Brazzaville : de faux colmatages de nids-de-poule pour soutirer de l’argent aux automobilistes

Brazzaville, capitale congolaise, fait face à un phénomène préoccupant sur certaines de ses artères urbaines. Des jeunes, se présentant comme des volontaires improvisés, occupent des portions de routes dégradées et prétendent combler des nids-de-poule afin de soutirer de l’argent aux automobilistes de passage.

Selon plusieurs témoignages recueillis, ces individus utilisent des pierres, de la terre ou des débris pour obstruer sommairement les trous sur la chaussée. Une fois l’obstacle « traité », ils interpellent les conducteurs et exigent une contribution financière, parfois de manière insistante. Dans certains cas, les automobilistes se sentent contraints de payer, par crainte d’endommager leur véhicule ou d’être pris à partie.

Pourtant, cette pratique n’est généralement ni officielle ni reconnue par les autorités compétentes en matière de voirie. Aucun cadre légal, aucun contrat ni aucune autorisation administrative ne régissent ces interventions de fortune.

De ce fait, lorsqu’un paiement est exigé sous pression avec violence ou dans un contexte intimidant, la situation peut être assimilée à une forme d’extorsion ou d’arnaque.

Au-delà de l’aspect financier, ces faux travaux présentent également un risque pour la sécurité routière. Les matériaux utilisés sont souvent inadaptés et peuvent aggraver l’état de la chaussée ou provoquer des accidents, notamment pour les motos et les piétons.

Face à cette situation, plusieurs usagers appellent les autorités municipales et les services de voirie à renforcer la surveillance des axes routiers, à accélérer l’entretien des routes et à sensibiliser la population.

Les automobilistes, quant à eux, sont invités à faire preuve de vigilance et à signaler ces pratiques aux forces de l’ordre plutôt que de céder à la pression.

Ce phénomène met une fois de plus en lumière la nécessité d’un entretien régulier des infrastructures routières, condition essentielle pour garantir la sécurité des usagers et éviter les dérives liées à l’exploitation des difficultés urbaines.

Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville