Congo – Covid-19 : Les exactions de certains agents de la Force publique de plus en plus décriées par les populations

Disposées à faire respecter les mesures-barrières édictées dans la lutte contre le covid-19, de nombreux éléments ripoux de la Force publique restent attachés à ce que l’opinion nomme désormais par « covid-business ». Pour ces ‘’agents de l’ordre‘’, tout est prétexte pour rançonner les populations, surtout lorsque l’infraction est manifeste.

Au nombre des mesures-barrières édictées par les autorités nationales dans la lutte contre le coronavirus, le non port du masque est de loin l’infraction pour laquelle les congolais ont désormais maille à partir avec la Force publique.

Quel que soit le motif du non port du masque ou qu’il soit mal porté, la répression des agents de la Force publique est telle que l’on se demanderait si le prévenu n’est-il pas un criminel ou un bandit de grand chemin, longtemps recherché par la police et enfin rattrappé, au regard de la violence exercée à son endroit.

Même les personnes attablés, parfois seules, surprises en train de boire ou de se restaurer, sont verbalisées sans ménagement et elles sont sommées de s’acquitter séance tenante et sous la menace, d’une amende dont le règlement est davantage conditionnés par le degré de la violence.

Si les sanctions infligées entretemps par la hiérarchie de la Police nationale à certains agents pris en flagrant délits de racket avaient conduit à l’inflexion de la pratique, celle-ci a depuis repris son cours et l’usage est quasi systématique.

Quant au couvre-feu, celui-ci a fait naitre chez certains agents pervers, une autre pratique, celle du « payement de l’amende en nature », auquel sont astreintes de nombreuses jeunes filles arrêtées au-delà de 20 heures.

Des jeunes filles violées, qui n’osent dénoncer leurs agresseurs, tant elles ont peur des représailles, mais aussi de l’opprobre dont elles vont se couvrir.

Par esprit de corps, les agents disciplinés n’osent rapporter les faits à la hiérarchie, de crainte d’être mis au banc par le reste de la troupe.

Ces pratiques avilissantes sont le fait de quelques agents marginaux. Pourtant leur multiplication jette le discrédit sur tout le corps de métier désormais voué aux gémonies. Il serait temps pour le commandement de la Force publique, de soulager la population de ces agents qui se délectent du « covid-business », par des sanctions exemplaires.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville

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