La violence : Un vrai danger pour la démocratie africaine ?

La violence avant, pendant et après les élections en Afrique connaît une progression constante et inquiétante, de scrutin en scrutin, quel que soit le type d'élection même si le continent ne dispose pas de méthode scientifiquement rigoureuse pour établir une estimation à l'avance.

Après près de quatre mois de campagne relativement paisible en Ouganda et à trois jours du premier tour de la présidentielle, la journée de lundi a été meurtrière.

Au moins une personne a trouvé la mort dans des affrontements avec la police après la brève interpellation du candidat Kizza Besigye, qui l’a empêché de se rendre à l'université Makerere où il devait tenir un meeting.

Au Gabon l’opposition (Jean Ping) lance les balles en caoutchouc sur le président Ali Bongo Ondimba élu démocratiquement en août 2009. Des phrases assassines qui ne donnent pas l’aspect d’une présidentielle apaisée en septembre 2016.

En RDC, on marche sur le fil.

Au Congo voisin, Jean Marie Michel Mokoko sait désormais la vraie odeur d’un gaz lacrymogène.

Mais ce sont les mois qui suivent qui posent problème.

Ce climat délétère de ces dernières semaines, peut-il alimenter l'abstention, le meilleur parti en Afrique ?

En effet, les africains manifestent de nos jours un certain dégoût mêlé de déception vis-à-vis de la politique, certains pensent que le résultat du vote ne changera pas leur vie de toute façon.

C'est vrai, et les responsables politiques doivent répondre à ces sentiments qui les interpellent, bien sûr.

Enfin, sans une campagne sans bavure et dérive, sans une sécurité renforcée lors des élections en Afrique, on s'expose à ce qu'un jour il n'y ait plus du tout d'électeurs ou candidats.

C'est là un vrai danger pour la démocratie.

Edwige KISSINGER

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