Congo : l’opposition réclame une concertation avant les élections législatives pour débattre du recensement biométrique

Plusieurs formations politiques, regroupées au sein de la Convention des partis républicains (Copar), réclament auparavant une concertation avant les élections législatives pour débattre notamment du recensement biométrique.

«Le Dialogue de Sibiti a acté le recensement biométrique pour lutter contre les irrégularités et la fraude. Est-ce que cette biométrie est aujourd’hui mise en œuvre ? Non ! Or, on doit aller aux élections législatives et locales cette année. Il faudra bien qu’on discute de cette biométrie. Le Congo a quand même une histoire. Vous savez très bien qu’il y a toujours eu des problèmes ici, et même des guerres », a déclaré le coordonnateur du Copar, Christ-Antoine Walembeau.

«Nous avons à faire avec un système qui organise beaucoup de fraudes. Nous le vivons toujours : la fabrication de fausses procurations. Quelqu’un a gagné sur le terrain, mais quelqu’un d’autre est proclamé élu (…). Est-ce que nous allons faire la guerre pour cela ? Non ! On discute plutôt pour améliorer le système », a proposé Christ-Antoine Walembeau.

Pour le coordonnateur du Copar composée du Parti républicain libéral, du Congrès pour la démocratie et la République, du Mouvement pour la sauvegarde des intérêts et le salut, du Congrès des démocrates africains et du Parti congolais écologiste et d’éthique, la démocratie est une quête permanente : « Donc, mieux vaut dialoguer que de se faire la guerre ».

La mise en œuvre de la biométrie permettra de corriger les faiblesses du système électoral national et d’assurer la crédibilité des élections.

Dans son dernier discours sur l’état de la nation, le Président congolais, Denis Sassou-N’Guesso a confirmé que les élections législatives et locales se tiendraient courant 2022. La date reste encore à être déterminée.

En novembre dernier, le ministre congolais de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, Guy Georges Mbacka, a annoncé, lors de la séance des questions orales avec débat au gouvernement, que la mise en œuvre de la biométrie dans le système électoral congolais, l’une des trois recommandations du dialogue politique de Sibiti de 2015, n’est pas envisagée pour les scrutins législatifs et locaux de 2022.

Pour Guy Georges Mbacka, la biométrie est essentielle pour le découpage électoral, mais sa faisabilité se heurte à plusieurs contraintes parmi lesquelles la nécessité de procéder à un recensement général de la population et de disposer d’un système d’état civil fiable répondant aux standards internationaux.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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