Au Congo-Brazzaville, la question de la sécurité routière revient de plus en plus dans les débats publics. Les accidents impliquant certains bus de transport interurbain rappellent à quel point le respect du code de la route reste un enjeu vital. Parmi les comportements les plus dangereux figure le non-respect de la ligne continue lors des dépassements.
Sur plusieurs axes routiers du pays, il n’est pas rare d’observer des véhicules, y compris des bus de transport de passagers, franchir la ligne continue pour effectuer un dépassement risqué. Ce marquage au sol n’est pourtant pas anodin : il signale un danger, une visibilité réduite ou un tronçon de route où toute tentative de dépassement peut devenir mortelle.
Les observations faites par de nombreux usagers de la route montrent que ce type de manœuvre imprudente peut expliquer certains accidents impliquant des bus de la société Océan du Nord, l’une des compagnies très présentes dans le transport interurbain au Congo-Brazzaville.

Lorsqu’un bus transportant des dizaines de passagers tente un dépassement sur une ligne continue, le risque devient immense. La puissance du véhicule, sa longueur et le poids des passagers rendent toute manœuvre brusque difficile à contrôler. En cas de véhicule arrivant en sens inverse, l’accident devient presque inévitable.
Mais au-delà d’une compagnie en particulier, cette situation pose une question plus large : celle de la discipline routière. Le transport de personnes est une responsabilité majeure. Les chauffeurs de bus portent entre leurs mains la vie de dizaines de familles.
Renforcer la formation des conducteurs, multiplier les contrôles routiers et sensibiliser davantage les transporteurs apparaissent aujourd’hui comme des priorités. La modernisation des infrastructures routières doit également s’accompagner d’un respect strict des règles de circulation.

Comme le souligne un observateur de la sécurité routière : « La ligne continue n’est pas une suggestion, c’est une frontière entre la prudence et le drame. La franchir, c’est parfois franchir la ligne entre la vie et la mort. »
La route congolaise peut être un espace de mobilité et de développement. Mais pour qu’elle reste une voie de progrès et non de tragédie, le respect du code de la route doit devenir une culture partagée par tous.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville