CHU de Brazzaville : les défaillances de maintenance des équipements de santé au cœur des préoccupations

Le ministre congolais de la Santé et de la Population, Rosaire Ibara, invité récemment à l’émission « 30 jours pour convaincre en toute transparence », a levé un coin du voile sur l’une des principales faiblesses structurelles du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville : les problèmes récurrents de maintenance des équipements médicaux. Une situation préoccupante qui impacte directement la qualité des soins offerts aux patients et met à rude épreuve le personnel soignant.

Selon le ministre, le déficit de maintenance ne date pas d’aujourd’hui. Dès la mise en service de plusieurs équipements lourds et spécialisés, l’entretien régulier n’a pas toujours été assuré de manière adéquate.

Faute de contrats de maintenance clairement définis, de suivi technique rigoureux et de personnel suffisamment formé, de nombreux appareils se sont rapidement dégradés, tombant en panne ou devenant tout simplement inutilisables.

Rosaire Ibara reconnaît que cette situation a considérablement réduit les capacités opérationnelles du CHU de Brazzaville, pourtant considéré comme l’hôpital de référence du pays.

Des équipements de diagnostic, de laboratoire et d’imagerie médicale, indispensables à une prise en charge efficace des malades, connaissent des arrêts prolongés, obligeant parfois les patients à se tourner vers des structures privées coûteuses ou à différer leurs soins.

Le ministre pointe également du doigt les faiblesses dans la gestion des équipements biomédicaux. L’absence d’une politique cohérente de maintenance préventive et corrective, combinée à l’insuffisance de techniciens biomédicaux qualifiés, a favorisé une culture de la réparation tardive, souvent plus coûteuse que l’entretien régulier. À cela s’ajoutent des difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange et une dépendance excessive vis-à-vis des fournisseurs étrangers.

Face à ce constat, le gouvernement affirme sa volonté de rompre avec les pratiques du passé. Rosaire Ibara annonce des mesures visant à renforcer la maintenance des équipements de santé, notamment par la systématisation des contrats de maintenance lors des acquisitions, la formation continue du personnel technique et la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation plus stricts.

Le CHU de Brazzaville devrait ainsi retrouver progressivement son plein potentiel au service des populations.

En abordant sans détour la question de la maintenance, le ministre de la Santé envoie un message de responsabilité et de transparence.

L’amélioration durable du système de santé congolais passe, selon lui, non seulement par la construction d’infrastructures modernes, mais surtout par une gestion rigoureuse et pérenne des équipements, gage d’un accès équitable à des soins de qualité pour tous.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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