Gabon – Évocation : Quand Ali Bongo se prenait pour James Brown

Ali Bongo a eu plusieurs vies, avant de se lancer en politique sur les traces de son père, Omar Bongo.

Converti à l’islam, Alain Bongo devient Ali Bongo. Alain Bongo a vécu la jeunesse dorée des enfants de notables africains, entre le continent et l’Europe, fréquentant les beaux quartiers et les écoles chics. Pour lui, c’est le collège Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine avant des études de droit à la Sorbonne.

En 1977, il tente l'aventure musicale, peut-être influencé par sa mère, la chanteuse Patience Dabany, toujours en activité.

Passionné de funk, de soul et de rythm’n blues – qu’ on n’appelle pas encore R’n’B –, il se lance sur les traces de James Brown, idole absolue en Afrique, surtout depuis sa prestation à Kinshasa au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo) en 1974 dans la tournée qui accompagne le mythique combat de boxe opposant Mohamed Ali à George Foreman.

Le concert de James Brown marquera la musique africaine à tout jamais et Alain-Ali Bongo ira chercher les musiciens de son idole pour enregistrer son premier et unique album, A Brand New Man.

Il s’est entouré de Charles Bobbit, ex-manager, et surtout il fait appel à Fred Wesley, tromboniste pilier avec Maceo Parker et Pee Wee Ellis de la terrifiante section de cuivres de JBs Horns, qui signe nombre d’arrangements de ce disque groovy et typique de cette époque pré-digitale où on entend encore la chaleur des instruments.

La jaquette affiche un Alain Bongo déjà bien empâté, arborant un col pelle à tarte vintage et une modeste coupe afro. On ne sait pas si ce disque connut un gros succès. Il est en tout cas introuvable de nos jours sur Amazon, mais on peut en dénicher quatre exemplaires sur Discogs, à partir de 15,22 €.

Que se serait-il passé si ce disque avait marché, si Ali Bongo au lieu de suivre les traces de son père était devenu une star du funk ? Mystère.

Bertrand BOUKAKA