusieurs années que je vienne ici, juste pour acheter du poisson frais. J’aime bien le bruit des vendeurs qui appellent les clients, la vue des étals garnis de poissons et l'interaction avec les vendeurs passionnés qui partagent leur savoir-faire. »

Le bar et la sole, les vedettes du moment
« Le poisson qui marche bien c’est le bar, on le vend beaucoup en ce moment. De l’autre côté des étals, c’est la sole qui fait fureur », déclare Mignon.
« Quand on vient ici on achète toujours les soles, les bars et les disques c’est un vrai régal à chaque fois », lance Rose, tenant une grosse glacière.
Crevettes, crabes, poissons... de là, ils se sont répandus sur d'autres marchés de Pointe-Noire, répondant aux besoins des consommateurs.
Le marché dit du « Oui » (en référence à la période référendaire d’octobre 2015 en République du Congo. Ce referendum avait conduit au changement de la constitution du 20 Mars 2012 et favoriser ainsi le président Denis Sassou-N’Guesso à briguer un nouveau mandat).
« Le marché du « oui », est un don octroyé en 2015 par Denis Christel Sassou Nguesso à la population de Pointe-Noire, qui avait vu à l’époque l’ancien marché central démoli. Aujourd’hui plus de 5000 vendeurs de poissons exercent leur métier dans de bonnes conditions et restent redevables au donateur », nous a confié Brice Itoua, Conseiller départemental et municipal de Pointe-Noire.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-08 11:34:13
Après Sibiti, Dolisie, Nkayi, les Wewa ou moto-taxis, sont visibles depuis quelques mois à Pointe-Noire, une ville où les embouteillages sont légendaires et les infrastructures routières défoncées et insuffisantes.
Les Wewa sont souvent qualifiés de « mal nécessaire ». D’un côté́, ils offrent une solution rapide, économique et pratique pour les habitants. Mais de l’autre, ils sont associés à des risques élevés d’accidents, à des comportements imprudents et à un manque criant de réglementation.

Selon plusieurs rapports, les accidents impliquant des Wewa au Congo-Brazzaville représentent une part importante des urgences médicales. Les causes principales incluent la conduite irresponsable, l’absence de formation des conducteurs, et le non-respect du code de la route.
Malgré́ ces défis, les Wewa restent indispensables, surtout pour les quartiers mal desservis par les transports publics.

Dans une ville tentaculaire comme Pointe-Noire, où les embouteillages sont fréquents, les Wewa se sont imposés comme une alternative rapide et abordable. Ils permettent aux habitants de la ville océane de traverser rapidement les quartiers encombrés et de rejoindre des zones mal desservies par d’autres moyens de transport.
Leur succès repose également sur leur accessibilité économique : avec un investissement initial modeste, un jeune peut devenir conducteur et générer un revenu quotidien.

Ce secteur informel représente donc une solution d’emploi dans un contexte de chômage élevé.
Ce corps de métiers apporte du sang neuf dans le monde du transport, une vraie valeur ajoutée. Cette réponse est la bienvenue aux problèmes de transport dans les villes congolaises.
Un business qui soulage plusieurs jeunes congolais étranglés par le chômage.
Les Wewa, bien qu’imparfaits, sont une solution de mobilité́ essentielle à Pointe-Noire. Avec une collaboration entre les autorités municipales, les conducteurs et les entreprises technologiques, Pointe-Noire peut faire de ses Wewa un véritable moteur de développement urbain, au lieu d’un simple mal nécessaire.
Pointe-Noire a besoin de solutions innovantes et inclusives pour intégrer harmonieusement les Wewa dans son paysage urbain tout en répondant aux préoccupations de sécurité et d’efficacité.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-07 18:50:45
Un drapeau déchiré devant la Mairie est un geste symbolique fort, souvent interprété comme un acte d'outrage aux symboles de la nation ou de l'État. Sur les mâts d’un bâtiment administratif du premier arrondissement de Pointe-Noire, la capitale économique du pays, le drapeau du Congo fait pâle figure. Au gré de l’usure et sous les attaques des rafales de vent, le drapeau s’est manifestement déchiré au point de n’être plus visible qu’en partie devant ce bâtiment officiel.
Pour beaucoup, cette scène pour le moins honteuse, serait à l’image du fonctionnement de la ville océane.

Un drapeau déchiré qui flotte à côté de l’effigie du Président de la République, Denis Sassou-N’Guesso. Non seulement cette véritable guenille ne semble gêner personne mais elle semble trôner en ces lieux depuis fort longtemps si on se réfère à l’état lamentable de ce qui fut un drapeau congolais.

Faut-il aboyer comme un chien devant des caravanes qui passent ? Faudrait-il au contraire se taire et ne rien relever malgré l’énormité rendue banale de la chose ?
On ne sait que faire face à ces drapeaux en lambeaux, chiffonnés par le temps, l’oubli et l’incurie, qui sont une injure permanente à notre citoyenneté.
Et, encore une fois, nous n’avons d’autre ressort que d’alerter l’opinion devant cette débandade.

On rappelle que dans plusieurs villes, villages, établissements scolaires et quartiers du Congo, plusieurs drapeaux sont délabrés et même déformés parce que le jaune devenant une couleur plus proche du blanc par l’usure du temps.
Vivement que ceux qui ont la moindre parcelle d’autorité dans ce domaine agissent pour remplacer les couleurs nationales délabrées qui flottent au-dessus de la Mairie du premier arrondissement de Pointe-Noire.
Germaine MAPANGA / les Echos du Congo Brazzaville
Créé le 2025-09-07 17:49:26
L’Ambassadeur du Congo aux États-Unis d’Amérique, son Excellence Serge Mombouli est décédé vendredi 5 septembre à Washington, a-t-on appris de sources concordantes. En poste depuis 2001, l’Ambassadeur Serge Mombouli était également le Doyen des ambassadeurs africains aux États-Unis.
Né en 1959 à Pointe-Noire d’un père diplomate, Serge Mombouli a été nommé Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Congo aux Etats-Unis d’Amérique le 31 juillet 2001.
Expert en droit des affaires et négociations commerciales, le Chef de Mission du Congo fut d’abord Chargé d’Affaires a.i. près cette Ambassade aux Etats-Unis d’Amérique de 1997 à 2001. Depuis lors, il n’a cessé de travailler avec le secteur privé et le gouvernement américain en vue de renforcer les relations d’amitié et de coopérations entre le Congo et les Etats-Unis d’Amérique. Il est notamment déterminé à développer le partenariat économique entre les deux (2) pays. Son objectif majeur a toujours été d’attirer le plus possible les investisseurs américains sur le territoire congolais.
Avant d’occuper le poste d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Congo aux Etats-Unis d’Amérique, Serge Mombouli a longtemps été en activité dans le secteur privé. Il a commencé sa carrière à Air Afrique, au sein du département Ventes à Paris, France.

Pendant de nombreuses années, il a été vice-président du groupe AWE. De 1995 à 1997, il a été vice-président des opérations internationales et du développement de projets chez Transworld Consortium Corporation à Houston, Texas (Etats-Unis).
L’Ambassadeur Serge Mombouli est titulaire d’un diplôme en droit des affaires délivré par le Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris, France.
Du 28 mai au 03 juin 2011, l’Ambassadeur Serge Mombouli a pris part au programme de formation des cadres en matière d’innovation pour le développement économique, à l’Université Harvard à Cambridge, Massachusetts. Ce programme, qui rassemble des politiciens, des diplomates, des experts financiers, des professeurs d’université, des industriels et des membres de la société civile, vise à étudier le rôle majeur de la science, de la technologie et de l’innovation dans le processus de développement.
Père de six(6) enfants, l’Ambassadeur Mombouli a toujours été un mari dévoué, qui s’occupait aussi bien de sa famille que de la bonne marche de l’Ambassade.

Le 31 Août 2015, Son Excellence Serge Mombouli est devenu le Doyen du Corps Diplomatique Africain aux États-Unis d'Amérique.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-06 09:16:22
« La bêtise insiste toujours », disait Albert Camus. A Brazzaville, la capitale congolaise, la population vivant à proximité des grands collecteurs d’eau continue de jeter les ordures dans ces collecteurs, rendant ainsi insalubres ces ouvrages malgré la mise en garde du ministre Congolais de l’Assainissement urbain, du développement local et de l’Entretien routier, Juste Désiré Mondélé.
L’incivisme des populations de la capitale Congolaise semble avoir atteint des limites cruelles. Le déversement des ordures dans les milieux non autorisés est devenu légion et les maladies opportunistes sévissent avec gravité.
A l’intérieur des grands collecteurs, des tas d’immondices sont perceptibles et jonchent ainsi le long de ces canalisations. La majorité des voies de communication de Brazzaville ont été transformées en poubelles géantes, faisant du paysage jadis pittoresque un tableau fade qui répugne.
En juin dernier, le ministre de la Santé a fait une sortie au cours de laquelle il annoncé la survenue de l’épidémie de choléra qui, à ce jour a déjà tué 35 personnes en plus des 500 cas de malades recensés.
Quant au paludisme, le programme national de lutte contre cette maladie, principalement provoquée par les piqûres de moustiques, estime sa part de responsabilité à 42 % dans les cas de décès au Congo ; 71 % de consultation et 56 % d’hospitalisations.
En août dernier, le ministre Congolais de l’Assainissement urbain, du développement local et de l’Entretien routier, Juste Désiré Mondélé a prévenu les populations de Brazzaville, lors du lancement des travaux de nettoyage de grands collecteurs des eaux. Des mesures coercitives, notamment la « garde à vue » et les « travaux d’intérêt général » à l’encontre des personnes qui seront reconnus coupables d’avoir déposé des ordures à des endroits inappropriés comme les canalisations.

« Nous sommes en train de travailler avec les chefs de quartiers et la police. Désormais, lorsqu’on attrape quelqu’un en train de jeter les ordures à un emplacement qui n’est pas dédié à ce type d’opération, il y a d’abord certainement quelques moments à passer au commissariat pour apprendre l’hygiène et la morale. Ensuite, il y aura les travaux d’intérêt général », a indiqué le ministre Mondélé.
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photos : DR
Créé le 2025-09-05 11:27:47
Au Congo-Brazzaville, il n'existe pas de ville parfaitement exempte d'insécurité et de crime, mais certaines villes sont réputées pour leur faible taux de criminalité et leur sécurité élevée. Parmi ces villes congolaises, Mossendjo dans le Niari (sud) est souvent citée pour sa sécurité. La ville des palmiers offre un environnement apaisant, avec un taux de criminalité extrêmement bas, permettant de s'y promener la nuit sans crainte et assurant la tranquillité de ses habitants.

Le Congo-Brazzaville fortement urbanisé doit de plus en plus affronter une série de risques urbains diversifiés qu’il cherche à évaluer, à contrôler, voire à annihiler. D’ailleurs, les médias présentent quasi en temps réel les événements catastrophiques, les incidents criminels et les faits divers les plus dramatiques qui surviennent à Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie, Owando… alimentant ainsi la nouvelle construction des risques urbains.
Ces risques prennent souvent la figure des crimes et des actes de violence commis dans les espaces publics. Ils suscitent un sentiment d’insécurité dans la population et particulièrement chez certains groupes sociaux comme les femmes.
Mais à Mossendjo, l'insécurité n'existe pas malgré les difficultés économiques d’une jeunesse tournée vers l’agriculture, le petit commerce, et de plus en plus l’exploitation artisanale de l’or et la casse des pierres.
La population a retrouvé sa quiétude en vaquant à ses occupations, sans peur ni crainte d'agression, quelle que soit l'heure, dans tous les coins et recoins de la ville des palmiers.

« Chaud », « difficile » ou « sensible », ces adjectifs étaient souvent employés pour qualifier le quartier Banda (Douba ndé) autrement dit tue le !
Mais, au-delà des représentations sociales, des images stigmatisantes et des discours inquiétants, la paix règne aujourd’hui dans ce quartier populaire.
Déstabilisé dans les années 80 et 90 par la consommation de drogue, le quartier Banda (Douba ndé) avait basculé dans une violence aux accents latino-américains.

Une reconnaissance du travail accompli par une dizaine de policiers et un encouragement à poursuivre dans cette voie en dépit du manque de moyens logistiques.

Le premier devoir de l’État - avec les tombereaux d’impôts que nous lui versons chaque année - est d'assurer la sécurité des Congolais. A Brazzaville, Pointe-Noire comme dans de nombreuses villes et campagnes il en est totalement incapable.
Le sentiment d'insécurité dans une commune est influencé par la délinquance, la dégradation du cadre de vie et des contextes extérieurs. Pour le réduire, il est crucial d'adopter des actions locales simples et réactives, telles que l'amélioration de l'éclairage public et la propreté urbaine.
Au cours du traditionnel réveillon d’armes de fin d’année, le 31 décembre dernier à Brazzaville, Denis Sassou-N’Guesso, le chef suprême des armées, a demandé à la force publique de poursuivre, en 2025, l’effort d’éradication complète du grand banditisme dans les grandes villes et à l’intérieur du pays.
En sus de l’éradication du grand banditisme urbain, la force publique devrait également contrôler les frontières nationales afin qu’elles ne soient pas des passoires des hors-la-loi venus d’ailleurs.
« Ainsi, avec la mise en œuvre des missions permanentes comme cela vient d’être dit par le chef d’état-major général des Forces armées congolaises et des quelques instructions que je viens de donner et avec le lien étroit qui existera toujours entre la Force publique et son peuple, nous pensons que nous allons maintenir un climat de paix totale dans notre pays », a déclaré le chef suprême des armées.
Le patron de la police congolaise, le général Obami Itou, qui veut redonner une nouvelle image à Brazzaville, en matière de sécurité, a tracé en août dernier, le cap en sortant de son bureau. Entouré de ses collaborateurs, il s'est rendu dans le quartier Domaine en proie à une insécurité entretenue par de bandes de jeunes communément appelés bébés noirs, opérant pour les uns en armes à feu et pour d’autres, en armes blanches.
À l'occasion de cette descente, le général Obami-Itou a rencontré des chefs de quartiers et des chefs de blocs. Il a échangé directement avec eux sur les questions de sécurité, mais aussi sur leur implication dans la tâche de la police de rétablir la quiétude dans les quartiers.
Par cette descente, le général Obami-Itou a voulu montrer que la police restera proche des populations. En même temps, la police a besoin de ces populations dans sa mission de sécurisation de nos villes.
L'objectif de cette descente aura donc été de raffermir le lien police-population.
Bravo à la police d’avoir pulvérisé, avec peu de moyens, toutes les poches de résistance de l’insécurité à Mossendjo !

Un bel exemple à suivre pour que demain soit meilleur qu’aujourd’hui dans toutes les grandes agglomérations du pays.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-05 09:57:22
Giorgio Armani est mort à l’âge de 91 ans, a annoncé son groupe dans un communiqué ce jeudi 4 septembre 2025. Le couturier Italien, qui incarnait le minimalisme atemporel, laisse une trace dans l’histoire de la mode avec ses couleurs sobres et son style épuré. Il laisse aussi derrière lui une entreprise toujours prospère, qui a su rester indépendante pendant un demi-siècle.
Au total, plus de dix marques découlent de son nom, de Giorgio Armani à Emporio Armani, en passant par des parfums aux accessoires, dans un système de licences qui marche très bien.
Le couturier n’a pas laissé d’enfants ni d’héritiers directes.
En janvier dernier, il s'offrait pour ses 90 ans un défilé féerique dans les salons de sa maison de couture à Paris en France. Jusqu'au bout, Giorgio Armani aura tenu son rang de seigneur de la mode.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photo : DR
Créé le 2025-09-04 21:46:06
La Gare Routière de Dolisie dans le Niari (sud), véritable lieu de transit, accueille tous les jours un grand nombre de personnes se déplaçant entre différentes destinations (Pointe-Noire, Kibangou, Divenié, Loudima, Nkayi, Madingou, Bouansa, Mossendjo, Mayoko, Mbinda, Brazzaville…), ce qui crée une atmosphère de mouvement perpétuel. Les annonces sonores des départs, les conversations des passagers, le bruit des bus qui arrivent et repartent, et le bruit des moteurs contribuent à un environnement sonore vibrant. Des commerces et des vendeurs sont présents pour offrir de la nourriture, des boissons et des objets, ajoutant à l'ambiance animée. L'arrivée et le départ fréquents des bus créent une sensation de transition, avec des gens arrivant et partant.

