La cérémonie de présentation et de dédicaces du énième ouvrage du Professeur Placide Moudoudou, agrégé de Droit public, enseignant-chercheur et juge constitutionnel, s’est déroulée dans le 8 septembre dernier à l’auditorium de la présidence de l’Université Marien Ngouabi, devant un parterre d’intellectuels et d’étudiant, venus très nombreux. Le livre intitulé : ’’Droit constitutionnel congolais’’ est une étude qui porte sur l’Etat, la souveraineté, la Constitution, les droits et liberté fondamentaux et la justice constitutionnelle au Congo.

Dans la présentation de son nouvel ouvrage, ’’Droit constitutionnel congolais’’, l’auteur a expliqué avec force et détails près de sept décennies de la construction constitutionnelle. Les premières heures de la Constitution au Congo commencent par une fragilité constitutionnelle, puisque la première Constitution du pays, adoptée en 1958, n’a duré que deux (2) mois. Le Congo entre alors dans l’histoire du constitutionnalisme dans un contexte politique difficile. Dès lors, le Congo a connu plusieurs textes fondamentaux, plusieurs architectures institutionnelles et plusieurs séquences politiques.

Cependant cette histoire ne doit pas être réduite à une simple chronologie des Constitutions. Pour Placide Moudoudou, le droit constitutionnel se construit par « innovation et sédimentation ». Chaque période laisse des traces, chaque crise produit des enseignements, chaque décision juridictionnelle contribue à façonner progressivement un édifice juridique. Le Congo ne serait donc plus seulement dans l'histoire des Constitutions. Il serait désormais dans celle de la construction d'un droit constitutionnel propre.
Ainsi, le titre de l’ouvrage, à travers le terme congolais est évocateur, une spécificité congolaise donc. Selon le Professeur Moudoudou, le droit ne flotte pas au-dessus des sociétés. Il s’enracine dans une histoire, une culture institutionnelle, une expérience collective. « Tout droit doit être situé. Tout droit doit être identitaire. C’est le droit d’un peuple », explique-t-il. Cette approche ne signifie pas un repli juridique sur le Congo. Elle affirme au contraire la nécessité de penser le droit à partir des réalités nationales tout en confrontant cette expérience à celles d’autres États.

La jurisprudence congolaise est ainsi mise en perspective avec les expériences constitutionnelles africaines et européennes. Penser le Congo depuis le Congo, sans cesser de regarder le monde.
L’autre originalité de l’ouvrage est de s’appuyer sur une jurisprudence constitutionnelle congolaise couvrant environ trois décennies, de 1996 à 2026.
Cette période constitue un matériau essentiel pour comprendre l’évolution du droit constitutionnel national.
La Constitution n’est plus seulement un texte adopté par le pouvoir constituant. Elle devient une norme dont la portée se précise au fil des décisions de la juridiction constitutionnelle. C’est dans cet espace que s’affirme progressivement la justice constitutionnelle. Contrôle de constitutionnalité, protection de la Constitution, droits et libertés fondamentaux : le droit constitutionnel quitte progressivement les seuls amphithéâtres pour entrer dans la pratique concrète de l’État.
L’auteur place de facto l’homme, le citoyen au centre de la Constitution : C’est probablement là que réside l’enjeu politique — au sens noble du terme — de cette réflexion.

Une Constitution n’a de sens que si elle organise le pouvoir, mais aussi si elle protège ceux au nom desquels, ce pouvoir est exercé.
Le Professeur Moudoudou accorde ainsi une place particulière aux droits et libertés fondamentaux, à la démocratie électorale et au droit parlementaire.
Son livre s’adresse aux juristes, mais pas uniquement.
Les étudiants de droit y trouveront un outil académique. Les chercheurs, une matière d’analyse. Les praticiens du droit, une grille de lecture. Les responsables politiques, un éclairage institutionnel.
Et les citoyens, une possibilité de mieux comprendre les règles qui organisent leur propre République.
Par conséquent, il se dégage dans l’ensemble, qu’en dépit du choc des maux, le Congo-Brazzaville, mieux, la République du Congo, est toujours à la recherche de sa voie constitutionnelle, qui a pour destination le bonheur des citoyens. L’ouvrage montre que le pessimisme n’est pas permis, car le Soleil s’était définitivement levé, comme le rappelle son hymne national.

Par ailleurs, après la séance des dédicaces, le Professeur agrégé de Droit public, Placide Moudoudou s’est confié en ces termes : « Nous voulons consolider l'adaptation du droit de l'homme dans le sens de la protection de la conscience à travers la justice conditionnelle mais également à travers la protection et la garantie des droits de l'homme. Il y a des choses, il y a un aspect nouveau qui apparaît », a-t-il dit en substance.

Il faut signaler que l’auteur de l’ouvrage ’’Droit constitutionnel congolais’’, est paru à Brazzaville en 2026 aux éditions Presses universitaires de Brazzaville et contient 660 pages. Le Professeur Placide Moudoudou a déjà publié plusieurs ouvrages. Doyen honoraire de la Faculté de Droit de l’Université Marien Ngouabi, il dispense les enseignements à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville.
VALDA SAINT-VAL / Les Echos du Congo-Brazzaville