France : Deux séries de Samuel Fosso exposés à gare de Lyon à Paris pour rendre hommage aux tirailleurs africains

La Maison européenne de la photographie (la MEP) s’est associée à la SNCF - Gares Connexions, pour exposer deux séries récentes de l’artiste Samuel Fosso, à la gare de Lyon située dans le 12ème arrondissement de Paris, la ville lumière. Cette présentation s’inscrit dans le cadre de sa rétrospective à la MEP (jusqu’en mars 2022).

Devant l’entrée principale, la première série, de 2013, Allonzenfans, représente deux totems rendant hommage aux tirailleurs sénégalais, des soldats qui se sont joints aux armées françaises durant les deux guerres mondiales.

La deuxième série, Sixsixsix, regroupe un ensemble de ses portraits polaroïd en grand format, réalisés entre 2015 et 2016.

Photographe camerounais contemporain, Samuel Fosso travaille autour de l’autoportrait et de la métamorphose.

Depuis 10 ans, la SNCF s’engage à accompagner des artistes éminents dans le domaine de la photographie, notamment en leur réservant des espaces dans les gares.

Mêlant le médium photographique, le genre de l’autoportrait et la performance, son œuvre occupe aujourd’hui une place centrale sur la scène artistique internationale contemporaine.

Né en 1962 à Kumba, au Cameroun, puis élevé au Nigéria, Samuel Fosso fuit la guerre civile du Biafra et s’installe en 1972 chez son oncle à Bangui en Centrafrique. Il découvre la photographie grâce à un voisin auprès duquel il se forme et ouvre son propre studio à l’âge de 13 ans. Il réalise des travaux de commandes (photos d’identité, commémorations, mariages) et débute, à l’âge de 15 ans, ses autoportraits. Influencé par des magazines de pop-culture qu’il trouve à Bangui, il se photographie dans des tenues qu’il fait confectionner spécialement par des couturiers locaux.

En dehors de son travail de commande, il se crée une série d’avatars défiant les codes de la représentation.

À partir de cette époque, Fosso n’aura de cesse de se réinventer dans des autoportraits qui lui permettent de traverser les frontières, qu’elles soient sociales, géographiques ou temporelles. Ses œuvres éprouvent les normes identitaires et célèbrent notre liberté à l’autodétermination.

Suite à sa rencontre avec le photographe Bernard Descamps, Samuel Fosso expose pour la première fois ses autoportraits lors des Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako en 1994 et connaît un grand succès. En 1997, il est invité à exposer en France à l’occasion des 50 ans de la marque Tati, aux côtés de photographes majeurs tels que William Klein, Dominique Issermann ou Sarah Moon.

Il remporte le prix Afrique en Création en 1995, puis le prix du Prince Claus en 2001. Ses autoportraits sont présents dans les collections des plus grands musées : Tate Modern à Londres, Centre Georges Pompidou et musée du quai Branly – Jacques Chirac.

En 2017, une exposition personnelle lui est consacrée à la National Portrait Gallery de Londres.

En 2020 paraît Autoportrait aux éditions Steidl, premier ouvrage monographique qui couvre l’intégralité de l’oeuvre de Samuel Fosso et qui comporte notamment une longue entrevue entre l’artiste et le grand critique d’art et commissaire d’exposition Okwui Enwezor.

L’artiste vit actuellement entre la France et le Nigéria.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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