Ekoti ya Monseigneur : le “chapeau” historique qui veille sur la RN2

Sur la majestueuse RN2 reliant Brazzaville à Oyo, un site attire l’attention des voyageurs et nourrit la curiosité : Ekoti ya Monseigneur, littéralement le chapeau de Monseigneur. Ce lieu emblématique, visible depuis la route, n’est pas seulement un point de repère pour les automobilistes ; il porte en lui une page importante de l’histoire du Congo.

Le nom Ekoti ya Monseigneur fait référence à Prosper Philippe Augouard, l’un des premiers missionnaires français à fouler le sol congolais à l’époque coloniale. Figure marquante de l’évangélisation en Afrique centrale, Monseigneur Augouard a laissé une empreinte profonde dans plusieurs régions du Congo à travers ses missions et ses initiatives religieuses.

La forme particulière du relief ou du site, évoquant symboliquement un chapeau, aurait inspiré l’appellation populaire “chapeau de Monseigneur”, aujourd’hui entrée dans le langage courant des usagers de la route.

Situé entre la rivière Lefini et le village Etsouali, ce site représente tout un symbole, incarnant le pouvoir du royaume chez les Téké dans le département des Plateaux. Ce relief forgé par l’érosion, aux pentes moins raides, avec un sommet arrondi, fait partie de la catégorie des montagnes anciennes, selon la classification des scientifiques.  

Cela veut dire qu’elle s’est formée pendant l’ère primaire, il y a plusieurs centaines de millions d’années.

C’est le rocher curieusement sculpté par la nature, qui se trouve à son sommet, qui fait du mont Ngankouolo, la montagne la plus célèbre du plateau batéké.

 Elle n’est pas une œuvre humaine, mais le résultat de l’action conjuguée de deux éléments de la nature que sont l’air et l’eau.

Ekoti ya monseigneur, qui surplombe donc le mont Ngankouolo, est une crête de grès (roche siliceuse résultant de la cimentation naturelle du sable). Sa forme est due à l’action des eaux de pluie et du vent (érosion éolienne), qui sont quelques-unes des principales causes d’érosion en montagne.

Pour les voyageurs qui empruntent régulièrement la RN2, ce site est devenu une véritable signature du trajet.

« Quand on passe devant Ekoti ya Monseigneur, on se rappelle que cette route n’est pas seulement un axe de transport, mais aussi un chemin chargé d’histoire », confie un habitué du voyage entre Brazzaville et Oyo.

Au-delà de son aspect historique, le site fascine aussi par le paysage qui l’entoure.

La nature environnante, calme et majestueuse, offre un spectacle qui pousse souvent les passagers à regarder par la fenêtre ou à sortir leur téléphone pour immortaliser l’instant.

« Ekoti ya Monseigneur est plus qu’un simple repère sur la route : c’est un symbole qui rappelle les premiers contacts entre l’histoire religieuse et la terre congolaise », explique un voyageur admiratif.

Aujourd’hui, ce lieu continue de susciter l’intérêt et la curiosité de ceux qui découvrent la RN2.

Entre mémoire historique, patrimoine culturel et beauté naturelle, Ekoti ya Monseigneur demeure une halte symbolique qui rappelle que chaque route du Congo peut raconter une histoire vieille de plusieurs générations.

Envoyé Spécial : Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville