Congo : Révision de la Constitution, l’opposition dit « non »

La Fédération de l’opposition congolaise regroupant l’Initiative pour la démocratie au Congo, le Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique et la Composante Jean-Marie Michel Mokoko a rejeté, lors d’une session ordinaire de son Conseil fédéral mercredi à Brazzaville, le processus de modification de la Constitution du 25 octobre 2015, goupillée par le gouvernement Collinet Makosso, notamment en son article 157 sur la durée de l’état d’urgence sanitaire.

«Sur la révision de la Constitution du 25 octobre 2015, le Conseil national de l’opposition rappelle aux Congolais que le Congo caracole tristement au faîte des pays d’instabilité constitutionnelle. La Fédération de l’opposition congolaise désapprouve et condamne fermement cette révision qui n’est simplement qu’une manœuvre politicienne du pouvoir pour matérialiser ses ambitions politiques », a déclaré le président du Conseil fédéral national de l’opposition congolaise, Clément Mierassa.

Le Conseil national de l’opposition congolaise voit derrière ce processus le début d’une manœuvre politicienne qui pourrait s’étendre à d’autres articles de la loi fondamentale, au profit d’une infime minorité.

La principale modification, largement commentée sur les réseaux sociaux, consiste à réviser l’article 157 de la Constitution pour moduler l’état d’urgence avec possibilité de le décréter pour 90 jours maximum au lieu de 20 jours.

Au Congo, selon l’article 157 de la Constitution, l'état d'urgence comme l'état de siège est décrété par le Président de la République en Conseil des ministres. Le Parlement se réunit de plein droit.

L'état d'urgence comme l'état de siège peut être proclamé sur tout ou partie de la République pour une durée qui ne peut excéder vingt (20) jours.

Dans les deux cas, le Président de la République informe la Nation par un message.

Le Parlement se réunit de plein droit, s'il n'est pas en session, pour, le cas échéant, autoriser la prorogation de l'état d'urgence ou de l'état de siège au delà de vingt (20) jours.

Lorsque, à la suite de circonstances exceptionnelles, le Parlement ne peut siéger, le Président de la République peut décider du maintien de l'état d'urgence ou de l'état de siège. Il en informe la Nation par un message.

Une loi détermine les conditions de mise en œuvre de l'état d'urgence ou de l'état de siège.

Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville

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