Madingou, la mamelle de Pointe-Noire : quand la Bouenza nourrit la capitale économique !

Madingou, la mamelle de Pointe-Noire : quand la Bouenza nourrit la capitale économique !

Quand Pointe-Noire a faim, Madingou ne dort pas ! Dans le département de la Bouenza, agriculteurs collectifs et individuels travaillent sans relâche pour alimenter les marchés de la capitale économique en manioc, foufou, légumes et autres produits du terroir.

Derrière chaque sac de manioc, chaque panier de légumes et chaque livraison qui prend la route vers Pointe-Noire, il y a des bras qui travaillent, des champs entretenus et surtout un savoir-faire agricole qui mérite respect et encouragement.

On pourrait presque dire que Madingou est devenue la mamelle agricole de Pointe-Noire : pendant que la capitale économique consomme, la Bouenza produit ! Et si le manioc pouvait parler, il demanderait certainement une médaille du mérite agricole. 

Un grand coup de chapeau donc à ces agriculteurs qui, souvent loin des projecteurs, contribuent à remplir les assiettes et à faire vivre l’économie locale.

La Bouenza produit, Pointe-Noire savoure : voilà un partenariat qui ne connaît pas la crise.

Des champs de manioc aux marchés de la capitale économique, les agriculteurs de la Bouenza jouent pleinement leur partition dans la quête de l’autosuffisance alimentaire prônée par les hautes autorités.

Manioc, foufou, légumes et autres produits du terroir prennent ainsi le chemin de Pointe-Noire, réduisant, petit à petit, notre dépendance aux importations alimentaires qui coûtent chaque année plusieurs milliards de FCFA au pays. Ici, pas besoin de visa ni de billet d’avion : la nourriture voyage simplement du champ à l’assiette !

La facture des importations de produits alimentaires et agricoles au Congo-Brazzaville se situe traditionnellement entre 500 et 800 milliards de francs CFA par an. Cette dépendance massive pèse lourdement sur l'économie nationale, d'autant que le pays possède un immense potentiel inexploité.

Le gouvernement tente de stimuler la production locale via des programmes de relance pour réduire ces achats à l'extérieur.

En lançant sa campagne électorale pour la présidentielle le 5 mars 2021, le candidat Denis Sassou N'Guesso, devant une grappe de militants rassemblée au rond-point Lumumba dans le 1er arrondissement en plein cœur de Pointe-Noire, avait promis faire la promotion de l'agriculture à l'échelle nationale en revenant et en insistant sur la dépendance du pays vis-à-vis de l'extérieur en matière de denrées alimentaires qui devra être corrigée car le Congo importe chaque année plus de 700 milliards C.F.A de produits alimentaires.

Au Congo-Brazzaville, la rente pétrolière a tendance à baisser. Dans ce contexte, Denis Sassou N’Guesso entend faire passer le message de la diversification de l’économie pour sortir du tout-pétrole.

L’agriculture pourrait être une solution idoine, mais ce secteur a été délaissé pendant des années et le pays importe plus de la moitié de l’alimentation de ses habitants.

Les conditions climatiques sont très favorables au développement de l’activité agricole au Congo. Le climat chaud et humide où alternent saisons sèches et saisons des pluies offre au pays un fort potentiel agricole. Tout pousse. Jetez une graine, le lendemain vous aurez un fruit.

Bouclant avec succès sa visite de travail de 3 jours dans le département de la Bouenza (sud), en mars 2025, le Président de la République, Denis Sassou-N’Guesso, déterminé à soutenir les populations locales dans leurs efforts de développement notamment à travers la mécanisation de l’agriculture, a insisté sur la nécessité d’inciter les jeunes congolais à s’investir dans le secteur agricole, qu’il considère comme un levier de développement économique et social.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

Photos : DR