Pamelo Mounk’a, 25 ans déjà !

Le 14 Janvier 1996 s’éteignait à Brazzaville Yvon Mbemba Bingui dit Pamelo Mounk’a. L’un des artistes le plus talentueux de sa génération rangeait définitivement son micro.

S’il est des artistes qui ont marqué le cours de leur vie en imprimant une marque sur les différentes générations, Pamelo Mounk’a est de ceux-là. Chaque génération a eu ses chansons cultes, expression d’un rendu sociologique dans lequel chacun s’est retrouvé ou senti interpellé.

Ce trait de caractère se traduit dans les chansons de Pamelo Mounk’a par une orchestration rigoureuse qui draine un message à la thématique quasi didactique. Pamelo a beaucoup composé. Une œuvre immense qui embrasse tous les contours de la vie, de la naissance à la mort.

La force de chaque œuvre est contenue dans le message bien souvent puisé de l’environnement sociologique. L’artiste devient alors ce philosophe populaire dont la dimension transcendantale fait saisir à toutes les couches de mélomanes les subtilités de l’école de la vie.

« Alléluia Mounk’a » « Mama na mwana » ou autre Masuwa, sont dignes d’un programme de développement de l’Homme intégral. Châtier les mœurs par la chanson, vitrine de l’âme des peuples, de ses us et coutumes, jamais Pamelo ne s’en est détourné, comme investi d’une mission, d’un devoir de dimension universelle.

Le propre des génies culturels, c’est d’accompagner la conscience collective en guide éclairés. Pamelo Mounk’a ne s’y est jamais dérobé même si, pétri de modestie, jamais il ne s’est prétendu supérieur aux autres.

Quand il a chanté l’amour, Pamelo Mounk’a l’a ennobli en le dépouillant de tous les oripeaux cupides qui avilissent ce sentiment.

« Amour de Nombakélé », « Samantha » sont parmi tant d’autres succès, des références qui tracent ce trait de cœur qui chez Pamelo idéalise l’acte d’aimer, presque avec piété.

L’amour que chante Pamelo est pur et sans fioriture, sans calcul, sans exhibitionnisme bêtifiant et avilissant auxquels « certains mercenaires culturels » déguisés en artistes nous abreuvent désormais.

« Ce n’est que ma secrétaire » traduit le respect, la confiance et le pardon dans la vie de couple. Ne pas chercher à être heureux soi-même, mais à tout faire pour que l’autre le soi. Un don de soi en somme.

Soudain tout s’illumine et l’on passe simplement du beau au sublime.

Les dernières prestations de Pamelo Mounk’a avec les « Bantous Monuments » avant que la maladie l’emporte sonnaient le clap de fin d’une vie d’artiste bien remplie. Un talent immense. Un rayonnement international. Soudain, la beauté de son œuvre musicale s’est imposée à tous comme une référence que le temps ne pourra corroder.

25 ans après sa mort Pamelo Mounk’a continue de nous jouer de la bonne musique à travers les supports qui garnissent nos discothèques. Du paradis de la chanson, il peut se satisfaire et se dire dans un souffle : « mission accomplie sur la terre des hommes ».

Benoît BIKINDOU / Les Echos du Congo-Brazzaville

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