Dans nos villes et villages, avant l'arrivée des toilettes carrelées, les chasses d'eau et les parfums d'ambiance, les vrais lieux d'aisances n'étaient pas collés à la maison comme aujourd'hui. Non ! Ils vivaient leur vie à plus de 100 mètres de distance, comme s'ils avaient demandé leur indépendance administrative. Une fosse bien creusée, deux à trois solides morceaux de bois pour poser les pieds, et le tour était joué.
À l'époque, aller aux toilettes ressemblait presque à une randonnée. Certains faisaient plusieurs mètres pour leurs besoins naturels que les sportifs du dimanche !
La nuit, l'expédition prenait parfois des allures de mission commando : lampe en main, oreilles bien ouvertes et prière discrète pour ne pas croiser un serpent, une panthère ou un esprit farceur.
Mais il faut reconnaître une chose à nos anciens : ils avaient déjà compris le principe de la distanciation. Les odeurs restaient loin de la maison, les mouches aussi, et chacun pouvait respirer en paix.
Finalement, nos ancêtres avaient inventé les premières toilettes écologiques, sportives et même thérapeutiques : après chaque visite, vous reveniez avec un peu plus d'endurance et beaucoup plus de gratitude.
Que celui qui n' a pas connu cette belle époque jette la première pierre !
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville