Dans plusieurs Mairies du Congo-Brazzaville, les agents municipaux semblent avoir découvert une nouvelle unité de mesure : le mois de salaire impayé. Et visiblement, le compteur ne veut plus s’arrêter. Au total, ce sont plus de 250 mois de salaires cumulés qui restent impayés, avec une situation particulièrement préoccupante à Mossendjo, où les agents municipaux accusent jusqu’à 72 mois d’arriérés de salaires. Autrement dit, certains travailleurs attendent leur rémunération depuis si longtemps que leur fiche de paie pourrait bientôt être classée dans les archives historiques !
Derrière cette note d’humour se trouve pourtant une réalité profondément sérieuse. Ces agents sont des pères et des mères de famille qui continuent, malgré les difficultés, à assurer des missions essentielles : état civil, salubrité, entretien des espaces publics, administration locale et services de proximité.
Travailler pendant des mois sans être payé est une épreuve qui dépasse largement la simple question comptable. C’est une question de dignité, de justice sociale et de respect du travail accompli.

La situation appelle donc une réponse urgente et durable. Les collectivités locales doivent pouvoir disposer de ressources suffisantes pour fonctionner normalement et garantir à leurs agents des conditions de travail dignes.
Car, à ce rythme, dans certaines Mairies, le calendrier n’indique plus seulement les jours et les mois : il sert aussi à compter les salaires que les agents attendent toujours !
Il est temps que les arriérés soient résorbés et que le travail municipal retrouve sa valeur essentielle : un travail mérite un salaire, et un salaire mérite d’être payé à temps.
Germaine MAPANGA / Les Echos du Congo-Brazzaville