Présidentielle 2016 : Les téléphones portables et appareils photos interdits dans les bureaux de vote

La disposition ne figure pas dans la loi électorale, pourtant Henri Bouka l’a actée. Pas de téléphones portables ou appareils photos dans les bureaux de vote le 20 mars.

Le président de la Commission nationale électorale indépendante(CNEI), Henri Bouka, a indiqué le 15 mars, au cours d’une conférence de presse nationale et internationale qu’il est interdit d'utiliser les téléphones portables et des appareils photo dans les bureaux de vote.

Pour Henri Bouka, un électeur après avoir exprimé son droit civique peut filmer le bulletin unique et présenter la preuve au candidat qu’il a choisi.

Morceaux choisis de la conférence de presse.

Question : Monsieur le président de la CNEI, est-il possible que les candidats d’une même famille politique organisent un meeting de campagne ensemble ?

Henri Bouka : L’élection présidentielle est un scrutin uninominal. La loi ne permet pas aux candidats d’une même famille politique d’organiser des activités de campagne ensemble au premier tour. Les autorités préfectorales vont le leur interdire. Ce n’est qu’au deuxième tour que les candidats déchus ont la possibilité de soutenir un candidat de leur choix resté en lice.

Question : A quelques jours de l’élection présidentielle, la CNEI peut assurer la population congolaise que le scrutin aura bien lieu le 20 mars ?

Henri Bouka : La CNEI a pris toutes les dispositions nécessaires pour que les Congolais aillent aux urnes le 20 mars, parce que toutes les opérations préparatoires sont en cours d’accomplissement. La distribution des cartes d’électeur se poursuit sur l’ensemble du territoire national. Pour des personnes qui n’en ont pas reçu, ils ont encore un peu de temps pour faire des réclamations. En plus, si une personne a son nom sur la liste électorale, la loi lui donne la possibilité de voter pourvu qu’il ait une pièce d’identité nationale. Je dois vous dire que la CNEI s’est arrangée à ce que le matériel électoral soit acheminé à temps dans les circonscriptions électorales même les plus enclavées.

Question : Pouvez-vous confirmer que l’élection se déroulera dans le calme et la sécurité parce qu’on constate actuellement une certaine peur ?

Henri Bouka : Je ne m’imagine pas un candidat qui agite la peur dans l’opinion pour disperser ses potentiels électeurs qui pourront changer de lieux d’habitation du fait de la psychose. A ce moment, je me pose la question de savoir lesquels voteront pour lui si une bonne partie de ses potentiels électeurs quitte Brazzaville par exemple pour les villages. C’est pour moi un comportement assez curieux. On doit se garder de tenir des discours qui créent la psychose au sein de la population. Nous sommes en période électorale et non en période de non-Etat. Notre pays a toutes ses institutions qui fonctionnent normalement. En ce qui concerne la CNEI, par exemple, nous avons une sous-commission sécurité qui est à pied d’œuvre, sur l’ensemble du territoire national, pour sécuriser les candidats en campagne ainsi que le vote le 20 mars.

Question : Avez-vous pris des dispositions pour l’acheminement des résultats de l’élection présidentielle en temps réel ?

Henri Bouka : Nous avons pris des dispositions comme auparavant pour que les résultats du scrutin nous parviennent rapidement.

Question : Que dites-vous, monsieur le président, à propos de la Commission technique électorale mise en place par l’opposition radicale ?

Henri Bouka : La loi donne la possibilité à chaque candidat d’avoir un représentant dans chaque bureau de vote de sorte que, sur la base des procès-verbaux, il peut se faire une idée de ses suffrages obtenus. Cependant, il n’est pas admis, dans un Etat organisé comme le nôtre, qu’un groupe d’individus se réunissent et mettent en place une Commission parallèle à la CNEI dans le but de créer le désordre inutile dans le pays. Cela n’est pas admissible. C’est un risque que l’on fait courir à la paix. Le peuple devrait rejeter de telle initiative.

Arielle KAMBISSY

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