Congo – Législatives 2017: 151 sièges pour très peu de candidats, va t-on vers une crise institutionnelle ?

Des urnes vides, des bureaux de vote sans électeurs pour des circonscriptions sans candidats, c'est ce qui risque d'arriver le 16 juillet, si l'on y prend garde. Le ministère de l'Intérieur pensait bien faire en montant les enchères sur les places à la députation, aux locales et aux départementales. Il semble désormais être pris dans son propre piège. Par ces temps de vaches maigres, 1.500.000 francs CFA, ça freine les ardeurs.

Le ministère de l'intérieur a beau se dédire, sur la date de clôture des dépôts de candidatures aux législatives, locales et départementales, fixée par lui pour le 11 juin et repoussée par le même lui au 13 juin, le compte n'y est toujours pas.

À l'expiration de la date de dépôt des candidatures, toutes élections confondues, moins d'une centaine de dossiers auraient été reçus par les services habilités de la direction générale des affaires électorales.

À la date initiale de clôture du dépôt des dossiers, sur les 151 sièges de députés à pourvoir, le nombre d'impétrants n'atteignait même pas la moitié des sièges. C'est encore pire pour les conseillers départementaux et locaux, avec pour toute la république, un nombre de sièges à pourvoir, 5 à 6 fois plus que celui des députés.

Si d'aventure, on atteignait au moins le nombre de dossiers correspondants aux sièges de députés à pourvoir, quel crédit aurait une élection sans enjeu compétitif, sans débat programmatique ou idéologique. Une élection où dans la circonscription le député serait élu par manque d'adversaire.

En voulant placer l'argent avant les raisons républicaines et démocratiques, celles de l'égalité des chances pour tous, le ministère de l'Intérieur a sans le vouloir, crée une situation inédite avec, en ligne de mire, une crise institutionnelle à la clé.

Qu'on se le dise! Comment asseoir la nouvelle république, si l'une des pièces maîtresse, émanation représentative du peuple, chargée de voter les lois et de contrôler l'action du gouvernement est absente du puzzle.

Et puis, même si le ministère se dédisait de nouveau, en allongeant une fois de plus la date de clôture du dépôt des dossiers, ou en ramenant les frais de candidature à un prix raisonnable, c'est toute son autorité et sa crédibilité qui s'en trouveront entamées.

Alors que l'actuelle assemblée nationale est en fin de mandat, sa caducité risque de déboucher sur un vide juridique.

Du coté de la cour constitutionnelle, il est peut-être déjà temps de plancher sur les solutions de rechange.

Bertrand BOUKAKA

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