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France – RDC : Pengo Bossio Wangi espoir amateur du MMA est tombé sous les balles du tueur de Trappes

Né de parents originaires de la République démocratique du Congo, à seulement 26 ans, Pengo Bossio Wangi a été fauché par les balles du tireur fou de l'attaque survenue le vendredi matin à Trappes, dans les Yvelines. Ce passionné de MMA, membre amateur de la Atch Academy d'Aubervilliers, était l'un des visages les plus souriants du club dyonisien. Il s'y entraînait pour passer professionnel.

Le monde du MMA est en deuil. Pengo Bossio Wangi, combattant amateur prometteur de la Atch Academy d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a perdu la vie lors de l'attaque terroriste de Trappes, de vendredi. Un drame que le président Emmanuel Macron a qualifié dans la soirée "d'attentat terroriste raciste".

‘’Pengo était de ceux qui donnent l’exemple’’. Stéphane "Atch" Chaufourier, fondateur du club en 2003, se souvient d'un combattant rigoureux et solaire, du haut de ses 77 kg de muscles dans la catégorie des welterweight.

"Je suis doublement peiné. Pengo était un amateur prometteur. Il s'investissait beaucoup dans son sport. Il venait s'entraîner très régulièrement plusieurs fois par semaine et aspirait à passer professionnel", souffle-t-il. "Il avait toujours le sourire et parlait à tout le monde."

"On est bouleversés du drame qui nous touche et qui touche sa famille", explique-t-il auprès de BFMTV. "C’était quelqu’un vraiment de très attachant qui voulait réussir à travers le sport qu’il avait choisi, toujours le sourire entouré des siens. Nous sommes tristes et bouleversés."

Également sous le choc, la "Atch" a fait part de son "immense tristesse" et d'"une profonde stupeur". Avant de saluer la mémoire de son combattant à travers un message poignant sur ses réseaux sociaux: "Pengo faisait partie des nôtres. Sur les tapis comme en dehors, il était de ceux qui donnent l'exemple: présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut. Son sourire, son énergie et sa générosité resteront gravés dans nos murs et dans nos cœurs".

L'ancienne ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera a elle aussi rendu hommage à la victime: "Pengo Bossio Wangi était l’un des nôtres. Il n’est plus. Mort à Trappes sous les balles de la haine extrême, de la folie, du terrorisme et du racisme. A ses proches, à son club de MMA emmené par « Atch » et à son coach Mathis, je veux adresser mes condoléances les plus attristées, les plus solidaires. Les plus combatives aussi : aucun d’entre nous ne peut accepter de voir une telle folie haineuse monter en France. Stoppons-la avant qu’elle ne s’installe."

Pengo Bossio Wangi tentait de marcher dans les pas d'autres noms passés par la mythique salle dyonisienne (Salahdine Parnasse, Fabacary Diatta). S'il rêvait de passer professionnel et de monter sur les plus grands rings pour vivre de sa passion, il n’aura pas eu le temps d'accomplir son destin.

La Atch Académie prépare un hommage à son combattant lors de l'événement "100% fight" à Aubervilliers ce samedi.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-23 23:04:36

France – Trappes : Le président Emmanuel Macron déplore le « tournant » d'un « attentat terroriste, raciste »

Le chef de l'État français s'est rendu à Trappes ville des Yvelines où une fusillade a fait un mort et cinq blessés vendredi. Le tireur est soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration.

Le président Emmanuel Macron s'est rendu à Trappes, dans les Yvelines, vendredi 23 octobre au soir, et y a déploré un « tournant » après un « attentat » commis « sur la base d'une idéologie raciste », invitant à ne « rien céder » et ne pas « baisser la tête » face aux « idées qui s'installent ».

« C'est un tournant parce que c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne », a affirmé le président français.

Les faits se sont déroulés vers 10 heures 30 vendredi.

Un homme de 39 ans, armé d’un un pistolet-mitrailleur, une arme de type «Sten WWII», datant de la Seconde Guerre mondiale, a ouvert le feu par rafales à plusieurs reprises sur des passants, dans les villes de Trappes et de La Verrière, deux communes voisines situées à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Paris.

La fusillade a fait six victimes, dont une personne décédée et cinq blessées. Une fillette âgée de 12 ans figure parmi les personnes blessées. Elle présente au moins 8 impacts de balles.

Le jeune homme décédé, âgé de 26 ans, Pengo Bossio Wangi bien connu dans le monde du MMA, est un français dont le père est originaire de la RDC.

Après les tirs, le suspect de type européen a été interpellé par des policiers de la brigade anticriminalité.

Son arrestation a eu lieu à Coignières, une autre commune des Yvelines, située à proximité de La Verrière.

Un important dispositif de police et de secours a été déployé sur les différents lieux de la fusillade.

Les secours ont pris en charge les victimes tandis que les forces de l’ordre ont sécurisé les zones concernées et commencé les premières constatations.

Les enquêteurs ont reconstitué le parcours de l’assaillant, déterminé le nombre précis de tirs et mis en évidence les raisons pour lesquelles plusieurs personnes, toutes de type africain ont été visées dans différents secteurs.

À l’issue des premiers interrogatoires et sur la base des éléments probants, le parquet national antiterroriste s’est saisi des faits et a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».

Le suspect, « identifié comme étant Kévin T. est né en 1987 ». Il était connu de la police pour « des faits de conduite sous emprise de l’alcool, de vol, de vol à l’étalage et de stupéfiants ».

Un membre de son « entourage familial direct » a également été placé en garde à vue.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-23 22:18:59

Congo – Grève à l’Université Marien Ngouabi : les pourparlers se poursuivent normalement !

Après les dernières négociations du 19 octobre 2026, le gouvernement de la République, sous le dynamisme du ministre d’Etat, de la Fonction publique, du Travail et de Dialogue social, Pierre Mabiala, en compagnie de sa collègue de l’Enseignement supérieur, Edith Delphine Emmanuel, née Adouki avec le collège des syndicats de l’Université Marien Ngouabi. Pour une énième fois, les discussions ont été suspendues pour une date ultérieure, en dépit de quelques avancées significatives. 

Lesdites négociations entre les deux parties prenantes n’ont réellement pas donnés une satisfaction totale.

Eu égard l’évolutions des discussions entre l’Intersyndicale des travailleurs de l’Université Marien Ngouabi, représentée par son collège, face au gouvernement, les échanges et/ou les discussions suivent leur cours.

