Le Président de la République du Congo, Denis Sassou-N’Guesso, a dressé, lors du sommet extraordinaire de la CEMAC dont l’ordre du jour était axé sur la situation financière de la région et la conclusion des programmes économiques avec le Fonds monétaire international (FMI) afin d’éviter un effondrement de l’économie régionale, un tableau lucide mais résolument optimiste de la situation économique de l’Afrique centrale. Dans un contexte mondial encore marqué par des incertitudes géopolitiques, climatiques et financières, le Chef de l’État a salué la résilience remarquable des économies de la sous-région, caractérisée par un retour progressif de la croissance et une inflation globalement maîtrisée.
Pour Denis Sassou-N’Guesso, ces indicateurs positifs traduisent les efforts consentis ces dernières années par les États d’Afrique centrale, en lien avec les institutions financières régionales et internationales. Réformes macroéconomiques, discipline budgétaire, amélioration de la gouvernance et diversification progressive des économies ont permis de stabiliser les cadres économiques et de restaurer la confiance des partenaires.
En saluant la résilience économique de l’Afrique centrale, Denis Sassou-N’Guesso a voulu porter un message d’espoir et de vigilance. Un espoir fondé sur des indicateurs en amélioration, mais aussi une vigilance constante pour que cette dynamique positive se traduise, sans délai, par une amélioration concrète et durable des conditions de vie des populations.
Les échanges entre Chefs d’État ont permis de dégager un consensus sur un ensemble de mesures immédiates et structurantes destinées à renforcer la solidité financière de la zone CEMAC et à préserver la monnaie commune.

À cet effet, les Chefs d’État ont validé un plan d’action rigoureux articulé autour du rapatriement des recettes d’exportation : obligation stricte faite aux acteurs économiques, notamment du secteur extractif, de rapatrier leurs devises afin de renforcer durablement les réserves de change.
Les dirigeants de la région ont exigé une discipline budgétaire : alignement renforcé des politiques nationales sur les critères de convergence communautaires et les programmes conclus avec le FMI.
Ils veulent aussi une transparence et gouvernance financière : généralisation du Compte Unique du Trésor et accélération de la digitalisation des régies financières.
Les chefs de l’Etat ont plaidé pour une souveraineté économique et alimentaire : soutien affirmé à une stratégie de substitution aux importations afin de réduire la dépendance extérieure et de sécuriser l’approvisionnement des populations.
Le Sommet s’est achevé par une instruction ferme donnée à la Commission de la CEMAC et à la BEAC de produire, avant les réunions de printemps d’avril 2026, un rapport d’étape précis, assorti d’indicateurs mesurables et de calendriers de mise en œuvre.
Quatre chef d’Etat de la CEMAC sur six ont participé à la rencontre de Brazzaville. En plus du Président hôte Denis Sassou-N’Guesso et à celui du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, il y avait Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale) et Faustin Archange Touadera (Centrafrique). Celui du Cameroun, Paul Biya et du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno étaient absents.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
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