Pascal Tsaty Mabiala sollicite du Président de la République la libération des leaders de l’opposition emprisonnés il y a cinq ans

Le premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads/opposition), Pascal Tsaty Mabiala, au cours d’une conférence de presse animée mardi à Brazzaville, a sollicité du Président de la République, Denis Sassou N’Guesso, la mise en pratique de son idée de la détente politique annoncée lors de sa campagne présidentielle de mars dernier en prononçant, a-t-il souhaité, des grâces en faveur des leaders de l’opposition emprisonnés, il y a cinq ans à la Maison d’arrêt de la capitale congolaise.

"La mentalité de représailles détruit les États, tandis que la mentalité de tolérance construit les nations" disait Nelson Mandela.

C’est dans cette optique que le Président congolais, Denis Sassou N’Guesso, récemment réélu avec 88,40% des voix, a promis de gracier les prisonniers dits politiques, notamment le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, condamnés à 20 ans de détention minimum pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat et détention d'armes de guerre ».

Le numéro un congolais a fait cette promesse lord d’un entretien exclusif avec nos confrères de Télé Sud TV.

«Nous voulons engager notre peuple sur la voie de la paix, de la détente générale, du redressement de l’économie, ça sera surement pour les cinq prochaines années une ère de détente dans le pays », a déclaré Denis Sassou N'Guesso après la cérémonie de son investiture.

Abordant le point relatif à la santé, le député de Loudima, examinant les douze axes du programme gouvernemental décliné le 21 juin par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso devant les députés, a noté que l’ambition du gouvernement de construire douze hôpitaux généraux est bonne. Mais, il était mieux d’investir des fonds pour améliorer les établissements sanitaires existant qui sont actuellement dans "l’abandon total" suscitant ainsi à la fois "pitié et colère".

A propos de l’éducation et la jeunesse, l’Upads pense que la concertation pour la relance de l’éducation proposée par le gouvernement doit être un plan Marshall visant le redressement de l’école congolaise. Le triptyque est connu, selon l’orateur, à savoir : infrastructures, formation des formateurs et amélioration de la condition enseignante.

S’agissant du droit de grève, le premier secrétaire de l’Upads estime que si le gouvernement veut que les revendications sociales cessent, il doit honorer ses engagements vis-à-vis des travailleurs. De même, Pascal Tsaty Mabiala, intervenant sur la dette publique du Congo devenue insoutenable, a posé la question de savoir où le pays en est avec les 48 mesures arrêtées de commun accord avec le Fond monétaire international et pourquoi les négociations avec cette institution financière internationale piétinent ?

Parlant du point sur la création d’un haut-commissariat à la réforme de la gouvernance électorale annoncée par le Premier ministre, l’Upads pense que la gouvernance électorale doit s’adosser sur la refonte du fichier électoral pour la maîtrise du corps électoral. Celui-ci, a-t-il insisté, doit être tiré d’un recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Ainsi, le conférencier s’est interrogé sur les résultats toujours attendus du dernier RGPH.

Pascal Tsaty Mabiala a sollicité aussi la réforme en profondeur de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF).

« Pourquoi avoir créé, il y a 32 ans, un établissement public pour gérer les pensions de retraite ? Ce qui n’était qu’une direction au sein du ministère des Finances est devenu un mammouth avec de lourdes charges de fonctionnement qui creusent le déficit réel de la CRF. Une réforme est nécessaire pour relancer cet établissement et lui garantir une pérennité fonctionnelle », a déclaré le premier secrétaire de l’Upads.

Par ailleurs, il a salué l’intention d’ouverture à l’opposition exprimée par le Premier ministre.

Sur ce point, Pascal Tsaty Mabiala a reprécisé que l’opposition n’a pas de représentant au gouvernement de Collinet Makosso.

Jack de MAÏSSA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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