Bon gré mal gré, Pierre Mabiala réussit le pari du dialogue social, l’apaisement obtenu et les concours ainsi relancés. Le ministre d’État, Pierre Mabiala a obtenu un résultat non moins significatif : l’apaisement du climat social et la reprise des concours. Dans un contexte financier particulièrement difficile, cette avancée témoigne de l’importance du dialogue et de la concertation dans le règlement des tensions au sein de l’institution universitaire.

Privilégiant les échanges avec les représentants du collège des syndicaux, Pierre Mabiala a fait le choix de la négociation plutôt que de la confrontation. Cette démarche a permis de rapprocher les positions et de parvenir à une issue favorable, démontrant que l’écoute et la recherche de compromis peuvent contribuer efficacement au règlement des différends sociaux.

L’obtention de l’apaisement et la reprise des concours constituent des avancées importantes pour l’Université Marien Ngouabi. Au-delà du dénouement de la crise, cette évolution ouvre la voie au retour à un climat de sérénité, pour le bon fonctionnement de l’institution et à la poursuite de ses missions académiques et administratives.

Néanmoins ces résultats interviennent dans un contexte économique contraignant. Parmi les mesures annoncées figure le paiement d’un mois d’arriérés, une avancée qui s’inscrit dans la recherche d’un équilibre entre les revendications des travailleurs et les capacités financières disponibles. La concrétisation des engagements pris demeure essentielle pour consolider la confiance entre partenaires sociaux.

En somme, le Ministre d’Etat, Pierre Mabiala, usant de sa posture de fin négociateurs, met en valeur une approche fondée sur le dialogue social, la responsabilité et la recherche de solutions concrètes. Son action dans ce dossier souligne que la concertation et le dialogue peuvent constituer un levier décisif pour rétablir la sérénité, préserver les activités universitaires et favoriser des relations constructives entre les autorités et les organisations syndicales. Photos : DR

VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-23 09:41:46

Congo – Gendarmerie nationale : le général de brigade Gildas Olangué boucle sa tournée territoriale par l’étape de Brazzaville

En clôturant son périple dans la capitale administrative, le général Olangué a rencontré les officiers, sous-officiers et hommes de rang de la région de gendarmerie de Brazzaville. Face aux défis sécuritaires propres aux grandes agglomérations urbaines — notamment, le grand banditisme, la criminalité juvénile et la gestion des flux de circulation —, le haut commandement a tenu à adresser un message ferme et mobilisateur. 

En effet, à l’occasion de son adresse la région de gendarmerie de la ville capitale, les forces de la place de Brazzaville étaient rangées. Le Commandant des troupes, le colonel Benjamin Richard Ifoko, commandant du 1er groupement de gendarmerie mobile lui a demandé de les passer en revue, selon les usages classiques et le rituel militaire.

« Présentez ! Armes ! Mon général, commandant de la gendarmerie nationale, à l'occasion de votre adresse, les forces de la place de Brazzaville sont rangées. Je vous invite à les passer en revue, Commandant des troupes, colonel Benjamin Richard Ifoko, commandant du 1er groupement de gendarmerie mobile », a-t-il déclaré.

Pendant une quinzaine de jours, le commandant de la gendarmerie nationale, le général Gildas Olangué et toutes sa suite, ont visité 14 régions de gendarmerie : de Kinkala à Impfondo, en passant par Pointe-Noire, Dolisie, Madingou, Djambala, Owando, Ouesso et bien d'autres chefs-lieux des départements du Congo.

Le général de brigade Gildas Olangué, commandant de la gendarmerie nationale, s'est enfin adressé à ses hommes de la capitale. Une annonce solennelle face à un personnel rassemblé.

Dans son allocution, le commandant de la gendarmerie nationale a insisté sur les piliers fondamentaux de l’institution.

« J'ai pensé qu'il était important et indispensable pour moi, d'aller partout, rencontrer tous les gendarmes, parler avec eux, voir leurs notions de travail, me faire comprendre d'eux, qu'ils comprennent ce que j'attends d'eux et de chacun, et que moi aussi je perçoive peut-être, ce que vous attendez de moi », a-t-il fait savoir.

Ainsi, le message du commandant de la gendarmerie nationale a été sans détour, il les attend désormais au résultat. Pour cela, le général a rappelé les valeurs cardinales qui fondent le métier de gendarme. D'abord la discipline, socle de toute armée. Ensuite l'honneur et l'éthique, qui imposent aux gendarmes d'être irréprochables et exemplaires.

« Je pense qu'il est indispensable pour moi de prendre deux catégories de personnes : la première, c'est la population. La population attend de nous d'assurer sa sécurité. Globalement, c'est ça. Assurer la sécurité ! Que les gens se sentent en paix ! C'est ça qu'on attend de nous.  La deuxième chose, c'est être utile et indispensable au plein de la hiérarchie. Si on devient indispensable, nos problèmes logistiques, tout le reste suivra », a rappelé avec minutie, le général.

Puis, la loyauté et enfin la cohésion et la solidarité inter-unité. La discipline et l'éthique : Rétablir une rigueur exemplaire au sein des rangs et bannir tout comportement déviant portant atteinte à la crédibilité des forces de l'ordre.

« Moi j'ai besoin de gens engagés. Il faut que chaque gendarme rende celui qu'on a responsabilisé comme COMZONE, indispensable au plein de sa hiérarchie. C'est ça. On prendra le meilleur d'entre nous. On va en tourner dans tous les sens. S'il n’est pas indispensable, si en bas on ne travaille pas pour lui, l'institution ne va jamais avancer », a conclu le général Gildas Olangué.

Au-delà de ces hommes, c'est à la population congolaise que le général de brigade Gildas Olangué s'est adressé. Un appel à une franche collaboration à la veille d'un tournant historique pour le pays, l'ouverture de ses frontières à tous les ressorts africains à partir du 1er janvier 2027.

Ainsi donc, après la tournée de prise de contact et l’état de lieu, place désormais à l'action et au travail assidu.

