Alors que le prix du billet par avion homologué pour le trajet Brazzaville-Pointe-Noire est de 40.000 francs CFA, taxe individuelle aéroportuaire comprise, la rareté des vols assurés dorénavant par la seule compagnie Canadian Airways, qui plus est avec un seul avion, crée une véritable surenchère. Désormais, le billet se négocie jusqu’à 100.000 francs CFA l’aller simple. Des agences fictives ou plutôt des réseaux mafieux, achètent en stocks des billets et les revendent en toute impunité à des prix exorbitants. Les usagers tout comme la compagnie, appellent les pouvoirs publics à remédier à cette situation.
Le voyage de Brazzaville à Pointe-Noire par avion et vice-versa est désormais quasiment impossible pour quiconque aimerait l’effectuer en urgence.
Trouver un billet se révèle être un véritable parcours du combattant car seul un avion, celui de la compagnie Canadian, assure désormais la desserte et l’attente est longue pour avoir de la place.

Surfant sur la loi de l’offre et de la demande qui exprime ici toute sa dureté, des esprits malintentionnés ont flairé à travers cette situation, un filon juteux, le moyen de s’enrichir au détriment des voyageurs en détournant vers des réseaux mafieux la vente des billets, majorés du « pizzo », cette taxe mafieuse indexée sur les produits, dans les zones qui sont sous l’emprise de la mafia.
Alors que le tarif autorisé pour un aller simple est de 40.000 francs CFA, il faut désormais débourser entre 60, 80, voire 100.000 francs CFA, selon l’affluence et le jour, pour dégoter un billet.
Pire encore, il faut dans la plupart des cas, passer par des intermédiaires qui de mains en mains, appliquent leurs surtaxes, qui ne sont en fait que du rackett pure et simple.
La compagnie Canadian Airways Congo a publié un communiqué en date du jeudi 22 janvier, dans lequel elle dénonce cette « pratique abusive » concernant la revente de ses billets. Bien plus, elle conclu en précisant avoir « officiellement saisi les autorités pour dénoncer ces agissements et demander une répression sévère des fraudes ».

Et c’est là où tout le monde se demande pourquoi la ministre Ingrid Eboukaka Babakas reste-t-elle sourde aux nombreux cris de détresse, ces plaintes devenues complaintes, des voyageurs obligés de subir la loi des sans foi ni loi.

Peut-être que le ministère des transports et de l’aviation civile devrait-il se bouger un peu plus, car pour les congolais voyageant par avion, tant sur les lignes nationales qu’internationales, le compte n’y est pas.
Parlant des lignes internationales, maintes fois les congolais voyageant par la compagnie Air France ont interpellé les autorités sur les contraintes structurelles et autres ‘’travel frictions’’ qui entourent la desserte de Brazzaville.

Un fait paraît paradoxal, partant de Paris, la ville de Kinshasa est à égale distance que celle de Brazzaville, à vol d’oiseau. Pourtant le billet pour Kinshasa est moins cher que celui de Brazzaville en toutes saisons, avec des différences allant de 100 à 200 euros, voire 300 euros.
Voyageant régulièrement dans les mêmes avions avec leurs voisins d’en face, les congolais de Brazzaville ne cachent pas leur incompréhension, quand ceux-ci leur font état du prix de leur billet.
Cette différence de traitement à laquelle les autorités congolaises semblent indifférentes, alimente du reste certaines rumeurs pourtant fallacieuses, sur un prétendu ‘’pizzo’’ prélevé sur les billets Paris-Brazzaville et vice-versa. Ce qui naturellement semble faux.
Alors, pourquoi la desserte Brazzaville-Paris-Brazzaville, 6037 kilomètres, serait-elle 20 à 30 pour cent plus chère que Paris-Kinshasa, 6021 kilomètres ? Autant de disparités que le ministère des Transports devrait évoquer avec ses partenaires qui assurent la desserte de Brazzaville.
Que dire des commodités de voyage, notamment le type d’avions dont la version est de moyenne gamme en terme de commodités et qui sont toujours affectés à la desserte Paris-Kinshasa-Brazzaville, comme si les conditions de voyage sur ces lignes, importaient peu.
À propos de commodités de voyage, le ministère gabonais des Transports a annoncé le mercredi 14 janvier 2026, une évolution majeure de la desserte aérienne Libreville–Paris opérée par Air France.
À l'issue d'une réunion entre le ministre d'État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi et la direction locale de la compagnie, il a été confirmé qu'à partir de mars 2026, la ligne sera assurée par des appareils de nouvelle génération, Boeing 787-8 « Dreamliner » et Boeing 777, dotés de cabines modernisées.

De pareilles avancées paraissent encore utopiques pour les congolais, sur la desserte Paris-Brazzaville.
Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville