Congo – Violences conjugales : Régulièrement battu par sa femme, il convoque le conseil de famille

Congo – Violences conjugales : Régulièrement battu par sa femme, il convoque le conseil de famille

La scène alimente les sarcasmes au quartier Makazou, dans les sixième arrondissement Mfilou. ''Tâ Marcel'' serait régulièrement battu par sa femme au point qu'il a fallu réunir le conseil de famille pour y mettre un terme.

Le visage régulièrement tuméfié de ''Papa Marcel'' a trouvé une explication logique, qui contraste d'avec les raisons farfelues qu'il donne souvent à ses amis, celles d'attaques de ''bébés noirs'' qui le détrousseraient.

En fait, papa Marcel, la cinquantaine, se fait battre par sa femme, à la moindre incartade. Même ses enfants tenus à carreau par une maman bâtie en ''armoire'' avec un physique de judoka poids lourd, n'osent s'interposer, de peur d'être rossés à leur tour.

Dans le foyer, c'est la maman qui décide de tout et mène tout le monde à la force de ses poings aussi redoutables qu'une cognée de bûcheron.

Excédé par les raclées répétées, Tâ Marcel a convié le conseil de famille à une palabre samedi dernier. Grand a été l'étonnement de tous, quand celui-ci a exposé les faits sur son martyr qu'il supporte depuis bientôt 15 ans déjà, pour préserver un semblant de dignité vis à vis du voisinage.

« C'en est trop. Elle me frappe sans retenue. Si je continu de me taire par honte du ridicule, un jour viendra où elle va me tuer. Je préfère parler et avoir honte pour préserver ma vie, que de continuer à me taire », a conclu Tâ Marcel, au bord des larmes.

Même si le divorce n'a pas été décidé, une cinglante mise en garde a été adressée à Mâ Thérèse, l'épouse de Tâ Marcel. Ses sœurs qui ne boxent pas dans la même catégorie que leur belle sœur ont promis engager des ''bébés noirs'' contre elle, si elle recommençait.

Tâ Marcel est désormais préservé des coups de son épouse, il est cependant la risée de tous ceux dont il croise le chemin qui ricanent et chuchotent dans son dos. Au moins cela ne le blesse pas pour autant.

Bertrand BOUKAKA/Les Échos du Congo-Brazzaville