Quelle incongruité que de faire ses emplettes dans les grandes enseignes du Congo-Brazzaville et de chercher en vain les produits du terroir ! Dans les rayons comme sur les étals, les produits venus d’ailleurs occupent encore une place de choix, au point de se demander si nos terres fertiles ont pris des vacances.
Pourtant, le Congo dispose d’un formidable potentiel agricole. Manioc, banane, maïs, légumes, fruits, ignames, arachides, patates douces et bien d’autres richesses peuvent nourrir la population, créer des emplois et faire vivre des milliers de familles.
Il est donc temps de redonner ses lettres de noblesse au travail de la terre. Cultiver n’est pas un retour en arrière : c’est préparer l’avenir. Chaque hectare mis en valeur, chaque champ entretenu, chaque producteur accompagné représente un pas vers l’autosuffisance alimentaire, la réduction des importations et la lutte contre la vie chère.

Nos campagnes ne doivent plus être considérées comme de simples réservoirs de population, mais comme de véritables pôles de production et de richesse. Le Congo ne manque pas de terres ; il manque surtout de bras, d’organisation, d’investissements et de débouchés à la hauteur de son potentiel.
Alors, citadins et paysans, producteurs, commerçants, entrepreneurs et pouvoirs publics, mettons-nous au travail. Faisons en sorte que demain, dans nos marchés et nos supermarchés, le consommateur puisse dire avec fierté : « Ça vient du Congo ! »
Car produire ce que nous mangeons, c’est bien plus que faire de l’agriculture : c’est défendre notre souveraineté, créer des emplois et cultiver notre fierté nationale.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photo : DR