Photos : Cellule de communication

VALDA SAINT-VAL /Les Echos du Congo-Brazzaville / Source : Commandement de la Gendarmerie

Créé le 2026-10-23 02:02:33

Congo - Délits fauniques : interpellés pour trafic des produits de faune à Nkayi et Dolisie

Trois présumés trafiquants ont été pris en possession d’une peau de panthère et de deux (2) pointes d’ivoire sectionnées en quatre morceaux. Une de leur complice a été, quelques heures après, rattrapée. Ces interpellations ont eu lieu ce 18 octobre 2026 à Nkayi dans le département de la Bouenza et ensuite à Dolisie, département du Niari. 

Les quatre présumés délinquants fauniques, ont été interpellés par les services de la gendarmerie nationale en poste à Madingou et Nkayi dans le département de la Bouenza et à Dolisie dans le département de Niari, en collaboration avec les agents de la Direction Départementale de l’Economie Forestière, bénéficiant de l’appui technique du Projet d’Appui à l’Application de la Loi sur la Faune sauvage (PALF). Les individus interpellés seront présentés devant le parquet de la République, près le Tribunal de Grande Instance de Madingou, afin de répondre de leurs actes.

Les quatre individus ont été interpellés pour les délits de détention, circulation et commercialisation des trophées d’espèces animales intégralement protégées, en l’occurrence, la panthère et l’éléphant. Parmi ces quatre individus interpellés, trois ont transporté ces produits de faune de Dolisie jusqu’à Nkayi dans le seul but de les vendre. Plusieurs autres complices seraient en cavale. Les quatre individus seraient fortement impliqués dans ce business.

L’éléphant et la panthère étant des espèces animales intégralement protégées, la loi congolaise condamne la détention, la circulation et la commercialisation des trophées de ces espèces. Les contrevenants risquent des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende allant jusqu’à cinq (5) millions de F.CFA conformément à la loi.

Le braconnage et le commerce illégal des produits de faune conduisent à l’extinction des espèces animales sauvages. Selon le rapport Planète Vivante 2026 du WWF, entre 1970 et 2022, la taille des populations de vertébrés sauvages suivies en Afrique a diminué de 80 % en moyenne. Les effectifs des éléphants de forêt d’Afrique ont chuté de plus de 60 % au cours des dernières décennies. Leur déclin menace la régénération des forêts, les services écosystémiques et le stockage du carbone.

Le Congo, conscient de cette menace, est fortement engagé à protéger ses espèces animales en voie d’extinction. Il reste vigilant et sanctionne tous ceux qui entravent la loi en matière de protection de la faune sauvage. L’article 27 de la loi 37/2008, du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées est aussi explicite : « l’importation ; l’exportation ; la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées ; ainsi que de leurs trophées sont strictement interdits; sauf dérogation spéciale de l’administration des eaux et forêts, pour les besoins de la recherche scientifique ou à des fins de reproduction ».

VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville / Source : PALF

Créé le 2026-10-22 22:10:02

Pointe-Noire : Il appelait le 117 pour insulter la police, il finit par être interpellé

Le numéro d’urgence n’est ni un défouloir ni une ligne réservée aux amateurs d’injures. À Pointe-Noire, Ngoma Ngoma Jean, alias « Daco Daco », vient de l’apprendre à ses dépens après avoir pris l’habitude d’appeler le 117 pour insulter les policiers.

Certains décrochent leur téléphone pour appeler un proche, d’autres pour signaler un danger. Daco Daco, lui, avait visiblement trouvé une autre occupation : composer le 117 pour passer ses nerfs sur les agents de police. Un passe-temps pour le moins insolite, qui vient de lui attirer des ennuis.

Interpellé à Pointe-Noire, où il réside, Ngoma Ngoma Jean n’a pas cherché à nier les faits. « J’ai l’habitude de composer le 117 pour injurier les agents de police », a-t-il reconnu.

Mais lorsqu’il lui a été demandé pourquoi il s’adonnait à cette pratique, l’intéressé n’a pas vraiment fourni d’explication. Il a plutôt choisi la voie des regrets : « Pour le tort commis, je demande pardon et jure de ne plus le refaire. »

Comme quoi, à force de jouer avec le numéro d’urgence, on finit parfois par avoir la police au bout du fil… mais pas forcément pour prendre de ses nouvelles !

Conscient de son erreur, Daco Daco a également appelé ses compatriotes à ne pas utiliser le 117 sans motif valable et à respecter les policiers chargés d'assurer la sécurité de tous.

Il convient de rappeler que le 117 est le numéro officiel et gratuit d'appel d'urgence de la Police nationale au Congo. Accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, il permet notamment de signaler une situation dangereuse, un acte de délinquance ou une urgence nécessitant l'intervention des forces de l'ordre.

Les appels malveillants, les fausses alertes et les injures peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions prévues par la loi.

Le 117 n'est pas un numéro de spectacle, et les policiers ne sont pas des punching-balls téléphoniques. Pour ceux qui ont envie de bavarder sans raison ou de distribuer des insultes, mieux vaut trouver un autre passe-temps. Car si l'humour est permis, l'irresponsabilité, elle, peut coûter cher.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR

Créé le 2026-10-21 15:09:33

Deve Maboungou : « Décolonisons ! » pour une Afrique maîtresse de son destin

Et si la véritable indépendance de l’Afrique passait aussi par la maîtrise de ses données, de ses ressources et de ses intérêts stratégiques ? C’est le combat intellectuel porté par Deve Maboungou à travers son ouvrage Décolonisons !, présenté le 10 octobre dernier dans la salle verte de l'Ambassade de la République du Congo en France.

Devant un public venu découvrir sa réflexion, l’auteur franco-congolais a plaidé pour une Afrique capable de défendre ses intérêts économiques, de protéger ses informations sensibles et de conquérir sa souveraineté numérique.

Pour Deve Maboungou, l’indépendance ne se décrète pas,  elle se construit par l’intelligence économique, l’anticipation et la maîtrise des choix stratégiques.


Préfacé par Firmin Édouard Matoko, ancien haut responsable de l’Unesco, l’ouvrage appelle à rompre avec les représentations réductrices du continent pour miser sur ses ressources, ses capacités d’innovation et son potentiel d’influence.

Conseiller chargé de la diaspora auprès du ministre Constant-Serge Bounda, Deve Maboungou entend ainsi nourrir le débat sur l’avenir de l’Afrique et la place de ses diasporas dans sa transformation.

