L’OMS pays, en partenariat avec MTN Congo ont procédé, ce 15 mai 2026 au Centre de Santé Intégré de Moukondo au lancement du projet référence obstétricale dans les maternités de Brazzaville et de Pointe-Noire. Sous le leadership du ministre de la Santé et de la Population, Jean-Rosaire Ibara, en présence du Représentant résident de l’OMS, le docteur Vincent Dosso Sodjinou, le directeur des risques et conformités de MTN Congo, Monsieur Quesnel Dimeni, représentant le directeur général, du directeur général de la population audit Ministère, le docteur Paul Oyeré Moké et du directeur général de la protection civile, le général de police de première classe Albert Ngoto, des cadres du Ministère de la Santé et des sages-femmes. Cette cérémonie s’est déroulée sur la problématique de santé publique majeure à savoir, la réduction de la mortalité maternelle et néonatale en République du Congo. Avec le don des téléphones mobiles aux maternités des Centres de Santé Intégré offert par la Fondation MTN. Ce projet vise à réduire les délais de transfert des patientes et améliorer la prise en charge des urgences obstétriques.

L'un des tons forts de cette cérémonie, la remise officielle des téléphones aux bénéficiaires sous la conduite du ministre de la Santé et de la Population.
En effet, malgré les efforts du gouvernement de la République et de ses partenaires, les indicateurs demeurent préoccupants avec plusieurs décès maternels enregistrés, dont une proportion élevée dans les deux premières grandes villes du pays, Brazzaville et à Pointe-Noire. Les principales causes identifiées restent les hémorragies qui surviennent chez une femme après l'accouchement. Plus préoccupant encore, les insuffisances observées dans l'organisation des transferts obstétriques et la qualité des soins, une réalité qui exige une réponse coordonnée et durable. C'est dans cette dynamique qu'est initié le lancement du projet de renforcement du système de référence obstétrique à Brazzaville et à Pointe-Noire, à travers l'utilisation de la téléphonie mobile, fruit donc d'un partenariat entre le ministère de la Santé, l'OMS-Pays et la Fondation MTN Congo. Initiative destinée à connecter les maternités de Brazzaville et Pointe-Noire.
« Je m'exprime aujourd'hui au nom de la Fondation MTN Congo avec un profond sens de responsabilité citoyenne. Si la santé relève avant tout de la mission du secteur public et des institutions spécialisées, la protection de la vie, de la dignité humaine et du bien-être des populations appellent aussi l'engagement du secteur privé. La santé maternelle touche à ce que nos sociétés ont de plus sensible et de plus important », a affirmé le directeur des risques et conformités de MTN Congo, Monsieur Quesnel Dimeni.
« Lorsqu'une femme perd la vie en donnant la vie, ce n'est pas seulement un drame médical, mais une pression humaine et sociale. Face à cette réalité, une entreprise responsable ne peut rester en retraite, ni encore silencieuse », a-t-il déploré, malheureusement.

« MTN est une entreprise de télécommunication, mais aussi une entreprise ancrée dans les communautés qu'elle sert. A travers la Fondation MTN Congo, nous affirmons que le secteur privé a un rôle essentiel à jouer sur les questions d'intérêt général, en particulier lorsque la vie et la protection des plus vulnérables sont en jeu. Notre engagement dans ce projet s'inscrit en complémentarité de l'action de l'État et de l'expertise des institutions sanitaires. Il consiste à mettre à disposition notre savoir, qui passe par la connectivité, faciliter la communication et repousser la coordination et l'échange des prix. Dans les situations d'urgence, le temps et l'information sauvent des prix. C'est dans cet esprit que la Fondation MTN Congo a apporté des solutions concrètes de connectivité en interconnectant les acteurs impliqués de référence obstétrique, un apport simple en apparence, mais décisif par son impact, car il met la technologie au service de l'intérêt général et de la vie humaine », a expliqué Quesnel Dimeni, directeur des risques et conformités de MTN Congo.
Ainsi, ce dispositif repose sur la mise en réseau de 50 structures sanitaires permettant ainsi de fluidifier la communication et d'assurer une prise en charge continue, coordonnée et sans faille de la femme enceinte. Ce projet illustre la vision que nous défendons, celle d'un secteur privé engagé, responsable et conscient de son rôle social. Investir dans la santé des femmes, c'est investir dans la stabilité sociale, le développement durable et l'avenir de la nation.
« La Fondation MTN Congo est honorée d'inscrire son action dans cette dynamique portée par le gouvernement et accompagnée par l'Organisation Mondiale de la Santé. Nous restons convaincus que la performance économique et l'engagement social sont indissociables lorsque l'humain est au cœur de l'action. C'est pourquoi nous disons simplement ’’Agissons aujourd'hui pour garantir un lendemain meilleur’’ », a-t-il conclu le directeur des risques et conformités de MTN Congo.

Ce projet vise ainsi à réduire la mortalité maternelle en agissant sur deux facteurs déterminants. Le suivi des grossesses à risque et la réduction du délai de la prise en charge à travers la référence. Grâce à la mise en réseau des maternités, nous allons améliorer la communication entre les structures de santé, optimiser le transfert des patients en urgence, renforcer la coordination entre les départements et les districts sanitaires, garantir un suivi en temps réel des cas référés et enfin assurer le mentorat des maternités. C'est ainsi que les maternités de Brazzaville et de Pointe-Noire, à travers les hôpitaux généraux, les hôpitaux de référence et les centres de santé intégrés, après qu'un minimum l'activité est élargie, c'est-à-dire, pratiquant l'accouchement, disposent de téléphones fixes. Chaque téléphone est accompagné d'un répertoire des hôpitaux, des centres de santé intégrés et des structures administratives responsables de la santé de la reproduction.
Les numéros des référents, y compris celui de la sécurité civile, ont été associés, afin d'aider à mieux sécuriser les référents authentiques. Le partenariat avec l'OMS et la Fondation MTN nous a permis d'acquérir des téléphones couvrant toutes les maternités de Brazzaville et de Pointe-Noire. L'OMS et la Fondation MTN ont déjà payé les frais pour six mois de collectivité, c'est-à-dire jusqu'au mois d'octobre 2026.

A partir du mois de novembre 2026, il est demandé à chaque structure de payer un forfait mensuel de 2.000 francs CFA. C'est ici l'occasion d'exempter tous les chefs de centre de prendre la mesure de leurs responsabilités afin d'assurer l'entretien des téléphones et de s'acquitter régulièrement du forfait à partir du mois de novembre 2026. Un cadre de suivi et d'évaluation a été formalisé et un rapport mensuel sera proposé. Nous travaillons à mobiliser d'autres partenaires afin de couvrir les autres départements du pays.
Pour le Représentant résident de l’OMS, « La situation de la santé de la mère et du nouveau-né demeure encore préoccupante dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ainsi, le dernier rapport de l’OMS publié en 2025 sur la mortalité maternelle dans le Monde indiquait que l’Afrique subsaharienne concentrait 70 % de l’ensemble des décès maternels survenus dans le monde en 2023. L’Afrique centrale a enregistré un taux élevé de 724 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2023 contre 223 décès pour 100 000 naissances vivantes au niveau mondial, malgré une diminution notoire de 21 % entre 2000 et 2023 ».

« Les causes de ces décès sont multiples, incluant les hémorragies graves, l’hypertension artérielle, les infections liées à la grossesse, les complications des avortements à risque et les affections sous-jacentes susceptibles d’être aggravées par la grossesse telles que le VIH/sida et le paludisme. D’autres facteurs sociaux et organisationnels contribuent à cette mortalité élevée notamment les trois retards dont le retard à la prise en charge », a-t-il invoqué.
« L’OMS réaffirme avec force qu’aucune mère ne devrait perdre la vie, en voulant donner la vie. Aucune femme ne devrait craindre pour sa vie lors de son accouchement, en particulier dans ce millénaire des lumières où les connaissances et les outils pour gérer les complications courantes des grossesses existent. En lien avec notre valeur d’équité en santé, chaque mère, quelle qu’elle soit et où qu’elle vive, doit avoir une chance égale d’accoucher sans risque et d’envisager un avenir sain avec sa famille. Cette exigence est plus que d’actualité dans notre pays où, malgré la réduction drastique de la mortalité maternelle de 473 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2020 à 260 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes en 2025, l’observatoire nationale des décès maternels, néonatals et infantiles rapporte six décès maternels chaque semaine. Ainsi, face à cette situation, des investissements supplémentaires sont plus que nécessaires pour renforcer le système national de santé, améliorer l’accès aux soins adaptés et de qualité, et former le personnel de santé pour prévenir et traiter les complications liées à la grossesse et à l’accouchement », a-t-il précisé et rassuré.

Signalons que ce projet est en total cohérence avec les axes énoncés le 5 mai 2026 par son Excellence Monsieur le Ministre de la Santé et contribuera à matérialiser la vision d’accélération de Son Excellence Monsieur Denis Sassou-N’Guesso, Président de la République, Chef de l’Etat.
Projet qui repose du reste sur quatre piliers essentiels : mise en réseau des maternités pour améliorer la communication et la coordination ; préparation des structures hospitalières à l’accueil de la patiente référée avec une réduction des délais de prise en charge et donc une augmentation de la probabilité de survie ; réduction des délais de référence grâce à des outils numériques et logistiques ; renforcement des capacités des professionnels de santé pour une prise en charge optimale.

Si ce projet est rendu possible, c’est grâce à une collaboration multisectorielle incluant : le Ministère de la Santé à travers la direction générale de la population ; la Fondation MTN, partenaire technologique, qui apporte la connectivité et les solutions numériques ; la sécurité civile pour le transport des femmes présentant des complications obstétricales et bien sûr, les équipes médicales, les sages-femmes et les médecins qui assureront la mise en œuvre sur le terrain.
L’OMS assurera le suivi évaluation et travaillera à mobiliser d’autres partenaires, afin d’implanter ce modèle dans les autres villes restantes du Congo.
VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville