Véritable désastre écologique à Tsinguidi, dans le district de Mayoko (sud). La rivière Bakouhoudou et la forêt environnante seraient aujourd’hui profondément affectées par l’exploitation aurifère menée par des opérateurs chinois. Derrière la promesse de l’or et des intérêts économiques se dessine un autre visage : celui d’une nature défigurée, d’une rivière menacée et d’un patrimoine forestier livré à une pression inquiétante.
À Tsinguidi dans le département du Niari (sud), la question n’est plus seulement celle de l’exploitation de l’or. Elle est devenue celle de la survie d’un écosystème. Que restera-t-il de la rivière Bakouhoudou lorsque les terres auront été éventrées, les berges dégradées et les eaux durablement perturbées ? Que restera-t-il de la forêt de Tsinguidi lorsque les arbres auront été abattus et les sols bouleversés ?

L’or peut être extrait du sous-sol. La forêt, elle, ne se reconstitue pas en quelques années. Une rivière détruite ne retrouve pas facilement son équilibre.
Face à cette situation, un certain nombre de questions méritent d’être posées publiquement : les activités menées sur ces sites respectent-elles les normes environnementales en vigueur ? Des études d’impact ont-elles été réalisées ? Les populations locales ont-elles été informées et associées ? Qui contrôle réellement les zones d’exploitation ? Quelles mesures sont prises pour protéger la rivière Bakouhoudou et restaurer les espaces déjà dégradés ?
Il ne s’agit pas de condamner l’exploitation minière lorsqu’elle est légalement encadrée et respectueuse de l’environnement. Mais l’exploitation de l’or ne doit jamais devenir un permis de détruire.
Les autorités administratives, les services des mines et de l’environnement, les élus locaux ainsi que les responsables du district de Mayoko doivent regarder la situation de Tsinguidi avec la plus grande attention. Une mission de contrôle sur le terrain, une évaluation environnementale indépendante et la publication des résultats permettraient de faire toute la lumière sur les conséquences réelles de ces activités.
Tsinguidi ne doit pas devenir le symbole d’un développement qui enrichit quelques-uns aujourd’hui pour appauvrir toute une génération demain.
La rivière Bakouhoudou n’est pas une simple flaque d’eau. La forêt de Tsinguidi n’est pas un terrain vague. Ce sont des éléments d’un patrimoine naturel qui appartient aussi aux générations futures.
L’or disparaît dans les poches. La pollution, elle, reste dans la terre et dans l’eau.
Il est donc temps d’agir, avant qu’il ne soit trop tard.
Jean-Jacques DOUNDA / Les Echos du Congo-Brazzaville