Avec Décolonisons !, Deve Maboungou lance un message sans détour : l’Afrique ne pourra pleinement décider de son avenir que lorsqu’elle maîtrisera ses richesses, ses données et ses intérêts stratégiques.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-20 09:53:21

Congo – Musique : Roga Roga victime d’un malaise

Selon ses proches, le célèbre artiste musicien congolais, Roga Roga, a fait un malaise dans l’après-midi de lundi 19 octobre à Brazzaville.

La gravité dudit malaise n’a pas été spécifié. L’artiste a été admis en observation au CHU de Brazzaville.

À l’annonce de la nouvelle, un élan de solidarité et de soutien s’est manifesté en faveur de l’artiste dont tout le monde espère de bonnes nouvelles, en somme le rétablissement de sa santé.

Roga Roga reste un artiste emblématique pour ce Congo dont il porte bien haut l’étendard.

Prompt rétablissement à l’artiste !

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-19 20:45:00

Équateur – Église catholique : Un prêtre décède par chute de crucifix pendant la messe

Le drame a eu lieu dans l'église Notre-Dame du Perpétuel Secours à Guayaquil, où le père Patricio Sánchez Molinari officiait. Âgé de 53 ans, le prêtre a été tué par la chute d'un crucifix en bois pendant une messe retransmise en direct.

L'accident a été filmé et a été diffusé en direct, provoquant une émotion intense parmi les fidèles.

Le père Sánchez, qui avait évoqué la mort dans son homélie.  « Un jour, nous tous ici présents mourrons aussi ; et parfois, le temps que nous avons consacré à certaines choses n’aura pas autant de sens que le temps que nous aurons passé avec Dieu. Le temps de qualité que nous consacrons à Dieu, à nos frères et sœurs, à nos conjoints, à nos enfants et à notre famille, c’est là le temps le mieux employé», l’entend-on dire.

C’est quand il a demandé à ses fidèles de prier, que le crucifix s'est détaché et l'a frappé de dos.

Malgré les efforts des paroissiens pour lui porter secours, il n'a pas pu être sauvé.

L'archidiocèse de Guayaquil a exprimé sa compassion et a appelé à la prière pour le repos de son âme.

Une enquête a été déclenchée pour tenter de déterminer les causes de l’accident. 

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-19 18:47:22

Kibangou : Quand la nasse nourrit les familles

À Kibangou, dans le département du Niari, au sud du Congo, la pêche à la nasse reste une tradition ancestrale solidement ancrée dans les habitudes locales. Face aux difficultés du quotidien et à une route défoncée jusqu'à Dolisie et qui met les nerfs des usagers à rude épreuve, les populations continuent de puiser dans leur savoir-faire pour assurer leur subsistance.

À Kibangou, quand la route fait des siennes, la rivière, elle, continue de couler. Et pendant que les automobilistes négocient les nids-de-poule comme des candidats à un concours de conduite extrême pour rallier Dolisie, les femmes, elles, ont trouvé une autre manière de faire face aux défis de la vie : la pêche à la nasse.

Cette technique traditionnelle, transmise de génération en génération, témoigne de l'ingéniosité des populations locales. Avec leurs nasses habilement confectionnées et installées dans les cours d'eau, les femmes tentent de capturer du poisson pour nourrir leurs familles et, parfois, en vendre une partie pour améliorer leur quotidien.

Mais derrière cette image pittoresque se cache une réalité plus sérieuse : celle des populations qui doivent redoubler d'efforts pour survivre dans un environnement où les difficultés d'accès et l'état dégradé de la route compliquent les déplacements et les activités économiques.

À Kibangou, la tradition ne se contente donc pas de résister au temps,  elle contribue à remplir les marmites.  La pêche à la nasse illustre la capacité des communautés rurales à valoriser les ressources naturelles et à perpétuer des pratiques qui font partie de leur patrimoine culturel.

Reste à espérer que les infrastructures routières bénéficieront, elles aussi, d'une attention à la hauteur du courage de ces populations. Car si les femmes savent attraper le poisson, elles ne peuvent pas, à elles seules, réparer les routes.

En attendant, à Kibangou, chacun joue sa partition : les femmes surveillent leurs nasses, les familles espèrent une bonne prise et les automobilistes continuent de prier pour que leurs amortisseurs tiennent jusqu'à destination.

À chacun sa bataille : aux pêcheurs, la nasse ; aux conducteurs, le volant ; et aux pouvoirs publics, le défi de rendre la route praticable !

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR

Créé le 2026-10-19 12:22:44

Londela-Kaye : Traverser la rivière Mvibissi relève de l'exploit sportif !

Dans le district de Londela-Kaye, dans le département du Niari (sud), franchir la rivière Mvibissi est loin d’être une simple promenade de santé. Pour les populations, chaque traversée ressemble à une épreuve d'équilibre, sans caméra, sans récompense et surtout sans assurance tous risques. Au quotidien, les habitants doivent composer avec les difficultés liées à la traversée de ce cours d’eau. Là où un ouvrage de franchissement devrait faciliter les déplacements, c’est plutôt le courage, la prudence et parfois la débrouillardise qui servent de moyens de transport.

Pour les voyageurs, les commerçants et tous ceux qui doivent se rendre d’une rive à l’autre, la Mvibissi impose ses propres règles. Ici, pas question de traverser en regardant son téléphone ou en rêvassant : il faut garder les yeux ouverts, les pieds sûrs et les nerfs solides.

À Londela-Kaye, la rivière ne demande pas le prix du billet, mais elle exige parfois un véritable parcours du combattant. Et quand il faut passer, chacun devient spécialiste de la navigation, même sans diplôme de marin.

Cette situation rappelle l’urgence d’améliorer les infrastructures de franchissement dans cette partie du Niari. Un pont ou un aménagement adapté permettrait de sécuriser les déplacements, de faciliter les échanges commerciaux et de rapprocher davantage les communautés.

Les populations de Londela-Kaye ne demandent pas un pont suspendu entre le ciel et la terre, encore moins une infrastructure digne des grandes métropoles. Elles souhaitent simplement un passage sûr, praticable et durable.

Car, au XXIᵉ siècle, traverser une rivière ne devrait pas être une aventure dont on revient en héros, mais un déplacement ordinaire que chacun peut effectuer en toute sécurité.

À bon entendeur, salut !

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR

 

Créé le 2026-10-19 11:54:14

Niari : Quand les jeunes tendent leurs pièges aux "Mbendés" pour échapper au chômage

Faute d’emploi, de nombreux jeunes du Niari (sud) se tournent vers le piégeage des rats de brousse, communément appelés Mbendé. Dans les forêts et plaines, ces petits gibiers sont devenus une véritable source de revenus pour une jeunesse qui refuse de baisser les bras.

