Denis Sassou N’Guesso s'entretiendra au téléphone avec son homologue chinois Xi Jinping lundi prochain

Deux mois après son investiture, le Président congolais, Denis Sassou N’Guesso s'entretiendra au téléphone avec son homologue chinois, Xi Jinping lundi prochain à 10 heures.

Cet entretien téléphonique servira notamment à affirmer les liens entre le Congo et la Chine, et à confirmer que les deux pays continueront à être des alliés fiables, et disponibles l'un pour l'autre.

Des relations qui méritent d’être sérieusement revisitées au regard de certains paradigmes dont le plus important est le niveau et la qualité de notre endettement vis à vis de ce partenaire important.

L'endettement vis-à-vis de la Chine qui prête à tout-va ces dernières années au Congo est estimé à deux milliards de dollars.

En avril dernier, la Chine, le plus gros créancier de Brazzaville, a annoncé le rééchelonnement des quelque 3,15 milliards dollars de dette congolaise détenus par Pékin (35 % de l’endettement total de Brazzaville, évalué par le FMI à 9 milliards de dollars, soit 90,2 % du PIB du pays). Une bouée certes pour un pays riche en pétrole, mais asphyxié depuis 2014 par la chute du prix du pétrole. Une chute non anticipée et très brutale liée au même moment au ralentissement chinois.

Aux yeux du FMI, la dette est restée lourde et insoutenable atteignant 110 % du PIB, d’où la nécessité pour Pékin et Brazzaville d’aboutir très vite à un accord afin de sortir le pays du bourbier du désespoir.

En 2014, le Congo et la Chine ont célébré le cinquantenaire de leur coopération. C’est pour la renforcer davantage que le président chinois Xi Jinping avait effectué une visite de travail à Brazzaville. Il s'agit de la première visite d’un haut responsable chinois au Congo, un pays où Pékin a beaucoup investi ces dernières années dans les secteurs tels que les routes, les barrages ou encore les hôpitaux.

La coopération sino-congolaise établie en 1964 n’a presque jamais connu de couacs. Au nombre des importants accords conclus entre les deux pays ces dix dernières années, figure l’accord-cadre de partenariat stratégique, assorti d’une enveloppe d’un milliard de dollars. C’est grâce à cet accord que le Congo a réalisé sa première route entre Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique. Le premier tronçon de cette route, long de 160 kilomètres, qui a coûté 512 millions d’euros, est opérationnel depuis fin 2011.

En 2012, Brazzaville et Pékin ont paraphé une série d’accords d’un montant global de 975 millions d’euros. Une partie du financement a été utilisée pour la reconstruction du quartier de Mpila, détruit par les explosions de mars 2012.

Depuis mai 2011 le Congo a inauguré son plus grand barrage, d’une capacité de 120 mégawatts. La Chine a apporté 85 % de son financement, estimé à 370 millions de dollars.

Avec la Chine, le partenariat est gagnant-gagnant. Pékin apporte à Brazzaville des prêts bonifiés. Ils sont plus souples que ceux du club de Londres ou de Paris.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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