Les congolais votent ce dimanche

Ils sont environ 2 millions d'électeurs appelés aux urnes ce dimanche au Congo-Brazzaville. Dans près de 5 370 bureaux ils vont choisir entre neuf candidats, dont une femme, le successeur du président sortant Denis Sassou-Nguesso.

Le taux de participation sera l’un des enjeux majeur de cette élection pour laquelle les neuf candidats ont battu campagne et se voient en mesure de l’emporter.

Contrairement aux précédents scrutins, les organisateurs proposent un bulletin unique sur lequel on retrouve les photos, logos ou emblèmes des neuf candidats

C'est une opposition recomposée qui affronte Denis Sassou-Nguesso. Une opposition qui en plus de ses figures traditionnelles comme Pascal Tsaty Mabiala a été rejoint par plusieurs transfuges du pouvoir.

Parmi les candidats, trois sont des anciens ministres du président sortant. Deux l'étaient encore il y a peu : Claudine Munari, et Guy Brice Parfait Kolelas, révoqués en août dernier pour s'être opposés au référendum constitutionnel qui permet aujourd'hui à Denis Sassou-Nguesso de se représenter. Le troisième, André Okombi Salissa, connaît lui aussi parfaitement le camp présidentiel. Il était même l'un des piliers de la campagne du parti au pouvoir en 2009.

Il y a aussi le général Jean-Marie Michel Mokoko, dont la candidature en a surpris plus d'un, lui l'ancien chef d'état-major, perçu comme un loyaliste républicain.

Viennent ensuite Joseph Kignoumbi Kia Mboungou de l’Association « la chaine », Anguios Nganguia Engambé du PAR et Michel Mboussi Ngouari du COPAR.Cinq des candidats de l'opposition se sont engagés à se ranger derrière celui qui arriverait en tête. La présidentielle est une élection au suffrage universel direct. Le candidat qui obtient la majorité absolue des voix l'emporte au premier ou au deuxième tour.

A un mois du scrutin, l’Union européenne annonçait son refus d’envoyer des observateurs.

La CNEI, la Commission nationale des élections officielles, dont l’indépendance est remise en cause par l’opposition, annonce près de 1200 observateurs, nationaux et internationaux.

Parmi ceux qui ont répondu présents, il y a l’Union africaine. Après avoir hésité, l’UA déploie finalement une trentaine d’observateurs dans les grandes villes du pays.

L’Union européenne ne sera pas tout à fait absente. Une vingtaine de ses diplomates sillonneront les bureaux.

L’essentiel des observateurs accrédités sont issus de diverses organisations de la société civile congolaise. Mais avec des absents de poids tels que le Réseau pour la paix et les droits de l’homme (RPDH), l’Organisation congolaise des droits de l’homme (OCDH) ou encore la Commission justice et paix, considérées comme les plus indépendantes du pays.

Les bureaux de vote fermeront à 18 heures. Ensuite s’en suivront les opérations de dépouillement et de centralisation des résultats.

La loi électorale congolaise ne prévoit pas la publication des résultats partiels ou des différentes tendances, au fur et à mesure de la centralisation des résultats.

L’opposition IDC-FROCAD qui a mis en place sa propre cellule de centralisation des résultats sera confrontée à une difficulté manifeste de communication avec ses différents délégués déployés à travers tout le pays.

Le Congo vit en circuit-fermé, le temps de l’élection, ce jusqu’à lundi. Les communications nationales et internationales ont été coupées à la demande des autorités.

Arielle KAMBISSY

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