Quand les entreprises ne tendent aucune perche aux jeunes diplômés, eux tendent leurs pièges aux Mbendés. À défaut de décrocher un contrat de travail, ils espèrent capturer quelques rongeurs pour assurer leur pitance quotidienne.

Dans cette activité, pas besoin de CV, de lettre de motivation ni d’entretien d’embauche. Il faut surtout connaître la forêt ou la plaine, savoir placer ses pièges et faire preuve de patience.

Ici, le recrutement se fait au bout du piège, et le salaire dépend du nombre de Mbendés capturés. Un jour, la récolte est bonne ; le lendemain, les pièges restent désespérément vides. Même le gibier semble parfois pratiquer la politique de l'austérité.

Pour ces jeunes, le piégeage est bien plus qu'une activité de subsistance : c'est une preuve de courage, de débrouillardise et de dignité. Ils refusent de rester les bras croisés face au chômage et cherchent, avec les moyens du bord, à gagner leur vie.

Mais derrière cette ingéniosité se cache une réalité préoccupante : pourquoi la forêt ou la plaine devient-elle le principal employeur de certains jeunes du Niari ?

La chasse au Mbendé à Dolisie, Mossendjo, Makabana, Kibangou, Divenié...permet de survivre, mais elle ne saurait remplacer les emplois, les formations et les opportunités économiques dont la jeunesse a besoin.

En attendant, les jeunes continuent de poser leurs pièges. Dans le Niari, certains cherchent du travail en faisant le tour des entreprises ; d'autres vérifient leurs pièges en forêt.

Quand le marché de l'emploi ne mord pas à l'hameçon, les jeunes du Niari préfèrent miser sur le piège à Mbendé. Et dans cette entreprise forestière, le patron est un rongeur qui ne signe aucun contrat.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR

 

Créé le 2026-10-19 11:26:39

Congo – Grève des hôpitaux publics : les négociations entre le gouvernement et l’Intersyndicale se poursuivent et on note quelques avancées

Entamées le 13 octobre 2026, les négociations entreprises par le gouvernement, dirigées par le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala, en compagnie de son collègue de la Santé et de la Population, Jean-Rosaire Ibara et l’Intersyndicale du secteur de la santé, ont une fois de plus été suspendues. Néanmoins, à travers ces discussions, les lignes semblent bouger, avec une satisfaction partielle entre les parties prenantes pour une issue favorable, la levée totale de cette grève. 

En effet, les négociations vont bon train étant donné que certains points inscrits à l’ordre du jour des débats trouvent déjà leur un début de solutions, notamment, la reformulation sur la la vétusté des plateaux techniques dans les hôpitaux en République du Congo. Ceci avec le consentement des deux parties prenantes : la partie syndicale a reconnu les efforts du gouvernement en la matière. C'est ce que stipule en substance le relevé des conclusions partielles issues de deux jours de négociations.

Pendant les deux jours de négociations, le gouvernement et l'Intersyndicale du secteur de la santé ont pu échanger sur trois points, à savoir : le manque de plateaux techniques des hôpitaux ; le licenciement abusif des agents de santé et l'élaboration de l'arrêté conjoint déterminant la nature et le montant des indemnités et primes attribuées aux agents de santé.

Par conséquent, à l’issue des deux précédentes journées de négociations, les deux parties ont procédé à un réaménagement du traitement des points de revendication, ce conformément au relevé des conclusions partielles du 13 octobre 2026.

« Après des échanges francs et fructueux, les parties ont convenu et arrêté ce qui suit : s’agissant du manque de plateaux techniques des hôpitaux, les parties, après avoir reformulé l'intitulé de la revendication en termes d'insuffisance des plateaux techniques des hôpitaux, ont décidé de retirer cette revendication, eu égard aux efforts réels déjà entrepris par le gouvernement en vue d'améliorer et de moderniser les plateaux techniques des hôpitaux, sur l'ensemble du territoire national. A cet effet, l'Intersyndicale des travailleurs du secteur de la santé a vivement félicité les efforts consentis par le gouvernement par le truchement du ministère de la Santé et de la Population. Sur l'élaboration de l'arrêté conjoint, déterminant la nature des montants des indemnités et des primes attribuées aux agents de santé, cette revendication a été déclarée juridiquement recevable en vertu des articles 89 et 90 du décret n° 2012-63 du 27 février 2012 portant statut particulier des agents de la santé et des affaires sociales sous-secteur de la santé qui renvoient à la prise d'un arrêté gouvernemental sous le paiement des arriérés des salaires et des encours impayés des agents de santé. L'examen de cette revendication a été renvoyé à une prochaine séance compte tenu des contraintes auxquelles sont confrontés certains membres du gouvernement concernés par la question », a déclaré, Joseph Akoundjou Nguiambo, directeur général du travail.

De son côté, le ministre Pierre Mabiala a une fois encore exhorté les parties prenantes à plus de patience, de sérénité et de garder espoir.  

« Tous les points qui ont été indiqués dans la taille de l'émancipation et aux résultats auxquels nous avons abouti partiellement. Dans ces conditions, je voulais simplement dire que nous avons abordé des résultats importants mais qui sont des résultats partiels puisque le principe de la négociation n'est pas rompu, nos négociations se poursuivent jusqu'à ce qu'elles ne seront déclarées closes définitives. Pour l'heure, je déclare donc suspendue notre séance de négociations. Qui va reprendre, comme le dit le relevé des conclusions parcelles, à une date ultérieure », a conclu le ministre d’Etat, Pierre Mabiala.

VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-19 10:52:33

Moungoundou-Sud : Pour avoir de l'eau, les populations doivent boire le calice jusqu'à la source

Dans le Niari, les habitants de Moungoundou-Sud vivent un véritable parcours du combattant pour accéder à l’eau. Chaque jour, ils parcourent de longues distances pour remplir leurs récipients dans une rivière dont les eaux seraient polluées par les activités d’exploitation aurifère menées par des opérateurs chinois.

À Moungoundou-Sud, avoir de l’eau relève désormais d’une expédition. Bidons et bassines à la main, les populations prennent quotidiennement le chemin de la rivière, non pas pour une partie de pêche ou une promenade touristique, mais pour satisfaire un besoin aussi élémentaire que vital : boire, cuisiner et se laver.

