Congo – Mines & Energie : vers la reprise de l’exploitation de son plus grand gisement de potasse

Congo – Mines & Energie : vers la reprise de l’exploitation de son plus grand gisement de potasse

C’est à l'occasion de la Conférence ’’Mining on Top Africa’’, organisé les 7 et 8 juillet dernier à Paris en France, que le ministre des Industrie minières et de la Géologie, Urbain Fiacre Opo, a annoncé que le pays ambitionne de relancer la production industrielle de la potasse dès 2027. Le projet est porté par la filière congolaise du groupe chinois Luyuan Mines Investment, qui construit actuellement l'usine de Mboukoumassi dans le département du Kouilou, sur la façade maritime au sud-ouest de Pointe-Noire. 

En effet, le Congo veut renouer avec l'exploitation de l'une de ses plus importantes richesses minières, la potasse. Les premiers essais de production sont attendus d'ici la fin de l'année 2026 avec une mise en exploitation commerciale prévue au premier trimestre de 2027. Cette annonce marque une étape importante pour une filière à l'arrêt depuis 1977.

Lancé en 2018, le chantier de Mboukoumassi avait été interrompu en 2020, en raison des difficultés financières avant de reprendre en 2023.

Selon la convention minière, l'usine devrait produire 600.000 tonnes de chlorure de potassium par an, lors de la première phase, avec un objectif de monter en puissance jusqu'à 2 millions de tonnes par an.

La potasse est un minerai stratégique utilisé principalement dans la fabrication des engrais agricoles. Face à la croissance démographique mondiale et aux besoins croissants en sécurité alimentaire, la demande internationale reste soutenue, faisant de cette ressource un marché particulièrement attractif.

Le potentiel congolais suscite d'ailleurs un intérêt grandissant de la part des investisseurs internationaux. Parmi eux figure le groupe du milliardaire nigérien Aliko Dongote, qui envisage un investissement estimé à 3 milliards de dollars américains (soit 1.950 milliards de F.CFA) pour développer cette filière et accompagner la valorisation des importantes réserves de potasse du pays. Au-delà de la production minière, ce projet pourrait générer des milliers d'emplois directs et indirects, stimuler les infrastructures industrielles et renforcer les importations du Congo.

Pour les autorités congolaises, la relance de la potasse s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, afin de réduire progressivement la dépendance du pays aux revenus pétroliers. Avec ses importantes réserves minières, le Congo entend ainsi se positionner parmi les futurs acteurs majeurs du marché mondial de la potasse, aux côtés des producteurs historiques comme le Canada, la Russie et la Biélorussie, etc.

Au-delà d'une simple reprise industrielle, la relance de la filiale potasse pourrait ouvrir un chapitre du développement minier congolais et relancer ainsi la place du pays dans les chaînes d'approvisionnement mondiales en matière première stratégique.

Il faut signaler qu’avec des réserves extractibles estimées à 242,5 millions de tonnes, Mboukoumassi constitue l'un des principaux projets miniers de diversification du Congo, sa mise en production est désormais attendue au premier trimestre de 2027.

Photos : DR 

VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville / Source : MAG NEWS 24