Congo : la guerre à l’absentéisme ne fait que commencer

L’absentéisme qui dégrade l’image de l’administration publique dans l’opinion ne fait pas reculer le gouvernement congolais déterminé à procéder aux sanctions prévues par les textes en vigueur : «pas de travail, pas de salaire».

«Il y a des gens malades. Là, il n'y a rien à dire. Mais il y a aussi un certain absentéisme abusif où les gens utilisent à mauvais escient le système pour rester à la maison», a déclaré le ministre congolais du Travail et de la Sécurité sociale Florent Ntsiba lors d’une visite de travail à Lekana dans la région des Plateaux.

« Au nom de la politique, nombreux désertent le travail, utilisent le matériel de l’Etat au profit de leur parti politique et pénalisent même les retraités. C’est inadmissible », a ajouté Florent Ntsiba.

Au Congo, l’absentéisme au travail a marqué une «légère hausse».

Si la santé ou des motifs personnels sont «naturellement» citées comme premières causes d'absence, les fonctionnaires congolais sont aussi démotivés par leurs conditions de travail. Les locaux sont souvent rudimentaires, voire insalubres, les moyens bureautiques font cruellement défaut, la formation professionnelle est, pour ainsi dire, inexistante.

Les multiples plans de modernisation et d’informatisation ne vont pas plus loin que les sphères ministérielles.

La plupart des cadres moyens et subalternes se contentent de venir faire acte de présence le matin. L’après-midi, ils vaquent à leurs multiples occupations informelles :politique, commerce, artisanat, cultures maraîchères…

La corruption règne, les systèmes d’avancement restent opaques. Bref, les services publics vont à vau-l’eau.

Edwige KISSINGER

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