Le plus inquiétant, c’est que cette rivière, qui devrait être une source de vie, est aujourd’hui pointée du doigt pour sa pollution présumée liée aux activités d’exploitation de l’or.

À Moungoundou-Sud, l’or brillerait pour certains, tandis que l’eau propre se ferait désirer pour tous les autres.


Ironie du sort, il faut parfois parcourir des kilomètres pour aller chercher une eau dont la qualité suscite des inquiétudes. Les populations portent leurs récipients, mais aussi le poids d'une situation qui menace leur santé et leur dignité.

Pendant ce temps, l’or continue de faire rêver. Mais à quoi sert la richesse du sous-sol si les habitants doivent risquer leur santé pour trouver de quoi remplir une bassine ? L’or ne se boit pas, ne se cuisine pas et ne remplace certainement pas l’eau potable !

L’humour s’arrête toutefois là où commence le danger sanitaire. Les autorités compétentes sont interpellées afin de faire vérifier la qualité de l’eau, d’établir les responsabilités en cas de pollution et de garantir aux habitants un accès à une eau saine.

Car, à Moungoundou-Sud, la population ne demande ni des pépites d’or ni des bijoux en diamant. Elle réclame simplement de l’eau potable, sans devoir traverser la moitié du monde pour remplir un bidon.

L’or peut enrichir les poches, mais l’eau potable doit préserver les vies. À Moungoundou-Sud, il est temps que la santé des populations pèse plus lourd que les pépites d’or !

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR

Créé le 2026-10-19 10:51:24

MILA-MILA : Au Poste de contrôle, le képi a son propre tarif !

Au poste de contrôle de Mila-Mila dans le département du Niari (sud), il semblerait que présenter ses papiers ne suffise pas toujours pour poursuivre tranquillement sa route. Selon des témoignages, que le chauffeur soit en règle ou non, il devrait mettre la main à la poche pour satisfaire les exigences financières de certains policiers ou gendarmes, de jour comme de nuit. Le plus étonnant ? Le montant varierait selon la tête du chauffeur. Ici, pas de tarif affiché, pas de facture, encore moins de reçu. Le chauffeur paie et poursuit sa route. Une véritable caisse sans guichet où le képi semble faire office de terminal de paiement.

À Mila-Mila, faut-il désormais prévoir, en plus du carburant, un budget spécial pour franchir le poste de contrôle ? Les automobilistes qui pensaient simplement présenter leurs documents risquent de découvrir une nouvelle rubrique dans leurs dépenses : les « frais de circulation imprévus ».

Blague à part, la situation est préoccupante. Les policiers et les gendarmes ont pour mission de faire respecter la loi et de protéger les usagers. Le poste de contrôle ne doit en aucun cas devenir un lieu de perception d'argent sans fondement légal.

Si ces pratiques sont établies, les autorités compétentes doivent ouvrir des vérifications et prendre les mesures nécessaires. Les usagers ont droit à des contrôles transparents, au respect de leurs droits et à la fin de toute pression financière injustifiée.

Car enfin, un poste de contrôle est destiné à contrôler, pas à transformer chaque automobiliste en distributeur automatique de billets !

À Mila-Mila, il est temps que la transparence reprenne ses droits. Le képi mérite le respect, mais il ne donne à personne le pouvoir d'inventer sa propre taxe routière.

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photo : DR

 

Créé le 2026-10-19 09:49:37

Obsèques 2.0 : on enterre sur WhatsApp et on pleure par émojis (Par Jarele SIKA)

La dernière mode funéraire au Congo et en Afrique : cotiser par transfert, présenter ses condoléances en ligne et assister à l’enterrement sans quitter son canapé. Drôle d’époque. Aujourd’hui, pour accompagner un parent, un ami ou une connaissance à sa dernière demeure, plus besoin de se déplacer. Un smartphone, une connexion Internet et un forum WhatsApp suffisent. Bienvenue dans l’ère des obsèques 2.0, où l’on peut enterrer quelqu’un sans même quitter son salon.

Dès l’annonce du décès, le premier informé devient aussitôt administrateur du forum. En quelques minutes, le groupe est créé, les membres sont ajoutés et les cotisations lancées. Les condoléances pleuvent, les messages défilent à une vitesse impressionnante. Entre deux « Courage à la famille » et quelques émojis de larmes, chacun tient à prouver qu’il est bien présent virtuellement.
 
 Une commission d’organisation est mise en place, un trésorier est désigné pour recevoir les transferts et un tableau Excel est créé. Ici, pas de place pour l’improvisation,  chaque contribution est enregistrée, chaque montant comptabilisé et le total communiqué à tous.
 
Même les finances des obsèques sont désormais plus transparentes que certains budgets publics !
 
Puis vient le grand jour. La date de l’enterrement est annoncée. Les plus connectés réclament des photos, des vidéos et surtout une retransmission en direct. « Envoyez-nous les images ! » devient le mot d’ordre.
 
 À croire que certains ont acheté un billet pour un spectacle funèbre, sauf qu’ils veulent le regarder gratuitement depuis leur canapé.
 
Pendant ce temps, sur place, les proches portent leur douleur, accueillent les visiteurs, organisent la veillée et accompagnent le défunt au cimetière. Eux vivent réellement le deuil. Les autres suivent les opérations depuis leur écran, entre deux occupations et quelques messages de compassion.
 
Et au retour de l’enterrement, c’est le clap de fin.
 
 L’administrateur, qui avait réuni tout ce beau monde, supprime le forum. Rideau ! Le défunt est enterré, les cotisations sont terminées, les vidéos ont circulé et chacun retourne à ses occupations. Affaire classée.
 
Mais une question demeure : qui est allé rendre visite à ceux qui sont restés sur place, épuisés par les préparatifs et accablés par la douleur ? Qui a pris le temps de s’asseoir auprès de la famille, de partager un repas, de tendre une main ou simplement d’offrir une présence silencieuse ?
 
Pour les absents, les excuses ne manquent jamais : la distance, le travail, les enfants, le manque de moyens, le prix du transport… Autant de raisons parfois parfaitement légitimes. Car tout le monde ne peut pas se déplacer, et la solidarité numérique permet aussi de soutenir ceux qui traversent une épreuve.
 