À l'heure où la déréglementation du transport aérien et la fin du monopole du CFCO sur les lignes intérieures alimentent de vifs débats, il est intéressant de s'interroger sur la raison d'être de la construction d'une telle gare routière qui semble, dans sa vocation commerciale et immobilière en tout cas, constituer un investissement disproportionné.

Pour autant, la Gare Routière de Dolisie, quoique mal raccordée au tissu urbain et aux équipements environnants, constitue un territoire de la mobilité qui déborde les limites officielles et convenues du complexe.
Lieu de vie et lieu de transit, source d'emplois formels et informels, cet équipement a induit dans sa périphérie une série d'activités. Un mélange d'énergie humaine, de flux de transports, d'activité commerciale et de diversité, le tout contribuant à un environnement vivant et dynamique de la capitale de l’or vert.

En ce sens, l'auto-gare mérite bien une opération de rénovation ou de rajeunissement.

Nombreux sont des congolais qui exigent à la Mairie centrale de Dolisie aujourd’hui un édifice moderne doté d’équipements et commodités dernier cri.

Une gare routière avec des locaux d’agences de voyage et restaurants à visage humain, des box commerciaux digne de ce nom, des sanitaires, un parking sans ordures menagères, des bureaux administratifs, une salle d'attente et un système d’adduction d’eau par forage.
Dans un pays où le transport ferroviaire est peu développé, la part du transport de personnes par la route (par autobus) est prépondérante pour les liaisons inter-urbaines.

Selon certaines estimations, en 2024, plus de 90 % des déplacements de personnes à l’intérieur du Congo-Brazzaville se feraient par autobus.
À l’instar du transport de marchandises par camion, le transport de passagers par autobus revêt donc une importance centrale dans le système des mobilités internes.
Dans cette économie des transports en plein essor, le Congo-Brazzaville fait figure de point d’articulation majeur et commence à être doté d’équipements plus adaptés à cette « vocation ».
Articulant des formes de mobilité multiples et des échelles de rayonnement très différentes, au cœur de la troisième ville du pays, la « Gare Routière de Dolisie », est un lieu d’observation privilégié pour saisir les modes d’organisation et de fonctionnement de l’économie des transports et le pouvoir structurant d’infrastructures destinées à polariser et réguler le trafic.
À l’intersection entre dimensions nationale et locale, la Gare Routière de Dolisie apparaît comme un formidable commutateur de flux, créateur de valeur ajoutée, insérée dans un tissu urbain qu’elle tend à transformer et remodeler.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-04 15:22:28
En séjour en Chine, le Président Denis Sassou a eu un entretien avec son homologue russe, Vladimir Poutine, mercredi. Le raffermissement des relations entre le Congo et la fédération de Russie a été au centre de l’entrevue.
Assistés en cet instant solennel de leurs collaborateurs les plus immédiats, Denis Sassou N’Guesso et Vladimir Poutine ont passé en revue l’état des relations entre le Congo et la fédération de Russie, une relation qui totalise 61 ans et dont la coopération entre les deux pays a été hissée au rang de partenariat stratégique.

Vladimir Poutine qui a pris la parole en premier, l’a dit avec autant de clarté.
« Monsieur le Président, je suis très content de vous voir et nous nous rencontrons en marge d’une cérémonie solennelle. Nous nous rencontrons régulièrement. Nous travaillons ensemble avec le Congo, et c’est l’une des priorités de notre politique extérieure en Afrique. C’est une amitié fiable, qui a subit l’épreuve du temps.

Vous participez régulièrement au sommet Russie-Afrique, vous participez à d’autres évènements et nous sommes toujours en contacts régulier.
Nos collaborateurs du gouvernement entretiennent aussi des contacts tout à fait diversifiés. Il y a des relations commerciales qui sont stables.
Nous avons dit qu’il fallait entreprendre des mesures pour que ces relations passent à un autre niveau. Un niveau supérieur.
La Russie continue la formation des cadres congolais, des jeunes gens de votre pays qui viennent chez nous. Nous sommes prêts à soutenir ce programme et nous sommes prêts à augmenter le nombre de quotas pour ceux qui veulent poursuivre leur études en Russie », a dit en substance le Président Poutine.
C’est à l’invitation du Président de la fédération de Russie que cette énième rencontre entre les deux Chefs d’État a été rendue possible. Aussi, le Président Denis Sassou N’Guesso a-t-il souhaité que cette rencontre soit élargie davantage.
« J’ai pensé que nous pouvions nous rencontrer pour échanger encore et nous féliciter de l’excellence des relations qui existent entre nos deux pays et faire le point de l’évolution de ces relations, mais aussi échanger sur les problèmes de ce monde qui après tout, n’est pas si rassurant que ça.

Merci d’avoir trouvé le temps pour cet entretien. Pour moi, les relations entre nos deux pays ne font que se renforcer. Elles se renforcent chaque jour davantage » a conclu Denis Sassou N’Guesso.
Rappelons que le Congo et la Russie mènent un large projet de construction d’un oléoduc devant relier Pointe-Noire à Brazzaville, afin d’acheminer les produits pétroliers.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-04 11:57:46
À un peu plus de six mois de l'élection présidentielle au Congo-Brazzaville, l'opération de révision des listes électorales a commencé, lundi 1er septembre 2025, comme en témoigne les banderoles annonçant l'opération affichées un peu partout dans la capitale congolaise. Elle va durer deux mois.

Lors de la dernière élection présidentielle organisée en République du Congo, en 2021, le pays comptait plus de 2,645 millions d'électeurs.
Les Congolais ont jusqu'au 30 octobre prochain pour s'assurer qu'ils sont bien inscrits sur les listes électorales.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-04 11:12:01
L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) va tenir son deuxième congrès ordinaire du 12 au 14 novembre à Brazzaville, douze ans après le premier. Le parti crée par le Professeur Pascal Lissouba a confirmé ce congrès, très attendu par les upadesiens, lors de la 5e session ordinaire de son Conseil national tenu en fin août dans la capitale congolaise.
Le prochain Congrès revêt une importance particulière parce qu’il intervient un an après la campagne d’adhésion et d’enrôlement qui vise à redynamiser le parti et à valoriser les jeunes et avant une échéance présidentielle capitale en mars 2026.
Formation de Pascal Lissouba, premier Président démocratiquement élu du Congo en 1992, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) a connu des dissensions internes et des départs de certains caciques après la perte du pouvoir en 1997.
La différence étant le doute que les militants émettent sur l'intégrité des dirigeants du parti. Ce qui n'a jamais été le cas pour son fondateur.
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-03 14:23:52
Mes enfants, j’ai pensé vous écrire pour vous partager un aspect de mon existence que vous ne connaissez probablement pas. Ce champ presque " inconnu", c'est la musique. Oui, j'aime découvrir les différentes expressions musicales de mon continent, l'Afrique, et des autres continents. Ce qui me donne une large palette de goûts musicaux qui traversent l'Afrique et le reste du monde.
J'aime tendre l'oreille, afin de laisser mon âme capter ce qui fait le trait commun de l'unité culturelle africaine, d'abord, et de l'universelle humanité de tous les habitants du monde. Et de tels invariants existent, tant dans l'expression artistique musicale que dans les langues parlées dans toute l'Afrique et sur toute la planète Terre.
Au lycée, j'étais un fan de reggae. Je me suis baigné dans les vagues et ondées soulevées et portées, à travers le monde, par Jimmy Cliff, Bob Marley, Peter Tosh, et autres grands artistes-musiciens des îles britanniques, françaises et hollandaises. Cependant, mes premiers émois musicaux, remontent à mon enfance, jusqu'à mes sept ans d'âge. C'est une enfance qui fut bercée par le genre musical traditionnel de ma contrée de naissance, Maniémo.
C'est là-bas, où je vous avais emmenés pour trouver un refuge pendant la guerre civile au Congo Brazzaville en 1997.
Ce genre musical, appelé Muladi, baignait dans un écosystème culturel dénommé Muningu [lire mouningou], dont la traduction se décline en « ambiance festive". C'est de cette niche socioculturelle que naquit la danse kara-Kara, en vogue dans la jeunesse villageoise de notre contrée, dans la période s'étalant entre la fin des années 1950 et le début des années 1960 du 20e siècle.
Avec le recul du temps, je pense que la danse kara-kara, s'inspirait de la danse kiri-kiri en vogue à Léopoldville, actuelle Kinshasa, la capitale de la RDC d'aujourd'hui, anciennement Congo Belge, sur la rive gauche du fleuve Congo. La danse kiri-kiri, connut son apogée à travers les sonorités rythmiques exceptionnelles des guitaristes de la trempe de Nico Kasanda.
Kara-kara, kiri-kiri, toutes ces trouvailles chorégraphiques, pouvaient avoir une parenté artistique avec la vague yéyé, en vogue dans la jeunesse européenne qui savourait l'air frais de la liberté après la seconde guerre mondiale. La danse yéyé prenant, elle-même, ses racines du Twist venue des USA avec les contingents militaires américains qui avaient participé à la libération de la France du joug nazi.
Dans Ngouelé, la contrée qui englobait mon village Maniémo, les grandes vedettes, chanteurs et danseurs se nommaient "Bayard" Bernard Koutakouka (encore vivant à Diehèssé) ainsi que Tsoumou "Diniari", Mouanda "Madekoule", Ndongui "Petit Mido", Ndembe "Mambahou", Mbitsi "Enlèlé" et son frère Mboungou "Ditoné" du côté des villages Boudou, Noumbou, Mabembe, Kontsimouele, Kifimba, d’un côté ; et «Yachine tala'nga » Makayi Mboukou-Mouanda des villages Pangui et Maniémo, d’un autre côté.
Enfants, nous entendions les échos élogieux de ces jeunes gens, - chanteurs et danseurs, instrumentistes - célèbres, qui figuraient sur la top liste des artistes musiciens parmi lesquels se trouvaient bien placés des grands guitaristes et compositeurs émérites tels que Mouele-kitar (célèbre guitariste), Nguimbi Nzingou (mélodiste émérite) de la musique traditionnelle kuni.
À huit (8 ans), j'avais quitté le village Maniémo pour Dolisie où je devais poursuivre ma scolarité. Mon père, Léonce Kiongo-Niaty, Chef de terre et Ntsontsi (grand juge coutumier), en homme prévoyant et avisé, avait acheté une parcelle avec trois grandes maisons bâties à Dolisie, afin d’y installer ses enfants, pour lesquels les circonstances de la vie, appelaient à vivre désormais hors du village.
Il se passa que pour être tombée amoureuse d'un homme, une de mes sœurs (votre tante Jacqueline, dit Jacquie) partagea sa vie conjugale avec un musicien. Il était le chef d'orchestre d’OK BAND. L'alchimie des sentiments amoureux fit que l'orchestre prit pour quartier général, notre parcelle. Les répétitions s'y faisaient, avant les concerts donnés dans les dancing bars de la ville Dolisie, la troisième ville administrative du Congo Brazzaville.
Ce contexte familial me rapprocha de l'univers musical de façon pratique. Combien fut grand et durable mon bonheur de découvrir le monde des artistes musiciens et tout l'attirail d’instruments de musique. Je ne pouvais résister à l'attirance d'essayer quelques-uns comme la guitare, la flûte, la clarinette, les maracas, les drums (grosse caisse, petite caisse), etc. C'était visible, pour tout le petit monde de notre parcelle voire de notre quartier, que je ne boudais pas mon plaisir d'assister aux séances de répétition des séances musicales, dès que j'avais quitté l'école et que j'avais terminé mes devoirs scolaires et la révision des cours donnés à l’école.
C'est ainsi que je m’ouvris la conscience aux différents genres musicaux comme la Rumba, au point de reconnaître les nuances de la rumba jouée au Congo Brazzaville par des orchestres comme les Bantous de la capitale, Super Boboto, Bala Bala, Super Comirail, etc. ; de celle jouée au Congo Léopoldville ou Congo Kinshasa par African jazz, African fiesta, Ok jazz, ou portée par des voix comme celles de Wendo Jolosoy et de la diva Lucie Eyenga Moseka ; la Salsa, avec ses différentes sonorités, comme le Boléro, la Charanga, le Chacha portées par des noms comme Johnny Pacheco, Celia Cruz…, dont le talent était magnifié par des trompettistes de la trempe de José Luis 'Chambo' Silva) ; le Merengue - sorti du vivier culturel de la République dominicaine ; le Kompa haïtien avec l'emblématique groupe Les Shleu Shleu dont l'un titre 'Zakalakatelema' renvoie au Kongo profond ; l'incontournable maman Africa - Miriam Makeba - avec des chansons comme Malaïka, Mbube, et bien d’autres ; le Jazz ; le Blues, le Rock et la Pop music...
À mon adolescence, pendant les vacances à Dolisie, j'ai géré un kiosque de musique surnommé Les éditions Sakumuna (bénédiction en kikongo) créé par l'abbé Antoine Madingou. À noter que le kikongo est la langue parlée dans l'ancien royaume du Kongo qui fut fondé entre la fin du 9e et le début du 10e siècle par le roi Nimi Likeni. En vérité, ce fut un Empire qui rassemblait les territoires des pays actuels que sont la RD Congo, le Congo Brazzaville et le Gabon. Cet immense territoire, communément appelé royaume Kongo par l'historiographie européenne, fit sa première rencontre avec les Européens en 1482 à travers l'explorateur portugais Diego Cao qui entra dans l'embouchure du fleuve Congo pour voir ce qui se trouvait dans ces contrées intérieures de l’Afrique centrale.
Après être retourné au Portugal, Diego Cao revînt, quelques années plus tard, au royaume Kongo, accompagné d'un grand nombre du clergé catholique. En mai 1491, l'élite royale se convertît au Catholicisme (christianisme). Des ambassades et Ambassadeurs furent échangés pour renforcer l'établissement des relations diplomatiques. Mais mal en prit les Kongolais, lorsqu'ils s'aperçurent de la supercherie des Portugais. En l'espace de moins d'une quinzaine d'années de coopération bilatérale, les prêtres catholiques et les commerçants portugais qui avaient infiltré les arcanes du pouvoir royal à Mbanza Kongo (Mbanza, signifiant capitale où ville principale), devinrent les pivots de la déstabilisation du royaume.
Le Portugal organisait désormais des razzias militaires expéditionnaires au Kongo pour capturer et déporter des citoyens kongolais en esclavage sur les colonies portugaises au Brésil. Malgré les missives diplomatiques de protestation des rois du Kongo à l'attention des rois portugais elles demeuraient lettres mortes. De guerre lasse, le Kongo entra en guerre contre le Portugal qui, avec le temps sur deux siècles environ, s'était adjoint l'appui des rois de la Hollande, de l'Angleterre et de la France pour renforcer davantage la traite négrière au Kongo et dans l'ensemble de l'Afrique subsaharienne, - sauf l'Éthiopie que les Européens n'ont jamais réussi à esclavagiser et à coloniser.
La bataille ultime eut lieu le jeudi du 29 octobre 1665 dans une localité appelée Mbuila, à environ 300 kms au sud de Mbanza Kongo, la capitale du royaume. Commencée vers 9h du matin, elle s'acheva en fin d'après-midi, lorsque le roi Mvita Kanga, qui participait à l'effort de guerre, fût mortellement atteint par un projectile de l'artillerie de la coalition européenne. Mvita Kanga, de son nom de baptême catholique Antonio 1er, agonisant, fût décapité par un soldat portugais qui exhiba sa tête sur la baïonnette de son arme.
"Les carottes étant cuites", les forces armées kongolaises, n'eurent d'autres alternatives que la capitulation. L'issue de cette bataille de Mbuila sonna le glas du royaume du Kongo. Les Portugais prirent le contrôle de la gouvernance du royaume, en y installant sur le trône des hommes liges qui leur étaient acquis et soumis. Il s'en suivit une guerre civile qui dura vingt cinq années. Ce qui eut pour effets néfastes, la déstructuration du modèle de société du royaume.
Voilà, je vous ai écrit cette longue tirade historique pour situer les différents aspects sociologiques et culturels dans lesquels j'ai vu le jour et dans lesquels s'est forgée ma perception des différentes sensibilités culturelles, notamment artistiques et surtout musicales. Après avoir baigné dans différentes expressions musicales, comme je les ai mentionnées en début de texte, j'en suis venu à la rencontre de la musique classique. Et c'est à la trentaine sonnante que je fais la rencontre de la musique classique. Le morceau culte, qui me fait entrer dans cet univers, est "Canon" du musicien allemand Johann Pachelbel.
C'est un compositeur et organiste de la période du baroque au 17e siècle. C'est un chef-d'œuvre à écouter sans modération. À la suite de Pachelbel, j'ai écouté le compositeur et musicien italien, Antonio Vivaldi, avec ses "Quatre saisons". J’ai passé en revue les symphonies de Ludwig van Beethoven. J’ai été intrigué par la rythmique presque endiablée du "Boléro" de Ravel. Je fus emporté, de façon « aérée », par les effleurements étonnants des doigts de Frédéric Chopin sur les touches de piano, pour me faire écouter ses "nocturnes". « La flûte enchantée » d’Amadeus Mozart, me fit garder une certaine distance instinctive à toute son œuvre : c’était comme si la musique de Mozart, suscitait en moi comme un « bouclier psychologique » face à des fréquences qui provenaient d’une dimension presque mortifère. La fin de sa vie est un exemple parfait de ce que cet artiste-musicien éprouvait avant de mourir.
Je ne vous conseillerais pas de les écouter ni dans vos maisons ni dans vos voitures ni même dans les endroits où des circonstances involontaires à vos volontés pourraient vous y contraindre. Les fréquences que déclenchent les dernières compositions de Mozart - la période où il est malade jusqu'à sa mort - ne sont pas bonnes pour un organisme humain. Je pense même que c'est ce qui l'a rendu de plus en plus malade au point de l'affaiblir jusqu’à ce que mort s'en suive. D'aucuns parlent d'une fièvre rhumatismale, d'autres d'insuffisance rénale. La symphonie 41 "Jupiter", le dernier opéra "la flûte enchantée", et surtout "la messe de requiem", qu'il ne terminera pas la composition, sont des compositions qui marquent le déclin des forces mentales, psychologiques et physiques d’Amadeus Mozart l’emmenant à sa finitude, à l'âge de 35 ans.
Par contre, je vous conseillerais volontiers d'écouter, à satiété, Canon de Pachelbel. C'est une composition musicale structurée sur la fréquence 432 hertz, qui est la fréquence la plus harmonieuse à l'organisme humain et à tout autre organisme vivant. En vérité, quand je regarde à mon parcours de vie - de près de soixante dix années bientôt - j'ai une nette conviction, que si je n'avais pas été journaliste, je serais devenu musicien.
Michel Mboungou-Kiongo ancien DG de Télé Congo (1994-1997)
Créé le 2025-09-03 12:03:52
Le célébrissime écrivain et conférencier franco-congolais, Déo Namujimbo, a est mort dans la nuit du dimanche 31 août en France où il était exilé depuis 2009, à la suite d'une longue maladie, a annoncé sa famille.
En attendant le programme officiel des funérailles, le deuil se tient à Vigneux-sur-Seine, commune française dans le département de l’Essonne en région Île-de-France.
Le natif du Sud-Kivu qui avait écrit plusieurs manuscrits de romans, recueils de nouvelles, poèmes, et surtout son autobiographie sur sa vie depuis le temps qu'il vivait en France, avait publié récemment, avec Françoise Germain-Robin, journaliste française, un livre de 365 pages aux éditions Arcanes 17, intitulé : « La grande manipulation de Paul Kagame » pour rétablir la vraie vérité de ce qui se passe à l’Est de la RD Congo en proie à une grave crise humanitaire.
Les combats dans l'est de la RDC, région troublée riche en ressources minières, entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23, une ancienne rébellion tutsie, ont exacerbé les tensions avec le Rwanda voisin, que la RDC accuse d'encourager la milice. Kigali nie toute implication, et la communauté internationale qui joue au Ponce Pilate, ferme toujours les yeux.
Selon Déo Namujimbo et Françoise Germain-Robin, ce livre revisite donc l'histoire des trente dernières années de la République démocratique du Congo (RDC), et des guerres successives qui s'y sont déroulées depuis et qui continuent d'ensanglanter l'Est du pays sans qu'on en parle. Un « Empire du silence » récemment dénoncé par le film du réalisateur belge Thierry Michel et par le prix Nobel de la paix Denis Mukwege, qui militent pour que soit mis fin à l'impunité dont bénéficient les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l'Humanité commis contre les réfugiés rwandais et les populations congolaises après le génocide de 1994 au Rwanda.
Adieu grand frère, adieu Deo !
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photo : DR
Créé le 2025-09-03 11:24:51
L’ancien ministre de la Justice de la RDC de 2024 à 2025, Constant Mutamba, 37 ans, a été condamné ce mardi 2 septembre 2025 à Kinshasa à 3 ans de travaux forcés puis 5 ans d’interdiction d’accès à toute fonction publique par la Cour de cassation pour détournement de fonds publics.
Constant Mutamba était accusé d’avoir tenté de détourner près de 20 millions de dollars US dans le cadre d’un marché pour la construction d’une nouvelle prison à Kisangani (nord-est de la RDC).

