À Yaoundé, l’ambiance n’est pas seulement studieuse ce 2 avril 2026 : elle est aussi stratégique. Réunis en congrès, députés et sénateurs camerounais planchent sur une réforme constitutionnelle qui pourrait bien redistribuer les cartes du pouvoir. Au cœur des discussions ? La création d’un poste inédit de vice-président. Oui, vous avez bien lu : un nouveau siège à la table du pouvoir, et pas un simple strapontin.
Un trio exécutif en gestation
Jusqu’ici, le Cameroun fonctionnait avec un duo classique : le président et son Premier ministre. Mais si le texte passe, ce duo deviendra un trio. Une sorte de « triangle des Bermudes » politique où chaque rôle devra trouver son équilibre sans faire disparaître les responsabilités.
Le futur vice-président ne sera pas élu, mais nommé directement par le chef de l’État. Une nomination qui promet déjà de faire couler beaucoup d’encre, tant le choix de l’homme (ou de la femme) sera scruté à la loupe.
La succession change de main
Autre changement de taille : en cas de vacance du pouvoir, ce ne sera plus le président du Sénat qui prendra les rênes, mais bien le vice-président. Autrement dit, le numéro deux deviendra automatiquement le numéro un sans passer par la case élection.
Une évolution qui pourrait accélérer les transitions, mais aussi renforcer l’importance stratégique de ce nouveau poste. Car désormais, choisir un vice-président, c’est presque choisir un potentiel futur président.
Une réforme qui intrigue
Derrière cette réforme, une question flotte dans les esprits : simple modernisation institutionnelle ou manœuvre politique bien calculée ? Les avis divergent, mais une chose est sûre : cette reconfiguration de l’architecture de l’État ne laisse personne indifférent.
En clair…
Le Cameroun s’apprête peut-être à ajouter un nouveau personnage dans son feuilleton politique. Reste à savoir si ce vice-président sera un véritable copilote ou un passager très bien assis.
Une chose est certaine : à Yaoundé, les discussions sont ouvertes, les enjeux élevés et les regards déjà tournés vers celui ou celle qui pourrait bientôt occuper ce tout nouveau fauteuil.
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville
Photo : DR