Le problème n’est donc pas WhatsApp. C’est lorsque le téléphone devient un substitut à la présence, que le transfert d’argent remplace la compassion et que les messages tiennent lieu de visite.
 
À force de numériser nos relations, ne sommes-nous pas en train de déshumaniser nos traditions ?
 
La technologie est une bénédiction lorsqu’elle rapproche ceux que la distance sépare. Elle devient une drôle de malédiction lorsqu’elle nous donne l’illusion d’avoir rempli tous nos devoirs envers les morts et les vivants.
 
Car, au fond, le défunt n’a plus besoin de nos messages. Ce sont les vivants qui ont encore besoin de nous, ceux qui pleurent, ceux qui veillent, ceux qui organisent et ceux qui, après les obsèques, doivent apprendre à vivre avec l’absence.
 
Alors, continuons à créer des forums WhatsApp, à envoyer nos contributions et à présenter nos condoléances en ligne. Mais n’oublions jamais l’essentiel,  un clic peut envoyer de l’argent, un message peut exprimer la compassion, mais aucune connexion Internet ne remplacera jamais une présence humaine.
 
À ce rythme, demain, nous organiserons peut-être les funérailles par visioconférence, avec un abonnement premium pour les gros pleureurs et un forfait spécial pour les condoléances illimitées.
 
Sur  WhatsApp, tout le monde peut être présent aux obsèques. Mais dans la vraie vie, la solidarité se mesure aussi aux pas que l’on fait pour rejoindre ceux qui souffrent.
 
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
 
Photo : DR

Créé le 2026-10-19 09:00:46

Mossendjo-Mbinda : une route qui a pris un sérieux coup de vieux !

Entre nids-de-poule, chaussée dégradée et trajets interminables, la route reliant Mossendjo à Mbinda dans le département du Niari (sud) donne du fil à retordre aux automobilistes. Sur cet axe stratégique (127km), chaque voyage ressemble de plus en plus à une épreuve d’endurance, où les amortisseurs sont mis à rude contribution et la patience des usagers constamment sollicitée.

À force de slalomer entre les trous, les conducteurs finiront par se demander s’ils sont encore sur une route ou sur un terrain d’entraînement pour pilotes de rallye. Ici, le volant ne sert plus seulement à conduire : il devient un véritable instrument de navigation, tandis que les amortisseurs, eux, mériteraient presque une prime de risque.

La dégradation de la route Mossendjo-Mbinda complique les déplacements des populations, ralentit les activités économiques et fragilise les échanges entre les localités concernées.

Pour les transporteurs, les conséquences peuvent être lourdes : consommation accrue de carburant, usure prématurée des véhicules, coûts d'entretien élevés et temps de trajet rallongés. Pour les passagers, le voyage peut se transformer en séance de gymnastique involontaire, avec des secousses offertes gratuitement, mais dont personne ne réclame l'abonnement.

Pourtant, cet axe routier représente un enjeu important pour le développement économique de cette partie du pays. La circulation des personnes, l'évacuation des produits agricoles et le transport des marchandises dépendent largement de la qualité des infrastructures.

Mossendjo et Mbinda méritent mieux qu'une route où chaque nid-de-poule semble avoir élu domicile pour un mandat à durée indéterminée. Les populations ont besoin d'une voie praticable, entretenue et adaptée aux enjeux économiques de leur région.

L'urgence est donc à l'action. Les autorités compétentes sont appelées à accorder une attention particulière à cet axe, en envisageant des travaux de réhabilitation et un programme d'entretien régulier.

Car, si l'humour permet de dénoncer la situation avec le sourire, il ne saurait remplacer le goudron. Et à Mossendjo comme à Mbinda, les automobilistes préféreraient certainement voir les engins de travaux publics débarquer plutôt que de continuer à tester la solidité de leurs véhicules.

Une route en bon état n'est pas un luxe : c'est une nécessité pour le désenclavement, la sécurité des usagers et le développement économique.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photos : DR

 

 

 

Créé le 2026-10-17 10:39:42

Congo – Santé : poursuite des négociations entre le gouvernement et les travailleurs de la santé, suspendus derechef

Les négociations entamées le 13 octobre 2026, suspendues et reprises le 16 octobre dernier, ont une fois de plus été suspendues. Les discussions vont reprendre ce samedi 17 octobre 2026, afin de trouver des conclusions définitives, pour la bienveillance des parties prenantes. Dès les 5 points inscrits à l’ordre du jour, 2 ont pu être abordés et les 3 autres le seront pendant la reprise des travaux prévue pour ce samedi 17, au Palais des Congrès de Brazzaville. Aussi, les négociations entre le gouvernement et le l’Intersyndicale du secteur de la santé se poursuivent-elles de façon continue. 

Pour la reprise des travaux, toujours sous la direction du ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Pierre Mabiala et son collègue, ministre de la Santé et de la Population, Jean-Rosaire Ibara, en face des éternels partenaires sociaux, les syndicats du FASYTRASAS et du FENASAS et des centrales syndicales de la CSTC et de la CSC.

Ainsi, parmi les 5 points restés inscrits à l’ordre du jour, deux ont pu être traités. Il s’agit de : la tenue des commissions administratives paritaires (CAP) et la situation des licenciements abusifs des agents de santé, qui étaient au nombre de treize (13).

Du point sur les licenciements abusifs des travailleurs de la santé, l’affaire devra être envoyée à la justice. Celle-ci qualifier les faits : l’infraction ou les fautes commises par ces-derniers. Ça doit être le juge. Ce ne peut être ni les syndicalistes, ni les employeurs. Mais c'est le juge seul, ce n'est pas à eux de qualifier…

Les 3 autres points restés en discussion seront abordés puis traités ce samedi, lors de la reprise des travaux. Ce sont : le manque de plateau technique des hôpitaux ; l'adoption du cahier de revendication ; l'élaboration de l'arrêté conjoint déterminant la nature et les montants des indemnités et permis attribués aux agents de santé par les ministres en charge de la santé et celui des finances.

L’objectif majeur des négociations entre le gouvernement de la République et les syndicats des travailleurs est le dénouement définitif et total des mouvements de grèves des travailleurs. L’idéal premier d’un agent de santé est de sauver la vie humaine. Avec l’espoir que ces négociations vont déboucher à la signature d’un accord qui mettre au même diapason, les deux parties prenantes en discussion.

VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-17 10:19:25

Quand la majorité se trompe : le paradoxe de la démocratie (Par Charles Abel Kombo)

La démocratie repose sur une idée simple : le peuple participe aux décisions qui concernent la vie de tous. Mais une question demeure : être majoritaire signifie-t-il forcément avoir raison ? L'Histoire nous montre que non. Une majorité peut se tromper. Elle peut être mal informée, emportée par ses émotions, influencée par les réseaux sociaux ou simplement suivre une idée parce que tout le monde autour d'elle la partage. À l'inverse, une personne ou un petit groupe peut avoir raison avant d'être entendu par le plus grand nombre.
 
Le nombre donne une force politique. Il ne donne pas automatiquement la vérité. C'est là que la pensée de Rousseau et de Montesquieu nous aide à réfléchir.
 
*I - ROUSSEAU : la volonté du peuple*
 
Pour Rousseau, la démocratie doit rechercher ce qu'il appelle la "volonté générale" : ce qui sert l'intérêt commun, et pas seulement les intérêts particuliers.
 
Mais une difficulté apparaît : comment savoir ce qui correspond réellement à l'intérêt de tous ? Le danger commence lorsque certains pensent parler au nom du peuple et considèrent que ceux qui ne sont pas d'accord sont forcément contre le peuple.
 
On passe alors de : « Nous sommes majoritaires » à : "Nous avons forcément raison". Or, ces deux phrases ne veulent pas dire la même chose.
 
*II - MONTESQUIEU : même la majorité doit avoir des limites*
 
Montesquieu nous rappelle une autre réalité : tout pouvoir peut être tenté d'aller trop loin.
 
Il écrit : « Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». Autrement dit, même un pouvoir élu doit rencontrer des limites.
 
C'est pourquoi une démocratie a besoin de règles, de juges indépendants, d'une presse libre, d'institutions solides et surtout de la possibilité de dire non.
 
Une majorité peut décider. Mais elle ne doit pas pouvoir tout décider. Une élection donne le pouvoir de gouverner. Elle ne donne pas le droit de supprimer la liberté de ceux qui pensent autrement.
 
*III - NOTRE ÉPOQUE : quand le nombre devient une illusion de vérité*
 
Les réseaux sociaux rendent cette question encore plus importante. Comme le démontre si bien la journaliste Domi Tchimbakala qui vient de publier un livre intitulé "Le virus invisible"
 
Une fausse information peut être partagée par des milliers ou des millions de personnes. À force d'être répétée, elle peut donner l'impression d'être vraie. Mais une idée ne devient pas vraie parce qu'elle est populaire.
 
De la même manière, une idée minoritaire n'est pas forcément fausse parce qu'elle est minoritaire. C'est pourquoi le citoyen doit conserver une liberté essentielle : celle de réfléchir par lui-même.
 
La démocratie n'est donc pas seulement le pouvoir de la majorité. Elle est aussi la capacité d'une société à écouter la minorité, accepter la contradiction, vérifier les faits et reconnaître ses erreurs. Car le véritable danger n'est pas seulement qu'une majorité se trompe. Le véritable danger commence lorsque plus personne n'a le droit de lui dire qu'elle se trompe.
 
Somme toute, la démocratie ne nous garantit pas que nous prendrons toujours les bonnes décisions. Elle nous donne quelque chose de plus précieux : la possibilité de discuter, de corriger et de recommencer. Car la mémoire des peuples ne doit être ni une vengeance permanente, ni une amnésie confortable. Elle doit être une conscience.
 
Et une conscience ne se vote pas. Elle s'exerce.
 
*Charles Abel Kombo*
Économiste et observateur des politiques publiques
 

Créé le 2026-10-17 09:55:37

Congo – Monde du travail : Réaménagement en Conseil des ministres des horaires applicables dans les différentes administrations

Le gouvernement a adopté le 14 octobre en Conseil des ministres, un décret réaménageant les horaires de travail des agents de l’État. Cette disposition vise à remettre la ponctualité et la présence effective des fonctionnaires à leur poste de travail, pour améliorer la qualité des services rendus aux usagers.

Les retards, les absences injustifiées et le non-respect des horaires de service sont dans le viseur des autorités congolaises. Réuni le 14 octobre au Palais du Peuple, sous la présidence de Denis Sassou-N’Guesso, le Conseil des ministres a adopté un décret fixant la durée journalière du travail et les horaires applicables dans les administrations publiques, les établissements publics à caractère administratif, les services des institutions constitutionnelles et les collectivités locales.

Le nouveau dispositif fixe la durée du travail à sept heures par jour, soit 35 heures par semaine, réparties sur cinq jours, du lundi au vendredi.

Pour les administrations fonctionnant en journée continue, les horaires passent de 7 h à 14 h à 8 h à 15 h, avec une pause de 30 minutes prévue entre 12 h et 12 h 30.

Les services organisés en deux périodes de travail devront, quant à eux, fonctionner de 8 h à 12 h 30, puis de 13 h 30 à 16 h 30, conformément aux dispositions présentées au Conseil des ministres.

Des aménagements spécifiques sont également prévus pour les secteurs dont les activités nécessitent un fonctionnement par roulement ou par rotation, notamment dans l’éducation nationale.

Des bureaux vides de leurs occupants parfois bien longtemps après le début du travail, c’est le spectacle qu’offre certaines administrations congolaises, tant ceux qui y prestent sont presque des « travailleurs fantômes ». Ils viennent au travail à leur guise, avec des justifications d’absence ou de retard aussi fallacieuses les unes que les autres et bénéficient même de la quasi complicité de leurs responsables. « Après tout, c’est le travail de l’État, il ne finit jamais. » s’entend-t-on dire.

À travers ce réaménagement, le message du gouvernement est sans équivoque : renforcer la discipline professionnelle et rétablir la régularité dans le fonctionnement des services publics.

Au-delà du simple réaménagement des horaires, les autorités veulent responsabiliser davantage les agents civils de l’État et faire du respect des obligations professionnelles une règle incontournable.

Reste que l’une des raisons évoquées par les retardataires au travail, est la difficulté de déplacement, relative aux transports en commun, surtout au moment d’aller au boulot. Une réalité bien palpable, qui appelle des solutions et que l’on ne saurait éluder. Autrement, cet état de fait constituera un goulot d’étranglement pour les mesures ainsi prises.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

Créé le 2026-10-16 21:32:02

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