« La justice est malade », ont rappelé les avocats de Mutamba après le verdict.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photos : DR
Créé le 2025-09-02 16:56:45
Le président du Conseil Départemental du Niari (sud), Armand Moody Mafoumbou, Coordonnateur national de l’Association Amicale Louessé a lancé récemment avec succès et dans une ambiance conviviale, la 12e édition des activités sportives de vacances destinées à tous les jeunes du district de Mayoko. Un événement précieux qui va au-delà du simple aspect sportif car ce tournoi hautement symbolique favorise la cohésion sociale et la paix dans la contrée, en utilisant le football, le Nzango (sport de compétition pratiqué exclusivement par les femmes qui allie danse, chants et gymnastique), comme un puissant vecteur d'unité et de solidarité.
L’atmosphère est donc empreinte d’émotion et de gratitude, illustrant l’importance de ces jeux de vacances qui témoignent de l’engagement à promouvoir l’éducation par le sport et à soutenir le développement des jeunes générations.
Les sourires sur les visages des jeunes joueurs et leur enthousiasme palpable sont la meilleure preuve de l’impact positif de cette initiative on ne peut plus louable et placée cette année sous le thème : « Jeunes de Mayoko débout ! Avance avec raison pour relever le défi d’un meilleur avenir garantit avec le grand timonier Denis Sassou-N’Guesso».
La satisfaction du président du Conseil Départemental du Niari, Armand Moody Mafoumbou, Coordonnateur national de l’Association Amicale Louessé, est d’autant plus grande que cette compétition est la première du genre, une plateforme de premier plan destinée à toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons qui, à travers différentes disciplines sportives et activités culturelles, auront l'opportunité de démontrer l’étendue de leur talent. Le sport donne des leçons formidables. Il apprend, entre autres, à tous, que rien de précieux et d’intéressant ne s’obtient sans effort.
« Durant deux semaines, vous aurez l’occasion de vous confronter à travers les compétitions sportives. Dans votre quête du dépassement de soi et sur le chemin vers la victoire, je voudrais vous demander ceci : "soyez sport !". Car le plaisir et la beauté des jeux, du sport s'expriment quand il y a du fair-play, à travers l'esprit d'équipe, la solidarité, le respect des règles, de soi et de ses adversaires, la compréhension mutuelle et la paix prônée par le Président de la République, Denis Sassou-N’Guesso. Autant des valeurs essentielles que nous chérissons pour notre Patrie et dont vous êtes également dépositaires. Ces jeux de vacances s’inscrivent, en conséquence, dans la voie de la formation et de la performance car ils permettront l'éclosion des futurs champions et des citoyens exemplaires, attachés à leur Patrie et fiers de leur patrimoine culturel », a déclaré le président du Conseil Départemental du Niari, Armand Moody Mafoumbou, Coordonnateur national de l’Association Amicale Louessé.

