Venu passer ses vacances sur sa terre natale du Cameroun, Landry avait choisi de réunir ses proches pour un "pot de départ" symbolique à Yaoundé. Une soirée pour sceller des retrouvailles, célébrer les liens et se dire "à bientôt" autour de souvenirs partagés. La retrouvaille lui aura été fatale, il aurait succombé à un empoisonnement. Cette pratique est également observée au Congo-Brazzaville et en République démocratique du Congo.
Une petite fête dans une ambiance bon-enfant, celle des souvenirs partagés, autour de ce ‘’pote’’ qui a réussi loin du pays et qui n’a pas oublié ses amis d’enfance. Ceux avec lesquels ils ont connu les mêmes galères, les mêmes incertitudes, faites d’un quotidien qui n’ouvrait vraiment pas des perspectives meilleures.
De ce groupe d’amis qui s’est transformé en véritable « SOCACHOM », (Société camerounaise des chômeurs) ceux qui attendent la providence et passent le plus clair de leur temps à discuter de tout et de rien du matin au soir et qui à 30 ou 35 révolus, tendent encore l’assiette à leur maman ou vivent chez les parents avec femme et enfants, Landry est le seul qui a su tirer son épingle du jeu. Aussi, ne se prive-t-il pas d’aider ses amis dans la mesure du possible, comme il le fait par son concours financier cossu, chaque fois qu’il est informé d’’un décès dans son quartier qu’il n’a jamais oublié.
À chaque coup de fil depuis la Suisse, il ne manque pas de prendre les nouvelles de tous les amis ainsi que des papas et mamans du quartiers. Rien de plus normal que sa fin de ses vacances soit marqué par ce pot qui renforce l’amitié. Ce pot en famille. Pourtant, le lendemain, Landry qui devait voyager le soir est resté injoignable, plongeant ses proches dans une angoisse croissante. Serait-il parti sans informer les siens ?
C’est finalement dans l'appartement qu’il occupe que sa dépouille a été localisée. Un timing cruel. Le décès a été constaté le jour même où il devait se rendre à l’aéroport. Une onde de choc se propage entre le Cameroun et la Suisse. L’émotion dépasse largement le cercle familial.
Des deux côtés de la Méditerranée, la communauté n’en revient pas et revis les récents évènements presque similaires.
Comment un jeune homme plein de vie, a-t-il pu connaître une fin si brutale à quelques heures de son vol retour?

Entre rires, souvenirs, projets évoqués avec ses amis, personne n’imaginait que ce serait leur dernier moments ensemble.
Face à ce décès aussi soudain qu’inexplicable, les autorités ont officiellement ouvert une enquête.
Plusieurs zones d'ombre planent sur cette soirée : Que s'est-il passé après le départ des convives ?
Quelles sont les causes réelles du décès ?
Y a-t-il eu une intervention tierce ?
Les examens médico-légaux et les auditions des participants à la soirée seront déterminants pour apporter des réponses à une famille dévastée qui réclame, avant tout, la vérité et la justice.
Mais, ce décès révèle un phénomène qui est désormais observé au Congo-Brazzaville ou en République démocratique du Congo. De plus en plus, il est fait état de décès inexpliqués de vacanciers venus de la diaspora.
Le point commun de tous ces décès est un pot d’aurevoir avec des amis d’enfance. Certains auteurs desdits actes appréhendés par la police ont fait état de jalousie sur la réussite de la victime. « Pourquoi lui ou elle et pas nous ».
Début 2026 à Kinshasa en RDC, une jeune femme de retour de vacances, sur le point d’embarquer décédait en plein aéroport. La veille, elle avait fêté son retour avec ses amis d’enfance.
À Brazzaville au Congo, des faits similaires sont également rapportés. Après un pot d'aurevoir avec les amis, la "mikiliste" s'est retrouvée dans l'au-delà le lendemain et les amies de soirée toutes injoignables.
Désormais, certains vacanciers usent de raisons diverses pour fuir la compagnie des amis d’enfance, préférant subir ragots et médisance, que de se faire empoisonner gratuitement. Dire qu’attenter à la vie des autres, même celle de ceux que l’on prétend aimer, se fait sous de prétextes aussi fallacieux. Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville