Présidentielle de mars 2026 - CSLC : Médard Milandou en appelle au professionnalisme des journalistes pour une couverture médiatique équitable et neutre

Prélude à l’échéance électorale de mars 2026 qui pointe à l’horizon, le Conseil Supérieur de la liberté de Communication (CSLC), à travers son président Médard Milandou Nsonga a eu un échange avec les responsables des médias publics et privés, des journalistes de la presse en ligne, le mardi 24 février 2026 à l’hôtel de l’ACERAC à Brazzaville. Occasion pour cette institution de régulation des médias congolais de rappeler et d’attirer leur attention, sur leur responsabilité et leur partialité sur la gestion de passage et de traitement de l’information, en ce qui concerne la campagne électorale, qui couvrira la période du 28 février au 13 mars 2026. Afin de les sensibiliser aux exigences majeures d’une couverture professionnelle, équilibrée, répondant aux règles déontologiques en période d’élections.

A l’entame de cette rencontre avec la presse, Médard Milandou a fait observer une minute de silence, en mémoire de son prédécesseur, Philippe Mvouo, président honoraire du CSLC, décédé à Paris en France, il y a quelques jours. 

Dans un langue, franc, sincère et direct, Médard Milandou Nsonga a de prime abord évoqué l’intérêt d’une telle initiative, profitable pour la conscientisation et le civisme des uns et des autres. Aussi, de la session de formation et de renforcement des capacités en période électorale destinée aux professionnels des médias de Pointe-Noire. Expérience, qu’il aurait voulu partager avec les confrères de Brazzaville avant les échéances. Mais hélas, faute de temps et surtout des moyens, ce projet n’a pu se réaliser.

« Le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication, a entrepris des décentes citoyennes en direction des familles et des plateformes politiques de notre pays. Ainsi, le 27 janvier 2026, nous étions chez le ministre Luc Daniel Adamo Mateta, qui préside les parties du centre. Ensuite, le 28 janvier, nous étions au PAR, de Monsieur Anguios et le 30 janvier, nous étions à l’ARD, qui est présidée par M. Mathias Fillon. Nous avons été le 3 février à l'opposition constitutionnelle, avec son chef de file M. Pascal Tsaty Mabiala et les 11 et 12 février dernier, nous étions avec la majorité présidentielle. Et aujourd'hui, nous avons décidé d'être avec vous, c'est-à-dire de conclure cette série des rencontres avec les médias », a révélé le président du Conseil Supérieur de la Liberté de Communication.

« La presse est un des piliers de la démocratie. Sans la presse, il n'y a pas de démocratie. Elle doit être indépendante, libre, mais aussi, elle doit respecter la séparation des pouvoirs dans un État de droit. Pour une presse libre et indépendante, celle-ci doit collecter l'info sans pression. Mais l'expression libérale de la presse est garantie par des textes et des lois de la République, pour un meilleur exercice de cette profession, la censure étant prohibée », a-t-i souligné.

 « En effet, ce genre de communication n'était pas radicale, mais une communication de proximité. Ce n'était pas pour restreindre leur liberté, ce n'était pas pour leur inculquer des notions, plutôt, c'est beaucoup plus pour parler avec eux de l'élection présidentielle dont la campagne va démarrer dans quelques jours », a-t-il rappelé.

 Par ailleurs, Médard Milandou a aussi signifié que « ce n'était pas un message de paix que nous apportions là-bas, que nous apportions vers des compatriotes, vers des compatriotes qui sont les dirigeants, vers des compatriotes qui ont des messages à faire passer, qui ont des messages à diffuser pendant la campagne à travers les médias. Et non ce que nous leur demandions était juste des messages de paix, d'abandonner les messages donnés, d'abandonner les injures, d'abandonner les provocations. Mais de diffuser, de faire diffuser ou de discuter dans la paix, c'est l'essentiel de ce que nous allons discuter avec toutes ces plateformes ».

Faisant et usant d’un peu de pédagogie, Milandou Ntsonga a émis le vœu « que tous les candidats à la présidentielle soit pris au même pied d’égalité. Il d’ailleurs fait allusion à l’autocensure, qui devrait être un bouclier pour les hommes des médias, afin de ne pas tomber dans le piège de l’impartialité et du favoritisme et de parti-pris. « Vous devez faire attention, puisque vous serez envoyés à plusieurs reprises dans des reportages. », a-t-il conseillé.

« Mais la presse aussi est soumise au battement de cœur de celui qui écrit, de celui qui parle. Le battement de cœur devrait lui interdire un certain nombre de comportements. Et les rencontres citoyennes que nous avons eues, nous avons remarqué un certain nombre d'incriminations de la part des hommes politiques de notre pays. La radio et la télévision sont au service, ou seraient au service d'un parti politique. Les partis de l'opposition n'auraient pas accès aux médias, surtout aux médias publics. L'absence de débats contradictoires dans les médias. Le non-respect du principe d'équité dans les médias », a-t-il fait remarquer.

« Alors aujourd'hui nous voudrions mettre à votre disposition des directives, directives aux journalistes pour la couverture médiatique de la campagne relative à l'élection du président de la République. Ces directives ont été prises puis discutées au Conseil, au Collège des membres et à d'autres conseillers. Mais ces directives sont subies par les délibérations du Conseil.

Pendant la campagne électorale, les médias sont tenus d'informer le public de manière complète, honnête et responsable sur le processus électoral, notamment sur les forces en présence, les enjeux difficiles, l'organisation et les modalités de rôle. Les médias doivent diffuser des émissions ou publier des articles à caractère éducatif et civique destinés à éclairer les électeurs sur les conditions et modalités de vote, l'inscription et la vérification sur les listes électorales, le caractère secret du vote, l'importance de la participation citoyenne. Ces contenus doivent être objectifs, précis et accessibles, y compris par l'utilisation des langues, les langues nationales ou locales, afin de pousser le plus dans l'ordre des électeurs et de prendre en compte les populations traditionnellement émanées de l'information politique », a-t-il réitéré.

Les médias doivent garantir l'exercice effectif du droit de réponse dans les conditions prévues par la loi. Toute personne ou candidat mis en cause dispose d'un droit de réponse rapide exercé pendant une période de 24 heures, suivant la division des messages diffusés et diffusés dans les conditions techniques suivant la scène du message initial. De même, le droit de rectification s'impose à tout organe ayant constaté une erreur d'avènement ou d'exposé de fait dans une de ses publications ou de diffusion antérieures.

Le Collège des membres du Conseil supérieur de la liberté de communication a pris des délibérations portant interdiction de la retransmission en direct de toute activité de campagne électorale des candidats.

Par conséquent, le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication va procéder à une sélection des journalistes et médias locaux qui vont couvrir cette campagne électorale, scrutin des 12 et 15 mars 2026. Ladite liste n’a pas été révélée au public.

VALDA SAINT-VAL/Les Echos du Congo-Brazzaville