Congo Armée : les maladies sexuellement transmissibles en ligne de mire dans la Force Publique, la prévalence y est très élevée

L’enquête comportementale et de sérosurveillance du VIH/Sida et de la syphilis au sein des Forces armées congolaises a rendu ses résultats.

L’atelier de restitution des résultats de cette enquête réalisée en 2014 a livré ses résultats vendredi 10 juin au Cercle Mess des officiers de Brazzaville, sous le patronage du Chef d’état-major général- adjoint, le général René Boukaka.

Le but  de cette enquête était de se documenter sur la prise en charge des décisions adéquates en matière de politique de prévention et de prise en charge du VIH et de la syphilis. L’enquête a été menée en partenariat avec le département de la défense des États-Unis d’Amérique.

L'étude  a été menée dans la période d'avril à mai 2014, à partir  d'un questionnaire sur un échantillon de 980 agents de la force publique qui ont été recrutés dans les trois grandes garnisons du pays, à savoir : Pointe-Noire, Brazzaville et Dolisie.

Les données sociologiques de cette étude ont montré que les sergents et sergent-chefs étaient très représentés. Ils appartiennent beaucoup plus à l’armée de terre et à la gendarmerie.

Les informations mises à la disposition du public font état de ce que la prévalence dans ce milieu est située désormais à 3,6%. Les enquêteurs ont, en outre, noté que les agents âgés de 40 ans sont les plus touchés avec un pic à 6,6% pour la tranche d’âge de 40 à 49 ans et 4,9% pour ceux qui ont plus de 50 ans.

« La pandémie du Sida au Congo est bien une épidémie généralisée. La dernière étude en date, celle de 2009 situait cette prévalence à 2,8%. La population du Congo est en majorité jeune, donc, sexuellement active et le multi partenariat est très courant. Comme tous les corps en uniforme, nous avons une vulnérabilité particulière étant entendu que presque toutes les études réalisées nous donnent un taux de prévalence qui est toujours supérieur à celui que l’on donne à la population générale », a commenté le représentant du directeur central des services de santé au ministère de la Défense nationale, le Médecin- colonel Romain Bahamboula Mpassi.

L’étude réalisée en partenariat avec Metabiota en 2009 avait trouvé à Brazzaville dans la force publique un taux de 2,6% alors que ce même taux dans la population de la même ville était à 3,2%, allusion faite aux militaires qui sont souvent en dehors de leurs foyers, en célibat géographique pour plusieurs raisons ».

Arrielle KAMBISSY  

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