Diaspora congolaise de France : Deve Maboungou, une voix stratégique choisie pour dialoguer avec le ministre Bounda

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Diaspora congolaise de France : Deve Maboungou, une voix stratégique choisie pour dialoguer avec le ministre Bounda

À Paris, l'audience accordée par Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger à des représentants triés sur le volet a réuni un cercle restreint de figures de la diaspora. Parmi elles, l'expert franco-congolais en intelligence économique, dont la présence n'est ni fortuite ni anecdotique.

Il est des rendez-vous dont la portée dépasse la simple actualité protocolaire. La rencontre organisée récemment à Paris par les services diplomatiques de la République du Congo, entre Son Excellence Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger, Constant-Serge Bounda, et un cercle de représentants de la diaspora congolaise établie en France et en Europe, appartient à cette catégorie. Le choix des interlocuteurs conviés à cette audience institutionnelle constitue en soi un signal politique. Parmi eux, Monsieur Deve Maboungou, expert franco-congolais en intelligence économique et ancien directeur de cabinet de la Maison de l'Afrique à Paris, dont la sélection illustre la volonté du gouvernement de s'appuyer sur des profils d'expertise, capables d'inscrire le dialogue diaspora-État dans une exigence de rigueur stratégique.

 

Une audience placée sous le sceau de la considération et de la concertation

Ouverte à quatorze heures et clôturée à seize heures trente, l'audience s'est déroulée dans un climat empreint de dignité, d'écoute mutuelle et de considération réciproque. Elle s'inscrit dans le prolongement des consultations régulières engagées par les autorités de la République avec les communautés congolaises expatriées, et traduit la volonté clairement exprimée par le Chef de l'État de faire de la diaspora un acteur à part entière du dialogue national.

Après une allocution de bienvenue prononcée par Son Excellence Monsieur l'Ambassadeur de la République du Congo en France, Monsieur le Ministre a souhaité connaître personnellement chacun des interlocuteurs présents, invitant un tour de table individualisé. Dans un geste protocolaire qui n'a échappé à aucun des observateurs, il a ensuite invité les membres de son cabinet à céder leur place aux participants arrivés en dernier, marquant par-là une proximité et une considération dont l'assistance a unanimement salué la portée symbolique.

Ce cadre, à la fois solennel et fraternel, a permis d'aborder sans détour les questions structurantes qui préoccupent aujourd'hui la communauté congolaise établie à l'étranger : le coût prohibitif des billets d'avion vers Brazzaville, la modernisation des services consulaires, l'attractivité de la République à l'endroit de sa diaspora, l'effectivité du droit de vote des Congolais de l'étranger, ou encore la définition d'une véritable politique de retour.

Le choix d'un profil : Deve Maboungou, une sélection qui fait sens

Dans la composition d'une délégation appelée à représenter la diaspora face au chef de la diplomatie congolaise, rien n'est laissé au hasard. Le cercle des personnalités conviées à Paris a été constitué avec discernement, dans le souci de refléter la diversité des expériences, des générations et des compétences que porte aujourd'hui la communauté congolaise de France. La présence en son sein de Monsieur Deve Maboungou obéit à cette même exigence : elle témoigne de la reconnaissance progressive, par les institutions de la République, d'une génération d'experts issus de la diaspora, dont la trajectoire allie ancrage territorial français, culture institutionnelle africaine et maîtrise des grands enjeux contemporains.

Né à Poissy en 1984, formé dans les cursus les plus exigeants en intelligence économique, en relations internationales et en diplomatie, titulaire de trois MBA et d'un double master en management de cabinet et en diplomatie, Monsieur Maboungou a d'abord servi quinze années durant l'État français au sein de la fonction publique, avant de fonder Noeïn & Cie, cabinet de conseil en intelligence économique et en protection des entreprises. Il a par la suite exercé les fonctions de directeur de cabinet de la Maison de l'Afrique à Paris, institution historique fondée en 1974 à l'initiative des présidents Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny et Georges Pompidou. À ce titre, il a piloté une plateforme de dialogue et de coopération dont la vocation est précisément de faciliter les partenariats économiques, culturels et institutionnels entre les deux continents.

