Le fétichisme, tabou des Diables rouges

Au sein de l'équipe nationale comme dans la plupart des sélections sur le continent, le fétichisme fait plutôt bon ménage avec le football. Plus ils y sont sensibles, moins ils en parlent. La simple évocation d’un article sur les fameux grigris fait fuir les interlocuteurs, y compris les habitués des médias et ceux qui ne sont pas nés ou ne vivent pas sur le continent.

Ainsi, plusieurs joueurs congolais ont poliment décliné l’invitation qui leur avait été faite de parler (même sous le couvert de l’anonymat) de l’impact des différentes croyances au sein de la sélection. « Voyez plutôt avec untel, il est beaucoup plus à l’aise sur la question… » Et untel, bien sûr, ne décrochera jamais. « Cela ne m’étonne pas vraiment, s’amuse Claude Le Roy, le sélectionneur des Diables rouges. Ils sont presque tous très croyants et le fétichisme reste assez présent, mais ils gardent cela pour eux, c’est quelque chose de très personnel.

Les grigris font partie de la culture africaine, même si j’ai parfois le sentiment que le phénomène a un peu perdu du terrain au profit de la religion. » Et le Français d’ajouter : « Je pars toujours du principe qu’en Afrique je ne suis pas chez moi et que je dois m’adapter à la culture du pays où je vis. Même si l’entraîneur que je suis doit aussi veiller à ce que ces choses personnelles ne perturbent ni mon travail ni la vie du groupe. »

GM

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