Congo – Affaires foncières : Les populations de Yoro seront expropriées et perçoivent leurs indemnisations

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires foncières et du domaine public, porte-parole du gouvernement, Pierre Mabiala, s’est adressé aux propriétaires ou ayants-droits de la zone de Yoro, dans le 6e arrondissement Talangaï-Brazzaville. Cette rencontre s’est déroulée le 26 novembre 2025 dans la salle de réunions du Ministère des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger à Brazzaville. A cette occasion, le ministre d’Etat a fait une annonce afin d'apporter des éclaircissements aux habitants de la zone concernée, sur l’expropriation et les modalités de paiement des indemnités y relatives.

Cette opération d’expropriation, s’inscrit dans un projet plus large d’aménagement : l’acquisition foncière concerne l’accès au port du Yoro et aux « Tours Jumelles », dans les quartiers Mpila-Yoro et Dragage, à Talangaï. 

Il s'agit d’un projet d’infrastructure pour moderniser le port fluvial de Yoro, dans le cadre du programme régional PRACAC (Projet Régional d’Amélioration des Corridors de Transport Routier et Fluvial en Afrique Centrale). 

Il sied de signaler que le port de Yoro joue un rôle stratégique : c’est un des principaux points d’approvisionnement de Brazzaville par voie fluviale, notamment pour le bois de chauffe et les vivres, et un lien vers les échanges dans la région. 

La modernisation du port devrait inclure, quais supplémentaires, entrepôts, un terminal pour le suivi des cargaisons, ce qui pourrait améliorer le trafic fluvial, la logistique, et la mobilité urbaine autour de Yoro. 

De plus, l’expropriation ne semble pas arbitraire, mais, elle est liée à un projet d’intérêt public — port, infrastructures, développement urbain et économique — que l’État présente comme bénéfique pour la ville.

« Etant donné que la déclaration d'utilité publique a été prise en juin 2023, nous sommes maintenant en 2025. Voyez-vous que nous sommes dans le délai tel indiqué par la loi. Alors, pourquoi cette expropriation ? Parce que nous, en tant qu'État, en tant que gouvernement, nous avons la responsabilité de moderniser les conditions de vie des populations dans notre pays », a expliqué le Porte-parole du gouvernement.

La mise en œuvre du projet de modernisation du port — quais, infrastructures — doit se faire de manière transparente, respecter les droits des riverains, et prévoir des mécanismes de suivi / plainte pour les éventuels impactés.

Enfin, il faudra surveiller que l’aménagement apporte aussi des retombées positives pour les anciens habitants : relogement, accès au nouveau port, maintien ou amélioration des moyens de subsistance, etc.

Selon les expropriés, la perspective d’une indemnisation — si bien faite — peut aider à compenser la perte de leur parcelle. Mais cela dépend de l’équité et de la rapidité du paiement.

Au niveau de la ville : le projet de modernisation du port de Yoro peut améliorer l’approvisionnement de Brazzaville, fluidifier le transport fluvial, favoriser le commerce, et peut-être créer aussi des emplois liés à la logistique et aux infrastructures.

En termes d’urbanisme et aménagement : cela témoigne d’un effort de l’État pour structurer les zones portuaires et les quartiers riverains — mais cela impose aussi une vigilance citoyenne pour préserver les droits des habitants et éviter les dérives (expulsions injustes, sous-indemnisation, relogements inexistants…).Haut du formulaire

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L’expropriation porte sur une zone d’environ 15 hectares dans l’arrondissement 6 Talangaï à Brazzaville. 420 personnes sont concernées : 419 ont choisi une indemnisation financière, 1 seule a opté pour une compensation foncière. 

Les évaluations des parcelles — superficie + valeur — ont été faites selon la grille tarifaire prévue par la loi de finances. 

Le paiement, qui a déjà commencé depuis le jeudi 27 novembre 2025 va se poursuivre progressivement, par groupes de 20 à 25 personnes par jour, à l’agence centrale de la Banque Postale du Congo, au rond-point de la Grande Poste au centre-ville de Brazzaville. Les expropriés y sont donc conviés et doivent se présenter avec une pièce d’identité + des justificatifs de propriété (titre foncier, permis d’occuper, etc.).

L’opération d’indemnisation des expropriés de Yoro, la première zone se déroule sans anicroche.  

VALDA SAINT-VAL/Les Echos du Congo-Brazzaville