L'école reprend son cours dans la zone sud de Brazzaville

Anatole Collinet Makosso à Kinkala, le ministre de l'enseignement primaire et secondaire tient à évaluer de lui même la situation de l'école dans la région du Pool. Lundi déjà, il était au sud de Brazzaville.

Paralysée depuis les attaques armées du 4 avril dernier, l’école a repris son cours dans la zone sud de Brazzaville. Dans la quasi totalité des établissements de cette partie de la ville où sont passés le ministre Makosso et sa délégation , le constat a été le même. Élèves et enseignants fréquentent à nouveau les salles de classe. Le ministre en a dressé un satisfecit.

« Vous avez fait la tournée avec moi, vous vous êtes bien rendu compte que le taux de fréquentation scolaire est très élevé : nous avons un taux de reprise de cours qui varie entre 75 et 95%. Les 20 et 25%, ce sont les absentéismes de tous les temps », a expliqué le ministre, tout en soulignant que les enfants, qui ont renoué avec l'école, ont vaincu la peur.

Préoccupé par la situation des enfants inscrits en classe d’examen, le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation s’est assuré si les programmes de la terminale et de la troisième sont avancés et se déroulent normalement.

Cette descente est selon le ministre une occasion de faire passer le message du gouvernement à l’ensemble du peuple y compris ceux de la diaspora qui continuent à penser que la vie n’a pas repris et que les cours sont perturbés. 

« C’est une façon pour nous d’assurer l’ensemble de nos compatriotes que les cours ne sont pas perturbés. Les élèves nous ont rassurés qu’à leur niveau ils ont tout fait avec leurs enseignants pour rattraper le retard et s’il y a encore quelques leçons à voir, ils vont le faire pendant le mois qui reste », a poursuivi Anatole Collinet Makosso.

Déplorant la timidité au niveau du préscolaire, il a invité les parents à envoyer leurs enfants à l’école, car un jour de perdu, dit-il, est une année scolaire de ratée. « Nous en appelons encore aux parents pour qu’ils comprennent que l’école a totalement repris sur toute l’étendue du territoire, une semaine après les évènements du 4 avril », a assuré le ministre.

Le ministre et les cadres de son département se sont fait une idée de la situation réelle des établissements scolaires qu’ils ont visités dans la partie sud de Brazzaville. A l’école primaire de Loua par exemple, Anatole Collinet Makosso s’est rendu compte que certains élèves prennent les cours à même le sol et qu’il y a des salles qui contiennent entre 160 et 180 apprenants. Même chose à Kombé où au CMI, il y a une salle de 300 élèves.

« Au niveau du lycée, nous avons pris des dispositions pour que les effectifs soient raisonnables de façon à mieux faire passer désormais les enseignements. Maintenant nous poursuivons ces mêmes efforts. C’est plutôt au collège et à l’école primaire  qu'il y a encore quelques difficultés. Les classes sont pléthoriques, mais je crois que c’est un problème que nous allons résoudre au fur et à mesure », a-t-il fait savoir.

Rappelons que la visite du ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’alphabétisation fait suite à celle effectuée la semaine dernière dans certaines écoles de la partie ouest et nord de Brazzaville.

Anatole Collinet Makosso s'est rendu ce 3 mai à Kinkala, dans le département du Pool pour sa tournée d'inspection.

Pourtant, quoi que fasse le ministre, la situation des élèves en classe d'examen de Vindza, Kindamba, Mayama ou Goma Tsé-Tsé reste préoccupante.

La dernière réunion de concertation en vue de l'action humanitaire à mener dans lesdites localités relevait que de nombreuses personnes ont quitté leur habitations pour la route de l'exode, d'autres sont dans les forêts. Parmi elles, il y a des nombreux élèves dont la scolarité de l'année en cours est de facto compromise.

Sans doute la scolarité de ces élèves passe t-elle par pertes et profits. Dommage collatéral. Benoît BIKINDOU

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