Etanislas Ngodi rend un vibrant hommage à Jean Claude Siapa Ivouloungou

Jean Claude Siapa Ivouloungou a été l’un de ceux qui ont donné de la richesse et de la vigueur à la 11e législature de l’Assemblée nationale entre 2002 et 2007, selon Etanislas Ngodi dans son livre intitulé : «Oppositions démocratiques du Congo-Brazzaville : De la Conférence Nationale Souveraine de 1991 aux élections législatives de 2012 » paru aux Editions L’Harmattan.

«Jean Claude Siapa Ivouloungou fait partie de cette poignée des députés de l’opposition, la dizaine en tout, sur les 129 députés, qui fera revivre l’opposition parlementaire au lendemain de la victoire militaire de 1997. C’est au début de l’année 1990 qu’il débute sa carrière politique dans les rangs de l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS). Ce diplômé de Droit ne connaitra pas une véritable ascension professionnelle remarquable du fait de la domination des grands de la « bande des quatre ». Il sera reconnu comme cet universitaire laborieux, souvent surchargé, mais toujours intransigeant et généreux.

Après la guerre de 1997, il est à Tsinguidi, village natal de Pascal Lissouba, où il passe son exil interne. Il sort affaibli et surtout rongé par un sentiment d’injustice. Il sera élu en 2002, comme député de Mayoko sous les couleurs de l’UPADS.

Grand militant de la démocratie, Jean Claude Siapa Ivouloungou a été l’un de ceux qui ont donné de la richesse et de la vigueur à la 11e législature de l’Assemblée nationale entre 2002 et 2007.

Très critique, en aucune seule fois il a voté le budget national, arguant que celui-ci ne tenait jamais compte des vrais problèmes du peuple.

Lors des séances des questions orales et débats avec les gouvernements, tout le monde attendait que Jean Claude prenne la parole, pour relancer le débat politique, généralement mourant à l'hémicycle.

Il est choisi par ses pairs de l’opposition pour siéger au Parlement panafricain en Afrique du Sud.

Après les élections législatives de 2007, la poignée des députés dits de l’opposition se perd dans des querelles de leadership.

En raison des questions liées à la situation interne du parti depuis La chute de Pascal Lissouba, les tendances autour de Christophe Moukoueké et Pascal Tsaty-Mabiala formeront un groupe parlementaire de l’opposition. Jean Claude Siapa sera un acteur incontestable dans la réconciliation au sein de l’UPADS.

Pour tous ceux qui l’ont connu, retiennent de l’homme, l’image d’un parlementaire populaire qui n’avait pas besoin d’un garde-corps, un chauffeur ou d’attachés parlementaires. Il prenait son taxi pour se rendre à l’Assemblée nationale, recevait tout le monde chez lui, pour apporter de l’aide sociale ou économique. C’était un humanitaire, ami de tous.

Il a refusé pendant longtemps le poste de « ministre » dans un quelconque gouvernement du président Dénis Sassou N’Guesso, chose rare pour tous ces Congolais, assoiffés de pouvoir et vivant de la politique du ventre.

Il meurt le 3 juillet 2012 à Paris, à douze jours du premier tour des élections législatives, où il devait affronter pour la première fois un candidat du PCT. Les circonstances de sa mort demeurent inconnues. Evacué en France, à la suite d’un accident vasculo- cérébral, il laisse derrière un vide incommensurable.

Il est connu sur la scène politique comme un acteur à la voix grave ayant l’art oratoire convaincant. C’était donc un homme sérieux qui a vécu dans une ambiance de fair-play au point parfois de passer pour un naïf.

Paix à ton âme ».

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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