Covid-19 au Congo : ces bonnes habitudes que 2020 nous a imposées et qu'on ferait bien de garder pour toujours

Le virus est rentré au Congo-Brazzaville, comme dans la plupart des pays africains, par un cas importé. Il s’agit d’un franco-congolais qui revenait d’une mission en Hollande en passant par Paris. La pandémie de coronavirus nous a donc confinés, éloignés de nos proches, angoissés et endeuillés. Mais si nous voyons le verre à moitié plein, elle nous a aussi beaucoup appris sur nous-mêmes.

2020 fut une année difficile, et ce n’est qu’un euphémisme. Et alors que 2021 est tout juste entamée, nous n’avons pas encore tourné la page de l’épidémie et devons faire face à des jours, des semaines, sûrement de mois de lutte contre la Covid-19.

Mais rien n’est jamais tout noir. Et les moments les plus douloureux d’une existence ne sont pas sans porter des leçons. En ce sens, 2020 n’aura pas fait exception. Elle nous aura imposé certaines bonnes habitudes que nous ferions bien de garder en tête dans nos villes et villages. Aussi tumultueuse qu’elle ait été, l’année 2020 nous a aussi énormément appris sur nous, et notamment en termes de patience et du respect des gestes barrières édictées par le gouvernement de la République. À commencer par se laver les mains tous les jours et régulièrement.

En effet, les mains sont des nids à microbes, elles sont en contact avec des matières fécales, des fluides corporels, des aliments contaminés…80 % des microbes se transmettent par les mains. Alors pour éviter le pire, il est très important de bien vous laver les mains, régulièrement, et d’apprendre à vos enfants à en faire de même. Pour que vos mains soient correctement lavées, il faut utiliser du savon, frotter au moins 30 secondes et bien les sécher.

Se laver les mains plusieurs fois par jour est un geste barrière essentiel pour réduire la transmission du coronavirus responsable de la Covid-19 et des autres virus en général (la gastro-entérite et autres maladies diarrhéiques, la grippe, les infections cutanées et oculaires, les vers intestinaux). Parce que vous ouvrez des portes, et surtout les portes des toilettes, qu’on ne pense pas toujours à désinfecter et qui pourtant héberge un très grand nombre de bactéries. Parce que vous utilisez un téléphone portable, sur lequel cohabitent 7000 types de bactéries différentes. Parce que vous utilisez un ordinateur, dont le clavier contiendrait plus de bactéries que la lunette de vos toilettes. Parce que vous prenez les transports en commun, qui sont des foyers à germes. Parce que les bactéries peuvent rester vivantes 3 heures sur vos mains.

Puis, le gouvernement a appris à équiper nos hopitaux, notamment  des respirateurs, seule arme pour venir au secours des cas de covid-19 les plus graves.

Ensuite, les réseaux sociaux ont permis aussi aux congolais de garder contact, ils ont pris conscience du manque de l’autre, de ce qu’était la vie sans les autres. Cette prise de conscience peut avoir un effet sur la bienveillance vis-à-vis des autres.

Même confinés, nous avons été libres, libres de choisir la responsabilité. Et c’est l’addition de ces responsabilités individuelles qui fait que nous avons évité plus de décès que nous n’en connaissons déjà au Congo-Brazzaville.

Enfin, et c’est peut-être le plus important, sans oublier bien sûr que de nombreux congolais ont souffert, souffrent et souffriront encore de la pandémie : 2020 nous a montré que nous étions capables de nous adapter, même dans l’urgence, à une situation donnée.

Avec des hauts et des bas, certes, mais il semble qu’il s’agit d’une excellente leçon à appliquer dans de tous autres domaines.

Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville

 

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