Incitation à la haine tribale, le journal « Sel- Piment » suspendu

Le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) a suspendu, pour une durée illimitée, l’hebdomadaire satirique «Sel-Piment » pour « incitation à la haine tribale, l’atteinte à la cohésion nationale, le mensonge et la déformation des faits ou encore l’invocation de titres imaginaires ».

Le CSLC relève plusieurs articles : « Un message tribal a été utilisé par le pouvoir en place : si les bakongo prennent le pouvoir, les nordistes vont souffrir ». « Nouvelle République : le président de la communauté angolaise à Dolisie tué par les gendarmes ». « Les grandes manœuvres de l’oyocratie pour la conservation du pouvoir ».

En 2013, la publication avait écopé d’une suspension de 9 mois, mais son directeur, Raymond Malonga, avait continué d’éditer le journal ; ce qui lui a valu une détention provisoire.

Il y a plus d’une semaine le ministre congolais de la Communication a rappelé aux responsables des médias, que l’essor d’une presse indépendante et critique ne doit pas faire perdre de vue la responsabilité du journaliste dans la recherche de l’objectivité et la véracité des faits.

Thierry Moungalla a appelé aussi les journalistes congolais à veiller au regroupement des sources, à privilégier l’intérêt général et le respect des personnes, à aiguiser le sens de la mesure, du juste milieu, des justes propos, car l’information n’est importante que si elle est utile au public.

Mercredi dernier, l’ambassadeur des USA au Congo, Stéphanie Sullivan a invité tous les journalistes congolais à cultiver un journalisme de paix, capable d’éviter le piège de la manipulation et de l’incitation à la révolte, à la division, à la violence ou à la haine.

Aurélie ISSIMBA

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