Pascal Lissouba voulait faire de Brazzaville « Ngouabiville »

Pascal Lissouba voulait faire de Brazzaville « Ngouabiville »

Un jour seulement après la disparition du président Marien Ngouabi, le professeur Pascal Lissouba aurait proposé, le 19 mars 1977, de débaptiser Brazzaville pour l’appeler « Ngouabiville ». Une proposition forte, révélatrice de l’émotion suscitée par la disparition du chef de l’État.  Selon le témoignage rapporté par Florent Tsiba,  ministre d’État et directeur de cabinet du Président de la République, Denis Sassou-N'Guesso,  l’idée de Pascal Lissouba figurait parmi plusieurs propositions destinées à immortaliser la mémoire du Président Marien Ngouabi.

Finalement, le choix s’est porté sur une autre option : rebaptiser l’Université de Brazzaville, devenue l’Université Marien-Ngouabi, ainsi que certaines avenues de la capitale, affirme Florent Tsiba sur Télé Congo.

"Ce petit brin d'histoire merite d'être connu par les nouvelles générations", a martelé Florent Tsiba.

Cette séquence de l’histoire congolaise rappelle surtout la place particulière qu’occupait Marien Ngouabi dans la mémoire nationale.

En proposant de transformer le nom même de la capitale, Pascal Lissouba avait, dès les premières heures suivant la disparition du président, inscrit son hommage dans une dimension pour le moins spectaculaire.

Une proposition qui, près d’un demi-siècle plus tard, continue d’interroger sur la manière dont le Congo a choisi d’immortaliser l’un de ses anciens dirigeants.

On rappelle qu'après le ralliement de l'Afrique-Équatoriale française (AEF) initié notamment par Félix Éboué, Brazzaville devient le centre politique de la résistance extérieure. Charles de Gaulle s'y installe le 24 octobre 1940 et proclame la ville capitale de la France libre le 26 octobre 1940.

En janvier et février 1944, de Gaulle y réunit la célèbre conférence pour repenser les liens entre la France et ses colonies africaines.

Avant de s'appeler Brazzaville, le site de la ville s'appelait Mfoa (du nom d'un petit affluent du fleuve Congo), lorsqu'il faisait partie du royaume Téké. Avant l'arrivée des Européens et la découverte de la région, la zone était aussi connue sous le nom de Pumbo, un important carrefour d'échanges commerciaux par troc.
 
La ville actuelle a été fondée le 3 octobre 1880 par l'explorateur français Pierre Savorgnan de Brazza, qui lui a ensuite donné son nom. Contrairement à d'autres villes africaines, le nom de Brazzaville n'a jamais été changé depuis sa fondation.
 
Jean-Jacques Jarele SIKA / Les Echos du Congo-Brazzaville