Les morts d'Itatolo privés de repos éternel

Le phénomène d'érosion qui affecte les congolais n'épargne pas leurs morts. Au cimetière d'Itatolo le ravinement charrie les tombes. Dire que l'on y ''meurt deux fois''.

Dans le cimetière d'Itatolo, deux ravins de plus de dix mètres de profondeur chacun, provoqués par des pluies diluviennes, ont occasionné l'affaissement de plusieurs tombes.

Situés en des endroits différents, ces deux ravins, ont mis à découvert, les ossements des personnes inhumées, il y a un peu plus de dix ans.  

La découverte de l’état grandissant de ces deux érosions a été faite par des familles qui inhumaient clandestinement leurs parents au cimetière Itatolo, pourtant fermé depuis 2006.

À l'étape actuelle, il est difficile de faire un état des lieux exhaustif de la situation ni de dénombrer toutes les tombes démolies.  En certains endroits, la terre a été arrachée et tout a disparu, laissant des trous béants.

Devant cette situation désastreuse, le secrétaire général de la mairie de Brazzaville, Abraham Ibéla a effectué une visite de travail au cimetière public d’Itatolo pour constater les énormes dégâts provoqués par le ravinement du sol. Il a indiqué : « Que les familles repèrent leurs tombes et constituent leurs dossiers administratifs avec l’apport de la direction des pompes funèbres ainsi que du ministère de la Justice afin d'exhumer et inhumer ailleurs leurs parents ».

Le cimetière d’Itatolo est fermé au public mais les inhumations discrètes persistent.

Le périmètre des deux ravins risque de s’élargir à la prochaine saison de grandes pluies et envahir tout le cimetière si les précautions urgentes ne sont pas prises. 

La mairie de Brazzaville dispose de deux autres cimetières publics, notamment ceux de Mayitoukou et de Matari. Ce dernier, récemment créé, n'est cependant pas disponible par manque de voie d'accès. 

Benoît BIKINDOU

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