Les Corps constitués nationaux et les Forces vives de la Nation se sont retrouvés mercredi 7 janvier dans la salle des congrès du Palais éponyme, pour les vœux du nouvel an au Président de la République et à son épouse. Cet évènement qui inscrit en bonne place dans le calendrier protocolaire officiel, participe de ceux à travers lesquels, le peuple du Congo traduit son attachement aux idéaux et aux valeurs fondatrices du vivre ensemble.
Deux allocutions ont marqué les temps forts de la solennité de ce moment qui sublime les us du début d’année, celui de l’échange des vœux. Celle des Corps constitués et des Forces vives de la Nation, par Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle, puis la réponse aux vœux formulés à son endroit, à son épouse ainsi qu’à sa famille, par le Président Denis Sassou N’Guesso.

Prenant la parole pour présenter les vœux des Corps constitués et des Forces vives de la Nation, Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle a dans un discours emprunt de la rectitude qui le singularise, commencé par présenter les vœux des Corps constitués nationaux et de Forces vives de la Nation, au Président Denis Sassou N'Guesso, à son épouse, ainsi qu’à sa famille, tout en rappelant l’historicité de la tradition des vœux.

Relevant la soif des Congolais de voir le gouvernement mettre en œuvre les projets structurants dans plusieurs domaines permettant au pays de cheminer vers le développement, Auguste Iloki a-t-il salué les efforts du chef de l’État dans la construction des infrastructures de base, éléments fondamentaux du cheminement irréversible du pays vers sa croissance.
« Aujourd'hui, le maillage du pays en infrastructures de base, loin d'être une entreprise achevée, est, en toute objectivité, perceptible, encourageante et digne d'éloges », a-t-il salué, précisant qu’une « économie sans route est vouée à l'asphyxie et une route sans économie est muette et stérile. », a dit Auguste Iloki, soulignant le pragmatisme du Président Denis Sassou N’Guesso, tout en évoquant la dimension économique de la route.

Parlant de l’économie congolaise, Auguste Iloki a martelé que les corps constitués nationaux et les forces vives de la Nation ont réaffirmé leur soutien au « Tout économique en vue du tout social », une vision prospective, porteuse de bassins d'emplois, tant qu’elle demeure d'une saisissante, pertinente et pressante actualité. C’est ainsi qu’ils encouragent le Président de la République dans cette vision afin qu'à terme « le peuple soit fier de se prévaloir d'un performant modèle économique et social à la congolaise… Nous nous réjouissons de l'expérience, en cours, des Zones agricoles protégées (ZAP), des Zones économiques spéciales (ZES) ainsi que de l'opérationnalisation imminente de la Caisse d'assurance maladie universelle dont l'objectif est de garantir l'accès aux soins de santé à tous les Congolais », a indiqué Auguste Iloki, encourageant les prémices y afférentes posées dans le cadre des ZAP.

Vantant les différentes variétés de produits qui sortent du sol congolais, le président de la Cour constitutionnelle s’est dit convaincu que le pays se donne petit à petit les moyens de sa marche irréversible vers l'autosuffisance alimentaire. Pour Auguste Iloki, l'expérience des ZAP mérite d'être soutenue, consolidée, pérennisée et structurée afin qu'il en sorte des chaînes de valeur exaltant le potentiel agropastoral de l’intérieur du pays.

« Un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme, n’est pas un peuple libre », disait le Présidant Denis Sassou N’Guesso. Le président de la Cour constitutionnelle a pris ancrage sur ces parole fort-évocatrices, pour citer les réalisations du Président de la République dans le domaine agro-pastoral.

Auguste Iloki a souligné que cela pourrait être une source d'inspiration pour les Congolais et les investisseurs étrangers. Ce modèle de réussite mérite d'être, a-t-il rappelé, dupliqué à l'effet de valoriser, également, les filières caprine, ovine et porcine.

Abordant le volet de la protection de de l’environnement, Auguste Iloki a dit que les corps constitués nationaux et les forces vives de la nation ont salué le combat engagé par Denis Sassou N’Guesso depuis des décennies, pour la préservation de l'environnement et la lutte contre les changements climatiques.
Cette bataille, en faveur de la régénération des forêts congolaises et contre la déforestation, révèle, ont-ils reconnu, de sa détermination pour la cause environnementale. A titre d’illustration, ils ont cité l'adoption, par l'Assemblée générale de l'ONU, de la Résolution sur la « Décennie mondiale de l'afforestation et du reboisement ».

Auguste Iloki a aussi demandé l’implication du chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, dans la résolution de la crise qui secoue le football et le handball congolais depuis un certain moment.

Pour Auguste Iloki, le sport, malgré le fait qu’il soit un jeu et une discipline, est un outil de promotion de la paix et de développement d’un pays. Le sport congolais était le loisir le plus attractif pour le peuple depuis des décennies, car, des rencontres de football des clubs tels Etoile du Congo, Diables noirs, Cara, Inter-Club et Patronage,(…) drainaient des foules.

« Personne ne perd de vue… le palmarès de notre handball. Ces disciplines majeures de notre sport requièrent, aujourd'hui, l'apaisement. C'est tout vous avouer, qu'il plairait, infiniment, à tous, que la crise qui accable ces deux disciplines relève, à jamais, d'un passé à vite oublier car, en tant que père de la Nation, vous n'êtes, jamais, à court d'options », a plaidé le président de la Cour constitutionnelle.

En effet, le football congolais traverse depuis plus d’une année une crise sans précédent accentuée par la fermeture des stades. Ce qui prive les différents acteurs de leur principale activité.
Le handball lui aussi traverse une mauvaise passe. Face à ces conflits que certains observateurs qualifient « intérêt », les corps constitués nationaux et les forces vives de la Nation apprécieraient, d’après Auguste Iloki, que le chef de l’Etat puisse porter «le type de regard d'un très grand Patriarche qui, à lui seul, suffit pour recréer l'harmonie et faire renaître l'espoir, dès lors que vos paroles portent le poids de votre expérience mémorable », a-t-il présenté la situation, selon son style.

Pour soutenir son argumentation, le président de la Cour constitutionnelle est revenu sur la citation du réalisateur de Titanic et Avatar, James Cameron qui, dans son discours de 1998 lors de la remise d'un prix, déclarait :
« Ce n'est que quand il fait nuit que les étoiles brillent ». Il a également fait sien les propos de Winston Churchill qui disait : « Ce n 'est que lorsque la nuit est la plus noire que les étoiles brillent le plus ». « Ces deux citations intègrent l'idée que les défis constituent l'occasion de faire briller ce qu'il y a de meilleur en vous, Excellence Monsieur le président de la République, pour relever le sport congolais en ce qu'il constitue un maillon essentiel de la construction de la paix. Il est, en conséquence, un vecteur de paix », a conclu Auguste Iloki.

Auguste Iloki a rendu un déférent hommage au président de la République pour son ingéniosité à maintenir la paix, à assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, à veiller à la stabilité du pays, à la libre circulation des personnes et des biens sur l 'ensemble du territoire national et à la cohésion nationale.
Auguste Iloki a ensuite salué les différentes actions d'aide et d'assistance que mène l’épouse du chef de l’Etat, Antoinette Sassou N’Guesso, depuis des décennies, en faveur des couches fragiles à travers la Fondation Congo Assistance. Ceci dans les domaines se rattachant à la santé, à la petite enfance, à l'éducation, à l'autonomisation économique des femmes et aux personnes vulnérables.

Répondant aux vœux des Corps constitués nationaux et des Forces vives de la Nation, le Président Denis Sassou N’Guesso a prononcé le discours que voici:

« Monsieur le président de Sénat;
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
Monsieur le Premier ministre, Chef du gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions constitutionnelles, Monsieur le Chef de l’opposition ;
Mesdames et Messieurs les représentants des partis politiques, des organisations non gouvernementales et associations ;
Mesdames et Messieurs les membres des confessions religieuses ;
Mesdames, Messieurs ;
Monsieur le Président de la Cour constitutionnelle ;
Mesdames, Messieurs ;
Comme de tradition au seuil de chaque année, Nous nous retrouvons, ce jour, pour l’échange de vœux de nouvel an.
J’ai suivi, avec une grande attention, les souhaits stimulants que vous venez de formuler à mon égard et à celui de mon Epouse, de ma famille, de mes proches.
Nous vous adressons nos sincères remerciements et saluons la chaleur fraternelle et l’amabilité réconfortante de vos propos.
En retour, Je forme mes meilleurs vœux de paix, de longévité et de bonheur pour vous-même, vos familles et les membres de vos institutions, organisations et instances respectives.
Que 2026 conforte davantage la foi, l’engagement et l’efficacité dans votre action pour l’accomplissement réussi des charges et missions qui vous sont dévolues.
• Monsieur le Président de la Cour constitutionnelle ;
• Mesdames, Messieurs ;
L’année 2025 est définitivement rentrée dans le passé, un passé qui donne au présent le moyen d’être pensé. C’est en cela que le passé illumine le présent.
2025 constitue désormais le phare le plus proche de notre présent qui éclaire le premier événement majeur de la nouvelle année,
J’ai parlé des Présidentielles de mars 2026.
Ce moment sensible et déterminant de notre démocratie doit être abordé et vécu dans la paix et la concorde car, comme le stipule un adage ancien, Je cite : « Là où habite la concorde, habite la réussite » Fin de citation.
Je souligne également que la concorde ne peut s’exonérer du respect de la diversité qui sous-tend la vitalité et la grande richesse de notre patrimoine commun, ce bien que nous avons en partage, à savoir le Congo, notre pays.
Je rappelle, enfin, que les forces vives représentent la communauté nationale au sein de laquelle chaque composante, en jouant sa partition, participe à la consolidation de la paix et du vivre ensemble.

En cela, la religion, qui dispose de toute sa place dans cet espace multipolaire, en dépit de la laïcité de l’Etat, appelle le peuple à œuvrer à la préservation de la paix.
Le christianisme et l’islam, qui demeurent les deux religions les plus pratiquées dans notre pays, subliment l’amour du prochain et prêchent la paix.
Jésus, le fondateur historique du christianisme, n’avait-il pas dit, Je cite : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Fin de citation.
Pour sa part, le Coran magnifie l’amour du prochain par la sentence ci-après, attribuée au prophète Mahomet telle que, Je cite : « La bonté est un acte de foi et celui qui n’a pas de bonté n’a pas de foi ». Fin de citation.
De leur côté, les partis politiques, les associations, les organisations non gouvernementales prônent eux aussi, dans leurs textes fondateurs, la paix, le civisme, l’amour et le respect de l’autre.
Dès lors, il nous faut toujours renforcer la cohésion sociale et la cohabitation basées sur le respect mutuel et la tolérance pour consolider le vivre ensemble et construire une société solidaire, autour de certains principes clés, tels :
- le dialogue et l’écoute ;
- le partage de valeurs communes pour le bien de la communauté ;
- la civilité, c’est-à-dire l’adoption des comportements qui ne nuisent pas la vie en société.
Bref, nos leviers de socialisation imposent le respect des représentations collectives, des normes, des symboles établis qui, en dernier ressort, régissent notre vivre ensemble et nous interpellent tous.
C’est pourquoi, J’exhorte, à nouveau et de manière pressante, la communauté nationale à privilégier toujours l’unité et la cohésion des forces vives par le dialogue constructif, pour une Nation unie et résolument engagée dans la voie de la paix et du progrès.
En ce début d’année 2026, chacun est donc invité à renouer et à revenir sur les fondements de sa croyance pour les religieux et de ses convictions en ce qui concerne les acteurs politiques, croyance et convictions basées toujours sur la vertu morale, c’est-à-dire une manière d’être et d’agir, notamment la prédisposition à faire le bien,
- le bien au pays ;
- le bien à la société.
Ainsi, acteurs politiques, responsables administratifs, autorités religieuses, chefs coutumiers, femmes, jeunes, Je vous invite à promouvoir inlassablement les valeurs prônées par notre belle Devise :
UNITÉ – TRAVAIL – PROGRÈS.
BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2026 A TOUS !
Je vous remercie. »
Bertrand BOUKAKA/LES Échos du Congo-Brazzaville