Invitée principale de l’émission « 30 jours pour convaincre en toute transparence », Madame Rosalie Matondo, ministre de l’Economie Forestière, a annoncé que « Chaque année, le secteur forestier rapporte au Congo-Brazzaville entre 11 et 14 milliards de francs CFA au titre des taxes forestières ». Un chiffre révélateur de l’importance stratégique de la forêt dans l’économie nationale et du rôle clé qu’elle joue dans la mobilisation des ressources publiques.

Grâce à l’exploitation encadrée du bois, l’État renforce ses recettes fiscales, contribuant ainsi au financement des infrastructures, des services sociaux et du développement local, notamment dans les zones rurales où l’activité forestière est fortement implantée.

Ces ressources constituent un levier essentiel pour la mise en œuvre des politiques publiques et la lutte contre la pauvreté.
Au-delà de l’aspect financier, les taxes forestières traduisent aussi la volonté des autorités de promouvoir une gestion durable et responsable des forêts congolaises, parmi les plus vastes et les plus riches d’Afrique centrale. Certification, traçabilité et respect des normes environnementales deviennent progressivement des exigences incontournables.
En valorisant sa forêt tout en la préservant, le Congo-Brazzaville affirme une ambition claire : faire du patrimoine forestier un moteur de croissance durable, créateur de richesse, d’emplois et d’espoir pour les générations présentes et futures.
Le secteur forestier congolais a historiquement été le principal moteur de l’économie nationale. Naguère principale source de recettes au budget de l’État, jusqu’à la découverte des gisements de pétrole au Congo.
Depuis 2016, les emplois créés dans le secteur forestier sont estimés actuellement à 7 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects. Les salaires et les infrastructures créés à travers les activités de ce secteur permettent un développement socio-économique et le désenclavement de l’arrière- pays. Il est de notoriété publique que, de nos jours le bois, autrement dit « l’or vert », se place au second plan de l’économie nationale après le pétrole dit « or noir ».
Le Congo possède d’importantes ressources forestières constituées d’environ trois cents essences de bois d’œuvre et de nombreux produits forestiers non ligneux, dont la valorisation optimale devrait largement contribuer à la diversification de l’économie nationale.

Il faut rappeler qu’à ce jour, la contribution du secteur forestier au PIB est de l’ordre de 5-6%. L'économie forestière englobe les activités liées à l'exploitation forestière à impact réduit, la gestion et la conservation de la biodiversité faunique et floristique, l’afforestation et le reboisement, le tout sur fond de gestion durable par le biais de l’aménagement forestier, de certification forestière et de bonne gouvernance.
Ces activités sont économiques et sociales car elles contribuent à l’essor économique nationale, à la lutte contre la pauvreté au sein des communautés riveraines et à la création de nombreux emplois faisant de ce secteur le deuxième pourvoyeur d’emplois après la fonction publique.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
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