La CEMAC pointe les carences en matière de mobilisation de recettes budgétaires au Congo-Brazzaville

La Communauté économique d'Afrique centrale pointe, dans son rapport annuel sur les réformes économiques, les carences en matière de mobilisation de recettes budgétaires au Congo-Brazzaville, rapporte la radio mondiale.

«Je pense que tous nos États ont fait des efforts en matière de mobilisation des recettes non pétrolières. Mais, il y a eu des lenteurs au Congo ; lenteurs liées à ses négociations avec le FMI », a expliqué le professeur Cyr Djena Wembou, secrétaire permanent du PREF-Cemac.

Les discussions entre le Congo et le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) sont au point mort depuis 2019. L’institution de Bretton Woods demande au pays de renégocier sa dette vis-à-vis des traders notamment.

À cause de cette dette, entreprises et citoyens font face à une pression fiscale sans précédent, analyse Brice Makosso de la Coalition congolaise « Publiez ce que vous payez ».

Ce ne sont pas des négociations avec des États. Ce sont des négociations avec des particuliers, avec des commerçants, qui ont leurs exigences… Elles prennent le temps qu’il faut, c’est tout à fait normal.

«Cette situation (d’endettement) met le Congo dans une complexité budgétaire. Elle fait que le gouvernement exerce la pression fiscale sur les entreprises et les citoyens. Il est très clair que ce scénario pourra probablement déraper, en maintenant cette pression sur les entreprises et les citoyens », relève M. Makosso.

En 2020 la crise sanitaire due au Coronavirus a bien impacté la collecte des recettes non pétrolières, affirme l’économiste et fiscaliste Ray Okana.

« L’impôt qui rapporte plus de ressources au budget, c’est la TVA ou l’impôt sur la consommation. Or, en période de crise généralement la consommation est très faible parce que le pouvoir d’achat est très amoindri à cause des licenciements et de nombreux chocs », fait-il observer.

La crise sanitaire est en même temps présentée par les économistes comme une opportunité ayant permis de détecter les failles de l’économie. En matière de mobilisation de recettes hors pétrole, Ray Okana est optimiste quant au redémarrage de la machine en 2021.

« Je pense que la machine va fonctionner, donc redémarrer, mieux que le régime que nous avons pu observer en 2020 », dit-il.

Pour optimiser le dispositif de recouvrement des recettes hors-pétrole, de nombreux experts conseillent aux autorités de mener une grande lutte contre la corruption et les exonérations.

Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso a déclaré récemment sur les antennes de RFI que « Nous continuons les négociations avec nos partenaires du FMI. Les négociations étaient suspendues, nous les reprenons et nous avons foi, effectivement, qu’à la reprise de ces négociations nous parviendrons à nous accorder avec nos partenaires. Il y a la volonté du gouvernement qui reste affichée, il y a la nouveauté du gouvernement qui doit rassurer et il y a aussi la continuité des négociations, telles qu’elles avaient été entreprises par nos prédécesseurs. Ce n’est pas que nous n’ayons pas pu mettre en œuvre les mesures… Si ! Les mesures ont été mises en œuvre. L’évaluation peut établir qu’il y a encore des efforts à fournir et nous poursuivrons ces efforts, pour que nous puissions arriver à nous entendre de façon définitive avec nos partenaires ».

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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