Sa présence dans les instances stratégiques congolaises est, depuis 2025, régulièrement confirmée. Vice-président et directeur de l'Intelligence économique et des Stratégies d'influence au sein du Comité consultatif international de la Chambre de la Diplomatie économique du Congo (CDECO), représentant du Congo-Brazzaville auprès de l'Institut Africain de la Réflexion Stratégique (IARS), enseignant-chercheur en sciences politiques et en relations internationales à l'Institut Thalès, il a par ailleurs réaffirmé, en janvier dernier, son engagement au sein du Parti Congolais du Travail lors d'une réunion du Comité Île-de-France tenue au siège national du parti. Autant de fonctions qui le désignent, dans les faits, comme l'un des relais stratégiques de la diaspora congolaise auprès des cercles de décision, tant à Brazzaville qu'à Paris.

 

Une expertise que l'heure requiert

Que le ministre Bounda ait choisi, pour son premier grand rendez-vous parisien avec la diaspora depuis son entrée en fonction en avril dernier, de s'entourer de figures de cette envergure n'est pas indifférent. La séquence géopolitique actuelle, marquée par une recomposition des équilibres entre l'Afrique et ses partenaires historiques, appelle en effet une diplomatie renouvelée, capable de conjuguer l'exigence des relations d'État à la maîtrise des dynamiques transnationales portées par les communautés expatriées.

Or, dans cette perspective, Monsieur Deve Maboungou incarne un profil dont le Congo a besoin. Sa réflexion, développée dans plusieurs contributions publiées ces derniers mois, de l'intelligence économique souveraine à l'africanité comme condition de puissance continentale, en passant par la recomposition stratégique des relations franco-africaines, s'inscrit dans une pensée qui refuse aussi bien les postures incantatoires que l'imitation servile des modèles importés. Il y défend une lecture exigeante de la souveraineté, comprise non comme un repli mais comme la capacité, pour un État, à définir librement ses priorités, à protéger ses intérêts et à mobiliser, autour d'un projet cohérent, l'ensemble des ressources humaines qui composent sa Nation, où qu'elles se trouvent.

Sa vision de la diaspora s'articule autour d'une conviction constante : celle-ci ne saurait être ramenée aux seuls transferts financiers vers le pays d'origine. Elle constitue, dit-il en substance, un levier d'influence politique, économique et diplomatique dont la structuration stratégique demeure encore largement à construire. À ce titre, sa présence dans le cercle restreint reçu par le ministre Bounda prend une signification particulière : elle valide institutionnellement une approche que Monsieur Maboungou porte depuis plusieurs années dans les cercles d'influence franco-africains, et qui trouve désormais une résonance directe au sommet de l'exécutif congolais.

Un moment choisi : la conjonction d'un homme et d'une séquence

Le moment de la rencontre revêt lui aussi une importance qu'il convient de souligner. Le séjour parisien du ministre Bounda intervient à un carrefour diplomatique majeur pour la République du Congo : période marquée par la tenue à Paris de la Session extraordinaire de la Conférence ministérielle de la Francophonie, par la préparation active de la Conférence des ambassadrices et ambassadeurs qui doit tracer les grandes orientations de l'action extérieure française pour l'année 2026, et par la perspective d'un sommet Afrique-France appelé à repenser les termes du partenariat entre les deux continents.

Dans ce contexte, l'audience accordée à la diaspora ne saurait s'analyser comme un simple exercice de communication publique. Elle constitue une étape structurante dans la construction d'un dialogue institutionnel de long cours entre les pouvoirs publics congolais et leurs compatriotes de l'extérieur. En choisissant de s'appuyer, pour cette étape, sur des personnalités reconnues pour leur expertise et leur ancrage institutionnel, le ministre Bounda envoie un signal clair : celui d'une diplomatie qui entend s'adosser aux compétences de sa diaspora pour projeter l'influence du Congo sur la scène internationale.

La séquence est d'autant plus significative qu'elle intervient peu de mois après le VIᵉ Congrès du Parti Congolais du Travail, tenu à Brazzaville fin décembre 2025, et qui a placé la jeunesse et la valorisation des talents au cœur du projet national. En sélectionnant, parmi les interlocuteurs de la diaspora, des figures comme Monsieur Deve Maboungou, l'exécutif traduit dans les faits cette orientation politique : celle d'un État qui reconnaît, valorise et mobilise les ressources humaines qu'il a fait naître, où qu'elles exercent aujourd'hui leur activité.

