Il y a des jours où la route réserve des surprises. Dans un village du Mayombe, un camion-citerne, visiblement propriété de la société nationale des pétroles du Congo (SNPC), en provenance de Pointe Noire pour l’intérieur du pays, transportant près de 30 000 litres de pétrole, s'est renversé. Heureusement, aucune vie n'a été perdue. C'est déjà la meilleure des nouvelles.
Mais à peine le camion couché, un autre spectacle a commencé. Comme si une annonce avait été diffusée sur toutes les radios du pays : « Distribution exceptionnelle de carburant, premier arrivé, premier servi ! » En quelques minutes, bidons, seaux, bassines et tout récipient capable de contenir un liquide sont sortis des maisons plus vite que les pompiers.
Le pétrole, d'habitude si difficile à obtenir, avait soudain décidé de rendre visite aux populations. Et certains n'ont pas voulu laisser repartir cet invité inattendu les mains vides.
Le plus étonnant, c'est le courage – ou l'inconscience – de certains. Face à un produit hautement inflammable, ils se comportaient comme s'ils remplissaient de l'eau à la fontaine du village. Pourtant, une simple étincelle aurait pu transformer cette scène en une tragédie nationale.
Cette histoire rappelle une vérité simple : la pauvreté pousse parfois les populations à prendre des risques que personne ne devrait courir. Ce n'est pas seulement une question de carburant, c'est aussi une question de conditions de vie et de sensibilisation aux dangers.
Espérons que les autorités feront toute la lumière sur les circonstances de cet accident et renforceront les mesures de sécurité sur cet axe routier.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
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