« Certes, il est important de former des sportifs de qualité, capables de défendre dignement les couleurs de la Nation et pourquoi pas atteindre un niveau professionnel. Cependant, les performances de l’élite, les performances des professionnels ne sont possibles que si le vivier des sportifs amateurs est lui-même très large. Aussi, les perspectives inscrites à l’ordre du jour de ces jeux sont de bon augure puisqu’elles participent à la traditionnelle campagne de détection des jeunes espoirs. Dès lors, les centres de formation prendront le relais pour entamer le processus de formation des jeunes axé sur la performance et l’excellence et constituer ainsi des véritables viviers de l’élite sportive nationale », a-t-il ajouté.
Dans la ville où les ‘‘bebes noirs’’ ne sont même pas connus en rêve, ces jeux de vacances donnent la possibilité au district de Mayoko de fleurir, malgré les difficultés économiques d’une population tournée vers l’agriculture, le petit commerce, et de plus en plus l’exploitation artisanale de l’or.
Cliquer sur la photo pour lire la vidéo.
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photos : DR
Créé le 2025-09-02 13:19:19
Le Président congolais, Denis Sassou-N’Guesso, qui a réussi un de ses objectifs qui était d’attirer plus d’investisseurs au Congo-Brazzaville pour booster la croissance et créer des emplois, est attendu d’ici peu à Mayoko dans le département du Niari (sud). Dans cette ville minière, le gouvernement a attribué, en août 2023, à la société turque ULSAN Mining Congo SAU, un permis d’exploitation pour le fer, dit permis « Mayoko-Moussondji ». Ce gisement de fer dispose de réserves estimées à 917 millions de tonnes, dont 38,5 millions de tonnes directement exploitables. D’une durée de vie de 30 ans, les prévisions de production annuelle de ce gisement sont de 300.000 tonnes par an pour la première phase et 16,5 millions de tonnes par an dans une seconde phase qui exploiterait la roche dure. L’investissement global du projet, incluant les infrastructures spécifiques nécessaires, est estimé à 15 milliards de dollars américains.
Ce projet qui s’inscrit parfaitement dans le cadre de la politique de diversification économique mise en œuvre par Denis Sassou-N’Guesso permettra une coopération encore plus dynamique entre le Congo et la Turquie.
Le groupe turc Ulsan Mining Congo S.A.U et le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) ont signé, le 18 juillet dernier à Brazzaville, une convention d’une valeur de plus de 737 millions d’euros, portant sur la réhabilitation et la modernisation du réseau ferroviaire reliant Mayoko à Pointe-Noire.
Cet accord va permettre l’acheminement du minerai de fer extrait du gisement de Mayoko-Moussondji, vers la zone économique spéciale de Pointe-Noire. La société turque ambitionne aussi de renforcer l’intégration logistique et industrielle du pays. Dans le cadre de ce partenariat, le groupe Ulsan Holding s'est engagé également dans l’acquisition de matériel roulant, incluant une vingtaine de locomotives et plus de trois cents wagons, afin de garantir une exploitation optimale de la ligne modernisée.
A moyen terme, Ulsan prévoit aussi l’implantation d’une fonderie à Pointe-Noire pour un investissement estimé à 2 milliards de dollars américains. Cette usine permettra la transformation locale du minerai, générant une valeur ajoutée significative consolidant l’économie congolaise et réduisant les exportations de matières premières non transformées.
La prochaine visite de travail du Président Denis Sassou-N’Guesso à Mayoko marque donc sa volonté constante de faciliter la production minière au Congo-Brazzaville.
Et pour le numéro un congolais, l’enjeu d’une mise en production diversifiée et significative dans ce secteur économique vital doit s’accompagner d’une action résolue du gouvernement, afin que soient mises à la disposition du secteur minier les infrastructures qui permettront de le rendre économiquement rentable.
A cet égard, le chef de l’Etat congolais a toujours mentionné, comme priorité, la construction espérée d’une ligne ferroviaire qui reliera les différents bassins de production minière, depuis le port minéralier de Pointe-Noire jusqu’au département de la Sangha (nord), via notamment les localités de Mayoko et Zanaga (sud).
Le dernier voyage de Denis Sassou-N’Guesso à Mayoko remonte vers fin 1979.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-02 10:39:01
Le Président Denis Sassou N’Guesso séjourne en Chine, à l’invitation de son homologue chinois, Xi Jinping. À cette occasion, AN Qing, Ambassadeur de la République populaire de Chine en République du Congo a publié la tribune que voici.

Avec l’atterrissage de l’avion spécial à Beijing, le Président Denis Sassou-NGuesso a commencé son nouveau déplacement en Chine. Des jeunes chinoises et chinois lui ont réservé un accueil chaleureux à l’aéroport, ce qui nous rappelle la visite d’État au Congo du Président Xi Jinping lors de sa première tournée à l’étranger en tant que président en 2013. Comme la déclaré avec émotion le Président Xi Jinping sur la tribune du Palais des Congrès, « l’amitié sino-africaine avancerait sans cesse comme l’impétuosité du fleuve Yangtsé et du fleuve Congo ».
Malgré la distance lointaine entre ces deux fleuves reconnus dans le monde entier, les peuples chinois et congolais se rapprochent l’un vers l’autre en transcendant les montagnes et les océans. Échanges amicaux de longue date entre les deux pays.
La Chine et le Congo donnent un bel exemple dans la grande famille sino-africaine, ce qui se traduit par leur lien d’amitié et de coopération de haute qualité. Au cours des dernières décennies, les relations sino-africaines ont connu un développement rapide, et le navire de l’amitié sino-congolaise avec le vent en poupe, se dirige vers un avenir radieux.
La Chine soutient fermement le Congo dans son développement prospère en toute indépendance, et encourage le Congo à jouer un rôle plus important sur les dossiers internationaux et régionaux. Le Congo reste toujours fidèle au principe d’une seule Chine, et se tient du côté de la Chine sur les questions touchant aux intérêts fondamentaux de celle-ci. La Chine et le Congo, avec leurs efforts communs, inscriront de nouvelles pages dans les annales des succès collectifs sur la scène internationale. Coopération fructueuse avec des progrès extraordinaires.
La Chine et le Congo sont non seulement des amis fiables marqués par le soutien mutuel sur le plan politique, mais aussi des partenaires égaux pour le développement commun sur le plan économique. En septembre 2024, le Congo a pris le relais du coprésident africain du FOCAC, ce qui a donné une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale.
Ces dernières années, sous la direction stratégique des deux Chefs d’État, la coopération pragmatique sino-congolaise a réalisé sans cesse de nouvelles percées marquées par des fruits abondants au grand bénéfice des deux peuples dans les domaines de l’énergie, des mines, de la finance, de l’agriculture, du commerce et des infrastructures, etc...
Amitié indéfectible approfondie au fil du temps. Comme dit un adage africain, « de vrais amis ne fuient pas quand vous vous trouvez dans des situations difficiles ». En 1967, au moment où le Congo, a rencontré des difficultés médicales, le gouvernement chinois a envoyé la première mission médicale au Congo.
Durant presque 60 ans, les médecins chinois ont travaillé toujours en première ligne pour offrir des services médicaux de qualité au peuple congolais, écrivant ainsi les chapitres de solidarité internationale sans frontière. Au cours des décennies écoulées, le gouvernement chinois a réalisé des projets d’irrigation et de transport routier pour apporter des bénéfices tangibles à la population locale.
Le Congo, comme l’un des premiers pays d’Afrique subsaharienne à établir des relations diplomatiques avec la Chine, garde toujours à l’esprit l’intérêt du peuple chinois. Il a voté pour le rétablissement de la Chine dans son siège légitime aux Nations Unies lors de la 26e Assemblée générale de l’ONU.
Quelle que soit la hauteur de l’arbre, il ne faut jamais oublier ses racines. Comme la dit le Président chinois, « quel que soit le stade du développement de la Chine, les pays africains sont toujours nos bons amis face à l’adversité ».
Entraide et solidarité entre les deux peuples. Cette année marque le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste. Il y a 80 ans, le peuple chinois a mené des combats acharnés pendant 14 ans sur le principal théâtre d’opérations orientales, et honoré, au prix d’immenses sacrifices nationaux de 35 millions de morts et de blessés, son engagement vis-à-vis de la justice de l’humanité.
À ce moment-là, Brazzaville, comme la capitale de la France libre, a été témoin de la contribution importante que le peuple africain a apportée à la victoire de la Guerre mondiale antifasciste. Aujourd’hui, la Chine œuvre activement pour l’équité, la justice et la cessation des hostilités.
Le Congo, sous le leadership du Président Denis Sassou-NGuesso, offre activement des médiations à la question de Libye et d’autres dossiers brûlants régionaux, en vue de créer un environnement pacifique et stable pour la modernisation africaine.
Dans les jours qui viennent, le Président Denis Sassou-NGuesso participera aux activités de commémoration sur le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste et aura un entretien bilatéral avec le Président Xi Jinping, cela offrira une occasion pour les deux Chefs d’État de prendre des actions concrètes pour préserver les acquis de la victoire de la Seconde Guerre mondiale et défendre les valeurs communes de l’humanité.
L’histoire est le meilleur enseignement à tirer pour éviter la répétition des erreurs dans l’avenir. Avec les souffrances de la guerre qui reste toujours dans sa mémoire, le peuple chinois a une aspiration constante à la paix, et il est pleinement conscient que l’ordre international n’est pas l’équivalent de la loi de la jungle.
Dans un contexte international caractérisé par la multiplication des conflits et des bouleversements, l’humanité se trouve à une nouvelle croisée des chemins, il faut faire le choix entre la solidarité et la division, le dialogue et la confrontation, le gagnant-gagnant et le jeu à somme nulle.
Le peuple chinois porte toujours la vision selon laquelle ce n’est que par la mise en synergie entre la Chine, les pays africains et d’autres pays du Sud global que les forces pour la paix seront consolidées dans le monde, et ce n’est que par une largeur d’esprit qu’on peut aplanir le clivage et résoudre les conflits pour un meilleur avenir de l’humanité.
Comme le décrit un poème chinois, « les montagnes verdoyantes plongent dans les mêmes nuages et pluies. Les villes, aussi éloignée soient-elles, sont sous le même clair de lune ». Nous entendons travailler main dans la main avec les peuples africains et les frères congolais pour nous mettre fermement du bon côté de l’histoire et du progrès de l’humanité, en vue d’apporter une contribution inlassable à la paix et au développement éternels du monde et à la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
Transcription : Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville/Source ACI
Créé le 2025-09-02 05:51:58
Mam’néné Zenti et Nti Pouabou, deux personnages qui m’ont fait aimer les thrènes. Mon âme les remerciera toujours. Le premier, c’est Mam'néné, qu'enfants, nous appelions, affectueusement, Madame Zentie, au lieu de Madame Gentille, parce qu'elle prononçait ce Z à la place du G.
Mam'néné était la première épouse de Mahoungou mâ Mboungou, l'oncle de mon père Kiongo-Niaty Léonce, lui-même, fils de Tsatsa-Mboungou, sœur de Mahoungou mâ Mboungou, le patriarche du clan Bahungana, du village Kifimba.
Mam'néné était une femme exceptionnelle, du fait qu'elle faisait partie du cercle fermé de ces femmes-pleureuses, à l’image des griots, capables de retracer l'histoire des familles et des clans frappés par le deuil. Et c'est en pleurant, à travers les évocations (bibembos na bitolos, en langue kuni), que ces femmes pleureuses, retracent la saga généalogique des clans de la famille éplorée.
Enfant, j'avais vu Mam'néné, Madame Zentie, excellait dans cette performance, qui la faisait entrer au pinacle de son art. En l’écoutant, les participants à la veillée mortuaire, prenaient la mesure du parcours de vie d’un Être chéri disparu à jamais. L’évocation de l’existence passée, du défunt ou de la défunte, ouvrait un portail dimensionnel qui menait au divin.
Cependant, l’amour du Créateur, omnipotent et omniscient, devenait insaisissable et troublant à travers les questionnements des pleureuses : pourquoi la mort ?
C’est à travers ces pleurer-chanters que Mam’néné disait des paroles de connaissance des clans et de reconnaissance de l’amour du Créateur à sa création. Des paroles reprises en chœur dans le cercle de pleureuses chanteuses, accompagnant l’âme, qui avait quitté le corps physique, pour s’en aller à Mpemba, sur les ailes des airs déclamés par des voix de femmes chargées de chagrin.
Gloire au Créateur pour avoir paramétré la femme à être le véhicule, par excellence, de la transmission au monde de la nature divine, tout à la fois, douce, et apparemment, faible, mais combien puissante parce qu’elle est un canal de vie.
Le second personnage, qui me fit entrer dans l’univers des humanités classiques africaines, est un professeur de littérature. Il s’appelait Félix Nti Pouabou. J'étais en classe de Seconde, au lycée Karl Marx (actuel Victor Augagneur), dans la ville de Pointe-Noire.
J’avais assisté à un de ses cours, bien que je ne fus pas un élève des classes qu'il prenait. Je fis cette entorse à la règle administrative, parce j’avais entendu des échos favorables à son sujet dans le bahut. Le personnel enseignant, tout comme les élèves étaient unanimes : il était un bon professeur de la matière qu’il enseignait.
Alors, ce jour-là, jai séché le cours de math de mon professeur titulaire pour aller prendre place dans la salle de classe où se trouvait Félix Nti Pouabou. Je l'ai écouté parler de la littérature africaine. Il parlait de ces femmes pleureuses des sociétés traditionnelles africaines. Lorsqu'il développait son analyse, j'étais de corps avec eux dans la salle, mais mon esprit avait rejoint Maniémo, mon village natal.
Et là, je revoyais Mam'néné, Madame Zentie, la matriarche de notre famille, en train de conduire la rythmique d'une veillée mortuaire. Elle était l’archétype de ces femmes griottes que décrivait, Félix Nti Pouabou, le professeur de littérature africaine.
Il utilisa le terme de thrène, pour nommer ces pleurs en chansons, ces chants en pleurs. Thrène, le mot exact pour désigner ces lamentations funéraires venues du fin fond de la culture africaine, récupérées, au passage du temps, par la Grèce Antique, mais qui n'ont jamais quitté la structure sociétale africaine, toujours psalmodiées, en pleurs chantés, dans les veillées mortuaires des Africains et des Afro-descendants dans les diasporas.
D'ailleurs, je me souviens, comme si c'était hier, il fit un lien, évident, entre les thrènes et le Blues, cette musique venue de l'âme des Africains déportés et esclavagisés dans les champs de coton, de tabac et de canne-à-sucre, dans les Amériques.
Comment ne pas être reconnaissant de ce que cet éminent enseignant de littérature africaine a ajouté à mon bagage culturel. Ce qu’il m’avait transmis, ce jour-là, était hors de portée marchande. La valeur ajoutée à mon esprit, fut inestimable. C’était plus que de l’argent. Et c'est cela, l'Économie de la connaissance : car elle est toujours à Somme positive.
Pour m'avoir transmis ce nouveau mot, qui m’ouvrait à la l’entendement et à la compréhension d’un nouveau concept, Félix Nti Pouabou avait renforcé les schèmes de raisonnement et d’organisation cognitive de mon cerveau. Ce concept ne pouvait plus jamais s’effacer de ma mémoire. Pourquoi ? Parce qu’un cerveau, qui acquiert de la connaissance et qui la transmet à un autre cerveau, ne s'appauvrit jamais. Bien au contraire, il s'enrichit en enrichissant d’autres cerveaux, qui enrichiront des cerveaux supplémentaires, pour générer un cerveau collectif puissant.
Michel Mboungou-Kiongo ancien DG de Télé Congo (1994-1997)
Créé le 2025-09-01 11:09:43
À travers cet article, j'apporte - au forum MFINDU NIMA (consacré à la réappropriation des us et coutumes Kuni) - quelques éléments de réponse à la question de Léonard Mboungou-Kipolo pour lui remémorer le souvenir des noms de membres de ma famille qui étaient locataires dans la parcelle de sa tante à Pointe-Noire. Pour me mettre sur la piste des souvenirs, il m'a donné un indice, à savoir que cette famille parlait un kikuni, qui s'entendait comme le kiyombé.
Il y a une branche de notre clan paternel, les Bahungana, qui est allée s'installer à Les Saras, dans le massif du Mayombe, dans la région du Kouilou. Un des frères, de cette lignée, s’appelant Léonce Kiongo, a fini par adopter la phonétique Tchiongo, usitée par les populations de cette région. Ainsi, tous les enfants nés à Les Saras, sont devenus des Tchiongo.
Par ailleurs, il y a un village, peuplé par des Kuni dans le Mayombe, qui s'appelle Makaba. Topographiquement, on y entre par la voie carrossable qui part de la Gare Cfco de Pounga et mène jusqu'à Passi-Passi sur la RN3 ou route du Gabon (Dolisie-Ndendé Gabon). Ya Dago Gaston Kiongo, (Ya, diminutif de Yaya - grand frère - dans la culture Kongo, paix à son âme), a travaillé à Makaba en qualité d'infirmier d'État au début des années 1980.
D'ailleurs, j'avais emmené « JO Plâtre », mon ami de classe et d'internat au lycée Karl Marx de Pointe-Noire, passer un mois de vacances à Makaba. « Jo Plâtre », nous, élèves-internes, l'avions ainsi surnommé parce qu’il s’était fracturé le pied pendant la séance d’éducation physique scolaire. En vérité, il s'appelle Josaphat Kokolo, muana Mukamba de l'ethnie éponyme.
À Makaba, nous parlions la langue kuni avec aisance, parce que toute la structure syntaxique de la langue n’avait pas besoin d’interprète. Cependant, les Kuni de Makaba ont gardé l'authenticité des accents kuni de toute l'aire socioculturelle de Diangala. Le fait curieux et enrichissant, se remarquait au niveau de l'accent qui sonne totalement comme le yombé ou le vili.
Mais quel bonheur pour un esprit ouvert et intelligent de se rendre compte qu'une langue est plus riche lorsqu'elle se frotte à une autre ou à d'autres langues. Ma prédisposition de discerner les nuances des accents des parlers, a développé en moi le sens de l'écoute. Une faculté qui m’a avantageusement formaté au métier de journaliste, en particulier, et de communicateur, en général.
Le recul du temps, a aiguisé mon attention à déceler les nuances les plus fines dans la prononciation des langues. J'en étais, franchement, sorti enrichi de cette expérience linguistique et culturelle à Makaba. Depuis lors, je savais désormais, que la langue kuni s'enrichissait de l'emprunt et de son apport à d'autres langues.
Et, en tout état de cause, aucune langue ne peut se prétendre originelle, parce que sortie ex nihilo. Exception, peut-être pour le cas de figure d’une proto langue ou d’une langue archaïque. Et même là encore, les linguistes ouverts d'esprits, ne s'attardent pas sur ce point qui constitue une bataille d'arrière-garde.
En vérité, la langue en soi est « innocente », c'est plutôt la stupidité vaniteuse des locuteurs à l'esprit étroit, qui tente de tordre sa plasticité pour se satisfaire d'une justification idéologique, sans fondement éprouvé et approuvé par une démarche analytique solide. En exemple, Je n'arrête pas de chercher sur la Toile et sur d’autres supports de travail, le foyer originel de la langue kuni. Et à cet effet, chaque fois que j’en ai l’occasion, j’interroge des linguistes que je connais tant au Congo qu'ailleurs.
Tiens, samedi 6 juin 2020, j'avais passé trois heures avec le professeur Dominique Ngoïe-Ngalla, en compagnie de quelques confrères journalistes et d'enseignants de l'université Marien Ngouabi. C’était à 48 heures de son voyage en France, et duquel il ne retournera plus jamais vivant à Mandou, son village natal, dans le département de la Bouenza.
J'avais posé la problématique des origines de nos langues bantoues, et a fortiori du kuni. lLa conclusion, qui nous a tous rendus humbles, c'est que très rares sont les langues qui seraient des langues originelles.
La plupart des langues sont adventices. C'est-à-dire qu'elles ont des racines qui ne leur sont pas propres, mais proviennent d'autres langues qui, elles-mêmes, sont des "métisses" formées par d'autres langues , etc. Leçon de vie, et de bon sens commun : Les langues s'enrichissent de la réalité du Donner et du Recevoir.
Pour revenir à la recherche de l'authenticité intrinsèque d'une langue, le bon sens et l'honnêteté intellectuelle recommandent de dire qu'il n'y en a pas, au stade actuel, de l'évolution du monde. En fait, le vili, le yombé, kuni, le kamba, le dondo, le beembé, le hangala, le lari, comme toutes les langues de cette aire culturelle kongo, ce sont des langues adventices qui sortiraient du sundi.
La langue sundi, elle-même, serait issue d'autres métissages linguistique, ontologique, anthropologique, sociopolitique, etc., qui viennent de l’histoire des peuples qui apparus dans le bassin du Kongo (au lieu de Congo) et des grands Lacs. Ce sont ces peuples qui ont essaimé les matériaux de la civilisation africaine, depuis la source du Nil jusqu’au delta de KMT (Égypte actuelle).
Michel Mboungou-Kiongo ancien DG de Télé Congo (1994-1997)
Créé le 2025-09-01 10:27:32
L’artiste-musicien Abel Dibantsa, connu pour sa voix puissante et ses intensités scéniques, s’apprête à sortir son deuxième album, neuf ans après « Succession ». Des rythmes aussi variés que frénétiques comme toujours, des guitares tranchantes, des voix impeccables. Ambiance.
En ce dimanche 23 août, il arrive ragaillardi par le soleil parisien. Casquettes sur la tête, sourire aux lèvres, Abel Dibassa est presque en transes quand il s’agit de parler de son nouvel album et ce, avec une gaieté communicative qui le caractérise. Et, à la question de savoir pourquoi neuf ans se sont écoulés entre le premier album et le deuxième, sa réponse est prompte : « C’est vrai qu’il m’avait fallu trois ans de travail pour le premier album ! Mais pour le second, j’ai voulu prendre davantage de temps, le temps du texte, le temps du son, le temps des voix... »

Chez lui donc, le temps de la conception est plus important que celui de la finalisation. Tel un écrivain qui écrit, réécrit, supprime et reprend tout à zéro. Ce côté immensément perfectionniste, il le tient en partie au très exigeant Sammy Massamba avec lequel il a longtemps collaboré. Chaque détail a son importance. De fait, un seul titre peut pendre de quatre à cinq mois. D’autant qu’il refuse de s’enfermer dans des catégorisations trop étroites, entre autres dans le genre le plus connu du Congo, la Rumba. Abel Dibassa se veut à l’écoute du monde, et c’est à juste titre qu’il emploie souvent le mot « variétés »…
« Fais-moi danser ! »
L’album à venir, « Nitu Ntoto » — traduction : le corps n’est que poussière — compte quinze titres rigoureusement fignolés. Un cocktail explosif de Rumba — bien sûr —, de Zouk, de Soukouss, de Blues, d’un zeste de Salsa. Il y décrit un univers aussi poétique que réaliste, évoquant l’humilité, la femme désintéressée, les instants de danse… Parmi ces titres, « Fais-moi danser ! », un Zouk poétique et ensorcelant à la fois, en duo avec la Guadeloupéenne Michaëla Mistille. Un titre qui rappelle « Bina na ngai na respect » de l’orchestre OK Jazz, structuré comme une pièce de théâtre avec une parfaite unité de lieu, d’action et de temps, mais cette fois avec deux personnages comme communiés par un même désir.
« Fais-moi danser !... Je t’ai vu danser à l’anniversaire de Béa !... Tu dansais tellement bien que tout le monde ne regardait que toi !... Tu étais magnifique !... Je sens mon cœur qui bat sur le rythme de tes pas !... Qu’est-ce que tu m’as fait ? Je suis conquis !... » Chanter l’instant présent, parce que le sentiment le vrai naît de l’instant, c’est cela aussi la force d’Abel Dibassa.

Cet ancien pensionnaire de l’orchestre Zakala de Brazzaville et de « Swédé » en Afrique de l’ouest ; celui qui lorgne pour de bon les pistes de danse — on l’a vu dernièrement à la « Guinguette africaine de Suresnes faire se lever la foule — n’en est pas à son coup d’essai. Son premier album, « Succession », sorti en 2016 sans label ni promo, avait accroché l’oreille des mélomanes. S’inscrivant dans la même veine, « Nitu Ntoto » devrait enflammer les oreilles averties.
BB / Les Echos du Congo-Brazzaville
Créé le 2025-09-01 09:26:39