Perspectives : de la parole donnée aux réalisations tangibles

À l'issue de la séquence d'échanges, plusieurs axes de travail se sont dégagés, en cohérence avec les préoccupations exprimées par les représentants de la diaspora et avec les orientations portées par le Ministère :

  • Institutionnaliser un cadre de dialogue régulier entre les autorités et les représentants organisés de la diaspora ;
  • Engager, en concertation avec les autorités compétentes, une réflexion approfondie sur le coût des liaisons aériennes entre l'Europe et le Congo ;
  • Accélérer la modernisation et la dématérialisation des services consulaires, en particulier en matière de délivrance des passeports ;
  • Élaborer une feuille de route relative à la politique de retour et à la mobilisation des compétences de la diaspora ;
  • Approfondir le chantier de la représentation politique des Congolais de l'étranger ;
  • Renforcer la coordination avec les groupes d'amitié parlementaires France-Congo et Congo-France.

Ces orientations, si elles trouvent une traduction opérationnelle dans les mois à venir, dessineront les contours d'une véritable politique publique en direction de la diaspora, dont l'ambition dépasse la seule gestion administrative pour investir le champ, plus exigeant, de la stratégie d'influence et du développement partagé.

« Nos compatriotes vivant en Europe, en Asie et dans les Amériques constituent un lien humain essentiel entre la République du Congo et le monde. Ils participent au rapprochement entre les peuples et au rayonnement de nos nations. », a déclaré Constant-Serge Bounda, Ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l'étranger

Une reconnaissance qui engage

Au-delà des questions techniques abordées, l'audience de Paris aura consolidé un lien de confiance entre les pouvoirs publics et les Congolais de l'étranger, préalable indispensable à toute politique publique ambitieuse. Pour Monsieur Deve Maboungou, comme pour l'ensemble des personnalités conviées, la reconnaissance ainsi manifestée par les institutions engage. Elle appelle une exigence redoublée dans l'expertise mise au service du pays, dans la fidélité aux orientations arrêtées par les autorités et dans la capacité à transformer les échanges institutionnels en réalisations tangibles.

Le fait qu'un expert franco-congolais de la trempe de Monsieur Maboungou soit désormais identifié parmi les voix légitimes de la diaspora, dans un cadre aussi formel, confirme une trajectoire déjà lisible depuis plusieurs mois : celle d'un cadre de la nouvelle génération, dont l'expertise, l'ancrage partisan et l'engagement associatif convergent pour faire de lui l'un des relais stratégiques de l'action extérieure du Congo. C'est, en creux, l'un des enseignements majeurs de cette rencontre de Paris : la République reconnaît ses talents ; elle attend d'eux, en retour, qu'ils portent haut, avec méthode et constance, l'ambition d'un Congo présent au monde et rayonnant en Afrique.

REPÈRES  •  DEVE MABOUNGOU

Né en 1984 à Poissy (Île-de-France). Franco-Congolais. Triple MBA (intelligence économique, relations internationales, diplomatie) et double master (management de cabinet, diplomatie).

Ancien directeur de cabinet de la Maison de l'Afrique (Paris), institution fondée en 1974 sous le patronage des présidents Senghor, Houphouët-Boigny et Pompidou.

Fondateur et président du cabinet Noeïn & Cie, spécialisé en intelligence économique et en protection des entreprises.

Vice-président et directeur de l'Intelligence économique et des Stratégies d'influence au sein du Comité consultatif international de la CDECO (Chambre de la Diplomatie économique du Congo).

Représentant du Congo-Brazzaville auprès de l'Institut Africain de la Réflexion Stratégique (IARS).

Enseignant-chercheur en sciences politiques et relations internationales à l'Institut Thalès.

Membre engagé du Parti Congolais du Travail (PCT), engagement réaffirmé publiquement en janvier 2026 au siège national du parti à Brazzaville, par l'entremise du Comité Île-de-France.

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Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville