Présidentielle 2016 : La campagne s’est déroulée dans le calme

Programmée du 4 au 18 mars 2016, la campagne électorale pour la présidentielle de ce dimanche 20 mars s’est déroulée dans le calme. Une première victoire pour la jeune démocratie congolaise surtout pour les leaders de l’opposition qui croyaient marcher sur le fil pour ne pas dire sur les œufs.

Pendant deux semaines, les neuf candidats ont sillonné les 12 départements du Congo pour séduire les électeurs. Tous ont eu le temps nécessaire de présenter leurs projets de société au peuple congolais à qui revient le dernier mot ce dimanche.

Aucun incident majeur n’a été signalé par les autorités compétentes. Partout les meetings des candidats ont attiré beaucoup de monde et les congolais ont été plus nombreux et déterminés que d’habitude à s’inscrire sur les listes électorales.

On n’avait pas vu cela au Congo depuis 1992.

En 2002, le président Sassou était seul, il y avait des petits candidats qui l’ont accompagné, en 2009 c’est la même chose. Et jusque-là, le nord du Congo était considéré comme le fief réservé au chef de l’Etat.

Et en 2016, on se retrouve dans une situation où il y a des candidats qui arrivent dans ce fief, comme un cheveu dans la soupe, notamment le général Jean-Marie Michel Mokoko, le candidat Okombi Salissa, qui viennent déranger. Mais parfois les coassements des grenouilles n’empêchent pas l’éléphant de boire. Et Sassou Nguesso est conscient de cet adage très populaire en Afrique.

Pour cette présidentielle, les opposants ont compris qu’il ne fallait pas continuer à faire la politique de la chaise vide. Et tous ont dit: mais le « moment est arrivé, malgré le fait que l’élection était anticipée, nous avons l’occasion de changer les choses » et déboulonner Sassou de son trône.

Autre particularité pour cette élection présidentielle, cinq des huit adversaires du président Sassou ont signé ce qu’ils appellent un pacte de la victoire et ils s’engagent à s’unir en cas de second tour. Ils ont aussi mis sur pied une sorte de Commission électorale bis pour compiler leurs propres résultats et les proclamer en direct, car ils contestent l’indépendance de la Commission officielle.

Maintenant que la campagne électorale est arrivée à son terme dans de très bonnes conditions malgré la propension à la nuisance orchestrée par quelques oiseaux de mauvais augure, rendons grâce à Dieu. Et que le meilleur gagne le 20 mars 2016 et que le perdant salue la victoire de son adversaire comme sous d’autres cieux pour que vive la démocratie congolaise.

Aurélie ISSIMBA

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