Congo : Une campagne pour réduire les accidents de la route

Réduire de manière drastique les accidents sur les routes congolaises, c’est l’objectif de la campagne de sensibilisation à la sécurité routière lancée à Brazzaville, la capitale congolaise, pour toucher le grand public et améliorer la compréhension de tous les usagers de la route, y compris les piétons.

Initiative du Ministère congolais des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, cette campagne a débuté par la diffusion des panneaux de signalisation sur les réseaux sociaux, notamment sur le compte Twitter du Ministère, demandant aux automobilistes de respecter les limitations de vitesse du code de la route.

La vitesse au volant transmet plus d’informations au cerveau qui a des difficultés à toutes les percevoir et à les analyser. Des informations capitales, comme la présence d’autres usagers ou de panneaux de signalisation, sont alors négligées et la fatigue visuelle s'installe plus vite. Le conducteur distingue moins bien les objets environnants, ce qui augmente le risque d’accident au volant.

Plus la vitesse au volant est grande, plus la distance d’arrêt augmente et plus le choc est violent en cas d’accident.


A 50 km/h, la distance d’arrêt est de 26m et de 78m à 100 km/h, soit 3 fois plus. La vitesse augmente ainsi la distance parcourue pendant le temps de réaction (1 à 2 secondes avant même de freiner).

Les accidents de la circulation sont aujourd’hui l’une des principales causes de mortalité au Congo-Brazzaville. La problématique de la sécurité routière demeure une question viscérale. Le nombre croissant des décès; blessées graves dû aux accidents de la route et les traumatismes qui en résultent font de la sécurité routière un problème de santé publique.

En avril 2017, la Direction générale des transports terrestres (DGTT) avait lancé une opération d’implantation des panneaux de signalisation dans les principales villes du pays.

Cette opération saluée par les usagers de la route avait commencé à Brazzaville, la capitale congolaise avant de toucher les routes nationales (1 et 2), la ville de Pointe-Noire et toutes les grandes villes qui ont connu la politique de municipalisation accélérée.

De l’avis de certains automobilistes, les rares panneaux placés sur les artères ne seraient pas implantés à l’endroit adéquat, notamment au début d’une voie ayant plusieurs tournants ou carrefours. D’autres par contre sont absents des lieux où ils sont le plus demandés.

Cet imbroglio d’emplacement et autres découlerait tout simplement de l’amateurisme sans cesse manifesté par les agents en charge de leur implantation, qui démontrent leur parfaite ignorance du code de la route. Si cette ignorance a pu occasionner par le passé de nombreux accidents de la route et d’autres dont elle est à l’origine, il va s’en dire que plusieurs automobilistes ont donc été induits en erreur par ces derniers.

Dans ce triste constat, les automobilistes sortis des écoles de conduite comme d’autres qui n’y ont jamais été, semblent aussi ne pas être en reste suite à la bonne lecture de ces panneaux de signalisation. Ceci au regard de leur comportement aux volants des véhicules, où il est souvent arrivé dans l’histoire des accidents de la route que des piétons se fassent tamponner par un véhicule bien qu’étant situé sur le passage réservé à ces derniers, pourtant bien inscrit sur la chaussée.

Ces rares panneaux qui sont installés à certaines circonstances font souvent office de tableaux d’affichages comme il est de coutume en période électorale ou pour des annonces évènementielles. D’autres par contre sont souvent cassés par des chauffards en état d’ivresse ou dans un excès de vitesse.

Le déficit de panneaux de signalisation observé sur plusieurs artères de la capitale et à l’intérieur du pays constitue un véritable danger pour les automobilistes et les piétons.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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