Alors que la campagne présidentielle bat son plein à Brazzaville, une date continue de résonner dans les cœurs et les esprits : celle du 4 mars.
Au-delà des meetings, des caravanes et des affiches, le souvenir de cette journée reste profondément ancré dans la mémoire collective nationale. Chaque année, il rappelle aux Congolais la fragilité de la paix, mais aussi la force de la résilience d’un peuple debout.
Une mémoire qui unit
Dans plusieurs quartiers de la capitale, le 4 mars n’est pas une date comme les autres. Il est synonyme de recueillement, de prière et de solidarité.
« La campagne peut mobiliser les foules, mais elle ne peut effacer la mémoire », confie un habitant de Ouenzé. « Le 4 mars nous rappelle que la paix est précieuse et qu’il faut la préserver à tout prix. »
Ce devoir de mémoire transcende les appartenances politiques. Il rappelle que la nation se construit aussi dans l’épreuve et dans la capacité à se relever ensemble.
La résilience comme héritage
Les stigmates du passé ont laissé place à une volonté commune : celle de consolider la stabilité et de tourner les pages sombres de l’histoire sans jamais les oublier.
« Se souvenir, ce n’est pas raviver les douleurs, c’est honorer les victimes et renforcer notre engagement pour un Congo apaisé », témoigne une mère de famille rencontrée au centre-ville de Brazzaville.
Dans cette période électorale, où les discours se multiplient et les promesses abondent, le 4 mars agit comme un rappel solennel : le développement et la démocratie ne peuvent s’épanouir que dans un climat de paix durable.
Une leçon pour l’avenir
La campagne présidentielle, aussi dynamique soit-elle, s’inscrit donc dans un contexte mémoriel fort. Elle ne gomme ni les cicatrices ni les leçons du passé. Au contraire, elle offre l’opportunité de réaffirmer un engagement collectif envers la stabilité et la cohésion nationale.
« Nous voulons un avenir meilleur, mais un avenir qui respecte notre histoire », souligne un jeune étudiant.
À Brazzaville, en ce mois de mars, la ferveur électorale cohabite ainsi avec la gravité du souvenir. Une cohabitation qui témoigne de la maturité d’un peuple conscient que la mémoire est le socle sur lequel se bâtit l’espérance.
Elles sont un peu plus de 130.000 familles vivant entre précarité et oisiveté, depuis la destruction de leurs maisons ainsi que la perte de tous leurs biens, depuis le drame du 4 mars 2012.
14 ans après, plusieurs sinistrés du quartier Mpila, continuent à revendiquer la reconstruction de leurs habitations soufflées par les explosions d'un dépôt d'armes et de munitions de l'armée.
L’épicentre des explosions et les zones d’habitation ont été déminés après le drame avec l’aide des Nations unies. Sur le site de l’explosion a été érigé un bâtiment flambant neuf, la mairie du sixième arrondissement de Brazzaville, dans la cour de laquelle flotte le drapeau du Congo. Aux alentours, des logements sociaux sont également sortis de terre mais restent inoccupés, pour une raison inexpliquée.
L’Etat a également construit de nouvelles casernes, cette fois à la périphérie de la ville.
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville